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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2205200

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2205200

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2205200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP ARENTS-TRENNEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 4 avril et 10 juillet 2022 et les 17 janvier, 14 février et 11 mars 2023, M. et Mme C et Mme H E, représentés par Me Trennec, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Villemomble a accordé à Mme A D un permis de construire un pavillon à usage d'habitation sur un terrain sis 26 rue Victor Hugo sur le territoire de la commune de Villemomble ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villemomble la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :

- l'arrêté du 17 janvier 2022 a été pris par une autorité incompétente ;

- le dossier de permis de construire est incomplet ;

- le projet méconnaît l'article 4.2.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Villemomble ;

- le projet méconnaît l'article 4.4 du plan local d'urbanisme de la commune de Villemomble ;

- le projet méconnaît les articles UD 7, UD 9, UD 10.1, UD 11.2, UD 11.4.2, UD 12.1 et UD 12.2.1 du plan local d'urbanisme de la commune de Villemomble.

Par des mémoires enregistrés le 21 mai 2022, Mme A D, représentée par Me Renaudin, conclut au rejet de la requête et à la condamnation des requérants à lui verser une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à ce que M. C et Mme E soient condamnés à lui verser la somme de 21 500 euros à parfaire au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme en réparation des préjudices qu'elle estime imputable à l'introduction, par les requérants, du présent recours pour excès de pouvoir.

Elle soutient que la requête n'est pas fondée et présente un caractère abusif.

Par des mémoires et des pièces enregistrés les 13 juillet 2022, 16 et 31 janvier, 27 février et 20 mars 2023, la commune de Villemomble, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.

Elle fait valoir, d'une part, que la requête est irrecevable et, d'autre part, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weidenfeld ;

- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,

- et les observations de Me Alibay, représentant la commune de Villemomble.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 17 janvier 2022, le maire de la commune de Villemomble a délivré à Mme D un permis de construire portant sur la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé 26 rue Victor Hugo. M. et Mme C et Mme E demandent l'annulation de cet arrêté. Par un arrêté du 14 novembre 2022, le maire de la commune de Villemomble a accordé à Mme D un permis de construire modificatif portant sur la modification des informations relatives au raccordement des eaux pluviales et l'identification d'un local de stockage et de dissimulation des déchets ménagers. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2022.

Sur les fins de non recevoir :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ".

3. D'une part, la seule mention manuscrite apposée à l'arrêté du 17 janvier 2022, selon laquelle il aurait été remis en main propre le 2 février 2022, sans préciser le destinataire de cette remise, n'est pas de nature à faire courir les délais de recours à l'égard des tiers. D'autre part, en l'absence de tout élément permettant de déterminer la date à laquelle le permis de construire litigieux aurait été affiché sur le terrain de la pétitionnaire, les défendeurs ne sont pas fondés à soutenir que la requête, introduite le 4 avril 2022, était tardive.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation, du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. / Lorsqu'elles sont introduites par une association, ces mêmes requêtes doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées des statuts de celle-ci, ainsi que du récépissé attestant de sa déclaration en préfecture. / Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".

5. M. et Mme C produisent un acte de vente et une attestation établie par un notaire indiquant qu'ils sont propriétaires des biens situés sur les parcelles adjacentes au projet. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écartée.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au requérant de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient ensuite au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Il appartient enfin au juge de former sa conviction sur la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe d'un intérêt à agir, lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet.

8. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont voisins immédiats du projet contesté. Pour justifier de l'atteinte portée par le projet aux conditions d'occupation de leur bien, M. et Mme C produisent une étude montrant la perte d'ensoleillement qu'engendrerait la réalisation de la construction litigieuse. Dès lors qu'il en résulte que le projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de M. et Mme C ne peut qu'être écartée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. et Mme C ainsi que par Mme E doit être regardée comme recevable, sans qu'il soit besoin d'examiner l'intérêt à agir de cette dernière.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence :

