mardi 3 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206418 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | AIT MEHDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complétés de pièces, enregistrés les 14 avril et 4 mai 2022 et les 19 et 20 mai 2022, M. E A, représenté par Me Aït Mehdi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à défaut, d'annuler la décision d'obligation de quitter le territoire français et de réexaminer sa situation dans le même délai et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et, durant cet examen, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Dans le dernier état de ses écritures, il soutient que :
la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'incompétence de son signataire, d'un défaut d'examen sérieux, d'une méconnaissance des articles L. 426-11 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une erreur manifeste d'appréciation, d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
les décisions l'obligeant de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont entachées des mêmes illégalités que la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour, et la décision d'obligation de quitter le territoire français est également entachée d'une méconnaissance de l'article 12 de la directive 2003/019/CE et des articles L. 612-1 et L. 621-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une ordonnance du 15 juin 2022 a fixé la clôture d'instruction au 15 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Doyelle, premier conseiller,
les observations de Me Victor, avocate, substituant Me Aït Mehdi, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant bangladais né en 1979, a sollicité, le 4 février 2021, une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Le requérant demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-0167 du 22 janvier 2022, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 27 janvier 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme D C, attachée d'administration de l'État, pour les arrêtés portant refus de séjour assortis ou non d'une obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa demande d'autorisation de travail et que le préfet de la Seine-Saint-Denis a ainsi commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation. Il fait valoir, d'une part, que l'arrêté du 28 octobre 2016 fixant la liste des pièces à produire à l'appui d'une demande d'autorisation de travail, sur lequel le préfet se base, a été abrogé et remplacé par l'arrêté du 1er avril 2021, d'autre part, qu'il a transmis les trois pièces manquantes pour compléter son dossier de demande d'autorisation de travail. D'une part, la circonstance que le préfet, dans son arrêté, et la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Drieets), dans son courrier du 3 juin 2021 sollicitant la production de pièces complémentaires, fassent mention de l'arrêté du 28 octobre 2016 au lieu de celui du 1er avril 2021 est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et ne saurait traduire un défaut d'examen de la demande d'autorisation de travail, étant précisé qu'en tout état de cause, ces deux textes réglementaires prévoient la production des mêmes pièces manquantes qui ont été réclamées à l'employeur de M. A et qu'il n'est, en outre, pas attesté de la publication d'une offre d'emploi auprès d'un organisme du service public de l'emploi pendant la durée intégrale de trois semaines que le nouvel arrêté édicte. D'autre part, le requérant produit une enveloppe d'une lettre recommandée adressée par son employeur au service de la main d'œuvre étrangère de la préfecture de la Seine-Saint-Denis sans cependant produire l'accusé-réception de cette lettre, alors qu'en outre, cette transmission n'est pas conforme à la procédure dématérialisée mise en œuvre depuis le 1er avril 2021 à laquelle le courrier du 3 juin 2021 de la Drieets l'invitait à se conformer en lui précisant notamment que les pièces manquantes ne devaient pas lui être adressées directement. De même, la production d'une confirmation de dépôt d'une demande d'autorisation provisoire de travail du 1er janvier 2022, soit plus de six mois après le courrier de la Drieets, mentionnant que cette demande a été enregistrée et qu'elle sera examinée par le service interrégional compétent n'est pas de nature à établir que les pièces manquantes ont été produites à cette occasion, cette attestation valant preuve de dépôt de la demande et non preuve de complétude du dossier. Dès lors, le moyen tiré d'un défaut d'examen duquel résulterait une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 426-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger titulaire de la carte de résident de longue durée-UE, définie par les dispositions de la directive 2003/109/ CE du Conseil du 25 novembre 2003 relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée, accordée dans un autre État membre de l'Union européenne, et qui justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, à ceux de sa famille, ainsi que d'une assurance maladie obtient, sous réserve qu'il en fasse la demande dans les trois mois qui suivent son entrée en France, et sans que la condition prévue à l'article L. 412-1 soit opposable : / 1° La carte de séjour temporaire portant la mention portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "entrepreneur/ profession libérale" s'il remplit les conditions prévues aux articles L. 421-1, L. 421-3 ou L. 421-5 ; / () ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / () ".
