jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2205692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GUILLEROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 avril 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 7 juin 2022, Mme D, représentée par Me Guillerot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'erreur de fait.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité du refus de séjour ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit.
Par ordonnance du 3 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus à l'audience publique :
- le rapport de Mme Gosselin, président-rapporteur,
- les observations de Me Kogan, substituant Me Guillerot,
- et les observations de Mme D.
Une note en délibéré a été enregistrée pour Mme D le 29 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A D, ressortissante macédonienne, née le 8 novembre 1975 à Kochani (Macédoine), a sollicité le 1er septembre 2021, la délivrance d'une carte de séjour temporaire. Par arrêté du 14 mars 2022 dont la requérante demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté du 19 juillet 2021, publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. C B, sous-préfet du Raincy, pour signer, notamment, la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque donc en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les articles pertinents de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique notamment que Mme D est entrée sur le territoire le 1er septembre 2017 et a été mise en possession d'une carte de séjour délivrée par les autorités bulgares valable du 5 juin 2017 au 2 juin 2022. Il indique également que Mme D est mariée à un compatriote en situation irrégulière et est parent d'un enfant majeur né en Macédoine. Il ajoute qu'aucun obstacle l'empêche de mener dans son pays d'origine une vie privée et familiale normale, où demeurent toujours sa mère. En outre, il mentionne que Mme D présente une autorisation de travail tendant à l'exercice du métier d'assistante ménagère au sein de la société Agathe Services. Enfin, le préfet indique que l'intéressée n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où elle est effectivement réadmissible. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En troisième lieu, Mme D soutient que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses liens en France. Il ressort des pièces du dossier d'une part, que si Mme D se prévaut de son insertion professionnelle et notamment d'un contrat à durée indéterminée à temps complet avec la société PatiBat, en qualité d'agent de nettoyage en date du 1er novembre 2018 et d'un contrat à durée indéterminée en date du 17 mai 2019 à temps partiel, puis à temps complet à compter du 30 décembre 2019, au sein de la société Agathe Service, en qualité d'assistante ménagère et produit à ce titre des bulletins de paie de novembre 2018 à mars 2019 et de mai 2019 à mars 2022, son insertion professionnelle, au demeurant récente, ne peut justifier à elle seule son admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, la circonstance que son époux, compatriote en situation irrégulière, et son fils majeur, sous récépissé de dépôt d'une demande de titre de séjour, résident en France, n'empêche pas la reconstruction de la cellule familiale dans leur pays d'origine. Enfin, la circonstance que Mme D a participé au cours d'apprentissage de la langue française du 3 janvier 2018 au 27 juin 2018 où elle a obtenu un niveau B1, ne saurait suffire à démontrer une intégration telle qu'elle devrait être admise au séjour au titre de l'admission exceptionnelle. Dès lors, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En quatrième lieu, Mme D soutient que le préfet a commis une erreur de fait en mentionnant que sa mère résidait toujours dans son pays d'origine. Si la requérante soutient qu'elle n'a plus de contact avec sa mère, et que l'ensemble des membres de sa famille réside à Malte, cette mention est sans incidence sur l'examen de sa situation. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être rejeté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. Mme D n'établissant pas que le refus de délivrance d'un titre de séjour serait illégal, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.
7. Il ressort de ce qui a été dit au point 2, que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque donc en fait.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Mme D se prévaut de la durée de son séjour, de son insertion professionnelle et personnelle. Toutefois, elle n'établit sa présence sur le territoire qu'à compter de 2018 et le caractère récent de son insertion professionnelle ne justifie pas son admission exceptionnelle au séjour. De plus, son époux est en situation irrégulière et s'est également vu refusé la délivrance d'un titre de séjour, et leur fils, titulaire d'un passeport bulgare, est titulaire d'un récépissé, dans l'attente de l'examen de sa demande de titre de séjour selon les pièces versées au dossier et les explications fournies à la barre. Ces éléments ne permettent pas d'établir que la décision attaquée a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Ses conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance seront en outre rejetées, par voie de conséquence du rejet des conclusions principales de la requête.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- M. Robbe, premier conseiller,
- M. Iss, premier conseiller.
Lu en audience publique le 7 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
C. Gosselin
L'assesseur le plus ancien,
Signé
Signé
J. Robbe
La greffière,
Signé
Signé
S. Le Chartier
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220569
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026