10. Mme F G, troisième adjointe au maire, a reçu délégation de fonction et de signature du maire de la commune de Villemomble par un arrêté du 26 mai 2021, transmis au contrôle de légalité le 26 juillet 2021 et affiché en mairie le 27 juillet 2021, pour " régler les affaires courantes dans les domaines suivants : urbanisme () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne l'incomplétude du dossier :

11. D'une part, le dossier de permis de construire contient un projet architectural comportant une notice conforme aux exigences de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme. D'autre part, si les requérants soutiennent que le projet ne comporte aucune étude hydrologique et hydrogéologique permettant d'apprécier le risque d'inondation sur la parcelle, de telles pièces ne sont pas au nombre de celles qui sont exigées par le code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier doit être écarté.

En ce qui concerne les éléments du projet modifiés par le permis de construire modificatif :

12. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure les respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

13. En premier lieu, aux termes de l'article UD 4.2.2 du plan local d'urbanisme de la commune de Villemomble : " Afin de limiter l'apport d'eaux pluviales au réseau d'assainissement, les eaux pluviales provenant des propriétés riveraines doivent au maximum être traitées par un système de rétention à la parcelle ou par la mise en œuvre de solutions alternatives, conformément à l'arrêté du 21/07/2015 relatif aux systèmes d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif. / Le rejet au collecteur public ou à un système de collecte public peut être réalisé pour le surplus d'eaux pluviales n'ayant pas pu être traité à la parcelle. () Néanmoins, les eaux pluviales ne peuvent être infiltrées que si cela ne présente pas un risque sanitaire ou technique du fait de l'imperméabilité des sols, des risques de dissolution du gypse ou des risques de mouvements de terrain liés à la présence d'anciennes carrières () ".

14. Il est constant que le dossier de permis de construire initial ne prévoyait aucune modalité de traitement des eaux pluviales permettant d'assurer leur rétention à la parcelle ou, à défaut, leur rejet limité au collecteur public. Contrairement à ce que soutient la commune, le permis de construire modificatif accordé à Mme D n'a pas eu pour effet de préciser le dispositif de rétention des eaux pluviales qui sera mis en place, dès lors qu'il indique, en reproduisant les termes de l'article UD 4. 2.2 précité, à la fois que " les eaux pluviales seront gérées à la parcelle sans raccordement au réseau public " et que " le rejet à débit régulé au réseau public ne sera autorisé qu'en cas d'impossibilité technique ". Ces mentions hypothétiques ne permettant pas d'identifier le dispositif retenu et, par conséquent, d'apprécier sa conformité au plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4.2.2 du plan local d'urbanisme doit être accueilli.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article UD 4.4 du plan local d'urbanisme de la commune de Villemomble : " Des locaux permettant l'accueil et la dissimulation des containers pour les déchets doivent obligatoirement être prévus pour toute construction nouvelle. / Leur capacité d'accueil et leurs caractéristiques doivent être adaptées à la taille de la construction, au nombre éventuel de logements et au type de collecte en vigueur dans la commune ".

16. D'une part, si aucun local destiné à l'accueil et à la dissimulation des containers n'était initialement prévu, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif accordé le 14 novembre 2022 en comporte un. D'autre part, si les requérants soutiennent que sa capacité d'accueil et ses caractéristiques ne sont pas adaptées, ils n'apportent aucun élément au soutien de cette assertion, alors que la construction litigieuse constitue une construction individuelle d'une surface de plancher de 172,13 m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 4.4 du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne les moyens soulevés pour la première fois le 17 janvier 2023 :

17. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative ".

18. Il résulte de ces dispositions qu'un moyen nouveau présenté après l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense est, en principe, irrecevable. Lorsqu'est produit un mémoire comportant un tel moyen, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction doit informer les parties de son irrecevabilité, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, sauf s'il décide de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens, postérieure à la production du mémoire en cause. Il est toujours loisible au président de la formation de jugement de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens s'il estime que les circonstances de l'affaire le justifient. Il doit y procéder dans le cas particulier où le moyen est fondé sur une circonstance de fait ou un élément de droit dont la partie concernée n'était pas en mesure de faire état avant l'expiration du délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense et est susceptible d'exercer une influence sur le jugement de l'affaire.

