lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2204955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOUBOUTOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et des mémoires complémentaires, enregistrés les 29 mars, 1er avril et 6 avril 2022 ainsi que les 20 mars, 17 juin, 19 juin et 20 juin 2023, le mémoire et les pièces enregistrés les 17, 19 et 20 juin 2023 n'ayant pas été communiqués, Mme B E, représentée par Me Bouboutou, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de Pantin ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 093055 21 B0151 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pantin et de Mme C, in solidum, le versement de la somme de 2 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté litigieux a été pris en violation des dispositions communes en toutes zones du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) Est Ensemble Grand Paris relatives à l'aspect extérieur des constructions et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que des dispositions applicables à la zone UH de la commune de Pantin relatives à la largeur de vue des baies vitrées dans une pièce principale, à l'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives ;
- cet arrêté est entaché de fraude.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 janvier et 5 mai 2023, Mme A C, représentée par Me Diot, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 février et 10 mai 2023, la commune de Pantin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable, car la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jasmin-Sverdlin, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- et les observations de Me Bouboutou, représentant Mme E, de Mme F, représentant la commune de Pantin et de Me Diot, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de Pantin ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 093055 21 B0151, présentée par Mme C pour des travaux comprenant le ravalement, le remplacement des menuiseries extérieures, la création de six fenêtres de toit, la création et l'agrandissement de baies en façade nord, le remplacement de la terrasse extérieure et de l'escalier ainsi que la modification du portail et du portillon de sa maison, sur un terrain situé 52, rue Marcelle à Pantin.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la méconnaissance de dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) d'Est Ensemble Grand Paris et du code de l'urbanisme :
2. En premier lieu, aux termes du III - 1 b) du règlement du PLUi d'Est Ensemble-Grand Paris, relatif à l'aspect extérieur des constructions : " Par leur volume, leur architecture, les matériaux employés, les couleurs, les constructions doivent être intégrées de manière harmonieuse dans le paysage urbain dans lequel elles sont situées./Tout projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de prescriptions particulières si les constructions ou utilisations du sol concernées, par leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales./Il est recommandé que les extensions des constructions existantes prennent en compte le gabarit, le rythme des façades et l'organisation de la ou des construction(s) existantes dans un souci de bonne intégration architecturale et paysagère. " S'agissant des travaux sur les constructions existantes, ce même règlement prévoit que " leur mise en valeur doit être recherchée à travers la restitution de matériaux ou d'éléments d'origine ".
3. En l'espèce, d'une part, si Mme E soutient que le projet prévoit le remplacement des menuiseries existantes en bois par des menuiseries en aluminium de teinte noire, il ressort des pièces du dossier que les menuiseries en bois seront conservées sur la façade donnant sur la rue Marcelle et que les menuiseries en aluminium seront installées sur la façade nord de la construction, qui n'est pas visible depuis la voie publique. D'autre part, si la requérante soutient que ces menuiseries en aluminium ainsi que les fenêtres de toit ont justifié des prescriptions de l'architecte des bâtiments de France dans son avis en date du 26 octobre 2021, ce dernier a émis, le 4 janvier 2022, un avis favorable au projet, qui avait été revu en concertation avec ses services. Enfin, les toitures des maisons avoisinantes, y compris celle de la maison de la requérante, ne présentent pas uniformément deux châssis et certaines disposent de fenêtres de toit. Par suite, le projet, compte tenu de son aspect extérieur, ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt du bâti environnant. En conséquence, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du III - 1 b) du règlement du PLUi, qui reprennent celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, les dispositions du règlement du PLUi d'Est Ensemble Grand Paris, dans sa partie relative à la zone UH, prévoient que sur la commune de Pantin : " Toute pièce principale doit être éclairée, par au moins une baie comportant une largeur de vue égale à 4 mètres minimum. Toute pièce principale doit être éclairée par au moins une baie comportant un dégagement de vue égal à 6 mètres minimum. / A titre exceptionnel, une largeur inférieure à 4 mètres peut être admise à condition que la profondeur du redent créé n'excède pas la moitié de cette largeur. Toutefois, dans ce cas, toute pièce principale doit être éclairée par au moins une baie comportant un dégagement de vue égal à 6 mètres minimum. "
