mardi 3 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | KWEMO STÉPHANIE |
Vu la procédure suivante :
H une requête et un mémoire enregistrés les 22 avril et 1er juillet 2022, M. B G F et Mme C F, représentés H Me Kwemo, doivent être regardés comme demandant au Tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 6 septembre 2022 et du 1er mars 2022 H lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer à M. F une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
2°) d'annuler la décision H laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme F et ses enfants ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à M. F une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros H jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste de la situation personnelle de M. A
H un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête, au motif que ses moyens sont infondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 août 2022.
M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale H une décision du 24 octobre 2022.
En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre les décisions H lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait refusé de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme F et ses enfants, du fait du caractère inexistant de ces décisions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme E a été entendu au cours de l'audience publique du 6 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme F sont des ressortissants égyptiens, entrés en France en 2018 selon leurs déclarations. A la suite de l'interpellation de M. F H les services de police, le préfet de police de Paris a pris à son encontre, le 30 juillet 2020, un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit. H un jugement du 20 octobre 2020, le tribunal administratif de Montreuil a annulé cet arrêté pour défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé et a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. F dans un délai de trois mois et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour. M. F s'est vu remettre, en exécution de ce jugement, une première autorisation de séjour valable du 6 septembre 2021 au 5 mars 2022, suivie d'une seconde autorisation de séjour valable du 1er mars 2022 au 31 août 2022, lesquelles ne lui confèrent pas le droit de travailler. M. et Mme F demandent au tribunal d'annuler les décisions H lesquelles le préfet de la Seine-Saint-Denis a, d'une part, refusé de délivrer une autorisation provisoire de travail à M. F, d'autre part refusé de délivrer une autorisation provisoire de séjour à Mme F.
Sur l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant refus d'autorisation provisoire de séjour à l'encontre de Mme F :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ".
3. Il est constant que Mme F n'a entrepris aucune démarche visant à solliciter un titre de séjour et n'a fait l'objet d'aucune décision préfectorale relative à son droit au séjour en France. Dans ces conditions, ses conclusions tendant à l'annulation d'une décision du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sont irrecevables, car dirigées contre une décision inexistante.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le refus d'autorisation provisoire de travail opposé à M. F :
4. En premier lieu, aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
5. La décision en litige, qui se borne à refuser une autorisation provisoire de travail à M. F durant le réexamen de sa situation administrative, n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. F de ses enfants. La seule circonstance qu'elle ne met pas l'intéressé en mesure de travailler régulièrement durant le réexamen de sa situation n'est pas à elle seule de nature à faire regarder la décision litigieuse comme portant de manière suffisamment directe et certaine une atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que M. F vit en France en France avec ses enfants de manière irrégulière depuis 2018. H suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. F est entré irrégulièrement en France en 2018, selon ses déclarations, en compagnie de son épouse, compatriote en situation irrégulière, et de leurs trois enfants respectivement nés en 2010, 2012 et 2016. Il en ressort également que l'intéressé n'a fait aucune démarche dans le but de régulariser sa situation et que la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet le 30 juillet 2020 n'a été annulée, H un jugement du tribunal de céans du 20 octobre 2020, que pour un motif tenant à la légalité externe de cette décision. Le requérant ne se prévaut en outre d'aucune circonstance qui ferait obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale en Egypte, où ses enfants pourraient poursuivre leur scolarité, et n'allègue disposer en France d'aucune attache familiale en dehors de son épouse et de ses enfants. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que M. F présente une promesse d'embauche en qualité de peintre datée du 10 juin 2021, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait, en refusant de lui accorder une autorisation provisoire de travail, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions des 6 septembre 2021 et du 1er mars 2021 en tant qu'elles ne sont pas assorties d'une autorisation provisoire de travail.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. H suite, les conclusions à fin d'injonction, sous astreinte, présentées H M. et Mme F doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée H M. et Mme F au titre des frais qu'ils ont exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée H M. et Mme F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B G F, à Mme C F, à Me Kwemo et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public H mise à disposition au greffe le 3 janvier 2023.
La rapporteure,
S. E
Le président,
C. Tukov La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026