19. Il est constant que le premier mémoire en défense produit à l'instance par Mme D le 21 mai 2022 a été communiqué aux requérants au moyen de l'application télérecours le 24 mai 2022 et réceptionné le 31 mai 2022 et que les pièces accompagnant le deuxième mémoire en défense produit à l'instance par la commune de Villemomble, qui comportaient notamment l'intégralité du dossier de permis de construire, ont été communiquées aux requérants par le même moyen le 8 août 2022 et réceptionnées le 15 août suivant. Par suite, les moyens présentés dans le mémoire du 17 janvier 2023 l'ont été plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense, comme du deuxième mémoire en défense et des pièces l'accompagnant.

20. Les circonstances que les requérants n'ont été destinataires du dossier intégral de permis de construire que le 8 août 2022 et que le conseil des requérants était, à cette date, arrêté pour raisons de santé jusqu'au 18 octobre 2022 étaient de nature à les placer dans l'impossibilité de soulever certains moyens jusqu'à cette date et, partant, à justifier de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les requérants n'ont sollicité le report de la cristallisation que le 17 janvier 2023, soit plus de trois mois après qu'ont cessé les circonstances pouvant justifier ce report. Cette absence d'information du tribunal dans un délai raisonnable ayant fait obstacle à la fixation d'une nouvelle date de cristallisation permettant le respect de la finalité du dispositif, à savoir la célérité de l'instruction dans le respect du contradictoire et de l'égalité des armes entre les parties, il n'y a pas lieu de fixer une nouvelle date de cristallisation des moyens postérieure de plus de trois mois à la fin des circonstances particulières évoquées ci-dessus. Dès lors, les moyens nouveaux tirés de la méconnaissance des articles UD 7, UD 9, UD 10.1, UD 11.2, UD 11.4.2, UD 12.1 et UD 12.2.1, soulevés pour la première fois par les requérants dans leur mémoire du 17 janvier 2023, et qui ne se rapportent pas aux modifications apportées au projet par le permis de construire modificatif, sont irrecevables et doivent être écartés.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

21. Il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire attaqué n'est illégal qu'en tant seulement que sont méconnues les dispositions de l'article UD 4.2.2 du plan local d'urbanisme de Villemomble. Cette irrégularité est régularisable par un permis de construire de régularisation. Par suite, les requérants sont fondés à demander l'annulation partielle de l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Villemomble a accordé à Mme D un permis de construire en tant seulement qu'il méconnaît les dispositions mentionnées ci-dessus.

Sur les conclusions présentées par la pétitionnaire au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

22. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".

23. Mme D demande au tribunal de condamner M. et Mme C et Mme E à lui verser une indemnité de 21 500 euros à parfaire en réparation des préjudices financiers et moral résultant de l'arrêt des travaux de construction de sa maison du fait du présent recours. Toutefois, et notamment au regard de l'illégalité de l'arrêté attaqué, il ne résulte pas de l'instruction que les requérants auraient exercé leur droit de former un recours pour excès de pouvoir dans des conditions traduisant un comportement abusif. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les défendeurs leur réclament sur ce fondement.

25. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villemomble une somme totale de 2 000 euros au titre des frais exposés par les requérants, et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Villemomble a délivré à Mme D un permis de construire en vue de la réalisation d'une maison individuelle sur un terrain situé au 26 rue Victor Hugo est annulé en tant seulement qu'il méconnaît les dispositions de l'article UD 4.2.2 du plan local d'urbanisme de Villemomble.

Article 2 : La commune de Villemomble versera une somme totale de 2 000 (deux mille) euros aux requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions des défendeurs sont rejetés.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C, à Mme H E, à Mme A D et à la commune de Villemomble.

Délibéré après l'audience du 25 mai 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,

- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,

- Mme Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023,

La présidente-rapporteure,

K. Weidenfeld

La première assesseure,

I. Jasmin-SverdlinLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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