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse et du plan de façade nord, que les baies situées au rez-de-jardin sur la façade nord, qui donnent sur le jardin de Mme C, auront une largeur de vue supérieure à 4 mètres et un dégagement de vue supérieur à 6 mètres, le jardin mesurant, en largeur, 5,90 mètres et, en longueur, plus de 19 mètres, alors que les piliers situés autour des baies et la terrasse qui les surplombe ne restreignent pas le champ de vision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du règlement du PLUi d'Est Ensemble Grand Paris manque en fait et sera écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article IV-3 b) des dispositions particulières du PLUi applicables aux zones urbaines : " Sur la commune de Pantin : Lorsque la façade ou partie de façade comporte une ou plusieurs baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, la distance de retrait minimale est égale à 6 mètres. / Lorsque la façade ou partie de façade ne comporte pas de baies constituant l'éclairement premier de pièces principales, la distance de retrait minimale est égale à 3 mètres. " En outre, le dictionnaire du PLUi définit les terrasses situées " à plus de 0,60 mètre au-dessus du terrain naturel dès lors qu'un pare-vue fixe, plein, non-ajouré ou transparent, d'une hauteur minimale de 1,90 mètre est prévu " comme des éléments n'étant pas considérés comme créant des vues. Enfin, aux termes du I d) des dispositions générales du règlement du PLUi, relatives aux travaux sur des bâtiments existants : " Lorsqu'un immeuble bâti existant n'est pas conforme aux règles édictées par le règlement du Plan Local d'Urbanisme intercommunal applicable à la zone, les autorisations de droit des sols ne peuvent être accordées que pour des travaux, en particulier des travaux d'extension, qui ont pour objet d'améliorer la conformité de ces immeubles avec lesdites règles ou qui sont sans effet à leur égard. "
7. Il ressort des pièces du dossier, notamment des plans de masse de l'existant et du projet, que si la maison de Mme C est implantée à 65 cm de la limite séparative, les travaux envisagés auront pour effet d'augmenter le retrait de l'implantation de la terrasse et de créer un pare-vue autour du côté ouest de la terrasse, d'une hauteur de 2,40 mètres en bardage bois exotique lasuré, ainsi qu'il est indiqué dans la notice descriptive, représenté sur les plans de masse et de coupe et mentionné du reste par la requérante dans ses écritures et qu'un mur maçonné d'une hauteur supérieure à 1,90 mètres à partir du sol fini de la terrasse existe sur le côté est de celle-ci. Il en résulte que, bien que la surface de la terrasse soit augmentée de 6,50 m2, les travaux projetés, qui suppriment les vues existantes, ont pour effet d'améliorer la conformité de l'immeuble avec les règles de retrait mentionnées ci-dessus. En outre la circonstance qu'un isolant thermique de 14 cm de largeur soit ajouté est, comme l'indique la requérante elle-même, sans incidence sur le calcul du retrait de la construction par rapport à la limite séparative. Par suite, Mme E n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté litigieux aurait été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article IV-3 b) des dispositions particulières du PLUi applicables aux zones urbaines.
En ce qui concerne la fraude :
8. La caractérisation d'une fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme.
9. La requérante, qui soutient que l'arrêté en litige est entaché de fraude dès lors que Mme C a tenté de dissimuler les irrégularités liées aux travaux réalisés par les précédents propriétaires de la maison, ne démontre pas, en se bornant à produire un plan de façade ni daté ni tamponné par les services de la commune de Pantin, que la pétitionnaire aurait procédé à des manœuvres frauduleuses de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet, alors qu'en tout état de cause les travaux réalisés en 2002, 2012, 2013 et 2021 par deux précédents propriétaires ont été dûment autorisés.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions présentées par Mme E à fin d'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de Pantin ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 093055 21 B0151 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pantin et de Mme C la somme que demande la requérante en application de ces dispositions.
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E, partie perdante à l'instance, le versement à Mme C d'une somme de 2 000 euros sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Mme E est condamnée à verser à Mme C la somme de 2 000 (deux mille) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, à Mme A C et à la commune de Pantin.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Katia Weidenfeld, présidente,
- Mme Irène Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
La rapporteure,
I. Jasmin-SverdlinLa présidente,
K. Weidenfeld
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026