mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BOUZID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2022, Mme A C, représentée par
Me Bouzid, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une manifeste d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de destination :
- elle sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Myara a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne née le 15 mai 2000, déclare être entrée en France en 2017 munie d'un passeport revêtu d'un visa d'entrée qu'elle soutient avoir perdu. Par une demande en date du 22 juin 2021, elle a demandé son admission exceptionnelle au séjour et sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 15 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé son admission au séjour, l'a obligée de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé son pays de renvoi.
Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
2. La décision, qui vise les textes du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile dont il a été fait application, de l'accord franco-algérien ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et notamment ses articles 3 et 8. Elle rappelle la situation personnelle de Mme C s'agissant notamment de sa vie privée et familiale, de l'irrégularité de son entrée sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. Si Mme C soutient qu'elle est entrée régulièrement sur le territoire en janvier 2017 et qu'elle a perdu son passeport biométrique, elle n'en apporte pas la preuve. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
4. Aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5. Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus (). ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France. Si cet accord ne prévoit pas de modalités d'admission exceptionnelle au séjour semblables à celles prévues par les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
6. Mme C soutient qu'elle est entrée régulièrement en France pour rejoindre sa sœur une première fois en 2015, puis en janvier 2017 et qu'elle réside depuis cette date en France de façon continue, qu'elle a suivi des études dès son arrivée en France, d'abord au sein d'une unité pour élèves allophones (UPE2A) pour l'année 2017-2018, qu'elle a, ensuite, suivi un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) intitulé " employé commerce multispécialités ", qu'elle a rencontré en 2017 M. B D, compatriote titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2031, avec lequel elle vit en concubinage depuis le 15 janvier 2019 et a eu une fille née en France le 27 mars 2021. Il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme C n'établit pas être entrée régulièrement en France en 2017, pas plus qu'elle ne justifie d'une résidence en France suffisamment ancienne. En outre, l'attestation d'hébergement en date du 23 mars 2022 qu'elle produit, la déclaration de concubinage en date du 28 mars 2022 et les attestations de témoignage versés au dossier, ne peuvent être regardés comme suffisants pour établir l'existence d'une vie commune suffisamment ancienne avec son compagnon. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que ce dernier aurait la garde de ses deux enfants français issus d'une précédente union. Dans ces conditions, la situation de Mme C ne fait pas obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays dont les deux concubins ont la nationalité. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision de refus de titre de séjour a été prise. Eu égard à tout ce qui précède, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre doivent être écartés. Il ressort, en outre, des mentions non contestées de l'arrêté attaqué que Mme C n'est pas totalement dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie. Dès lors, le préfet de la Seine-Saint-Denis ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée des faits de l'espèce en estimant que la requérante ne fait état d'aucune considérations humanitaires, ni de circonstances exceptionnelles justifiant qu'il fasse usage de pouvoir de régularisation sans texte.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
7. Mme C ne démontrant pas l'illégalité du refus du titre de séjour, elle n'est pas fondée à se prévaloir, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet, ni par voie de conséquence, de l'illégalité par voie d'exception, de la décision fixant le pays de destination.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 17 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Myara, président,
M. Marias, premier conseiller,
Mme Parent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le président-rapporteur,
A. Myara
L'assesseur le plus ancien,
H. Marias
La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026