5. Comme il a été dit au point 3, le requérant qui ne justifie pas d'une autorisation préalable de travail en l'absence de transmission par l'employeur d'un dossier complet à l'autorité administrative compétente ne saurait soutenir qu'il remplit toutes les conditions prévues par l'article L. 421-1 précité et, donc, celles prévues au 1° de l'article L. 426-11 précité. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. " Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
7. Le requérant fait valoir qu'il réside habituellement sur le territoire français depuis le 30 septembre 2019, qu'il y vit avec son épouse et leurs trois enfants nés en 2010, 2015 et 2020, que leurs deux premiers enfants sont scolarisés et que le dernier est né sur le territoire français, qu'il exerce également un emploi de vendeur depuis le 1er octobre 2020 dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée et qu'il est associé, depuis le 10 août 2021, d'une société à responsabilité limitée exerçant dans le domaine de la restauration rapide. Cependant, compte tenu notamment du caractère récent de l'emploi de M. A et de son séjour sur le territoire français avec sa famille, étant précisé que la demande d'asile de son épouse a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 11 juillet 2019, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision attaquée a été prise. De même, au regard du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants de l'un des deux parents qui sont de même nationalité. Il est enfin relevé que la scolarité en France des deux premiers enfants à l'école primaire est récente. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations conventionnelles précitées doivent être écartés. Il ne ressort pas, non plus, des pièces du dossier que le préfet se soit abstenu d'examiner la situation familiale de M. A. Dès lors, un tel moyen doit également être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 14 mars 2022 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
9. La transposition en droit interne des directives communautaires est une obligation résultant du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et revêt, en vertu de l'article 88-1 de la Constitution, le caractère d'une obligation constitutionnelle. Il appartient au juge national, juge de droit commun de l'application du droit de l'Union européenne, de garantir l'effectivité des droits que toute personne tient de cette obligation à l'égard des autorités publiques. Tout justiciable peut, en conséquence, se prévaloir, à l'appui d'un recours dirigé contre un acte administratif non réglementaire, des dispositions précises et inconditionnelles d'une directive, soit lorsque l'État s'est abstenu de transposer dans les délais la directive en droit national, soit lorsqu'il en a fait une transposition incorrecte.
10. Aux termes de l'article 12 de la directive 2003/109/CE susvisée : " 1. Les États membres ne peuvent prendre une décision d'éloignement à l'encontre d'un résident de longue durée que lorsqu'il représente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique. / 2. La décision visée au paragraphe 1 ne peut être justifiée par des raisons économiques. / 3. Avant de prendre une décision d'éloignement à l'encontre d'un résident de longue durée, les États membres prennent en compte les éléments suivants : / a) la durée de la résidence sur leur territoire ; / b) l'âge de la personne concernée ; / c) les conséquences pour elle et pour les membres de sa famille ; / d) les liens avec le pays de résidence ou l'absence de liens avec le pays d'origine. / 4. Lorsqu'une décision d'éloignement a été arrêtée, le résident de longue durée peut exercer un recours juridictionnel dans l'État membre concerné () ". Aux termes de l'article 22 de la même directive : " 1. Tant que le ressortissant d'un pays tiers n'a pas obtenu le statut de résident de longue durée, le deuxième État membre peut décider de refuser de renouveler le titre de séjour ou de le retirer et d'obliger la personne concernée et les membres de sa famille, conformément aux procédures, y compris d'éloignement, prévues par le droit national, à quitter son territoire dans les cas suivants : / a) pour des raisons d'ordre public ou de sécurité publique, telles que définies à l'article 17 ; / b) lorsque les conditions prévues aux articles 14, 15 et 16 ne sont plus remplies ; / c) lorsque le ressortissant d'un pays tiers ne séjourne pas légalement dans l'État membre concerné. / 2. Si le deuxième État membre adopte l'une des mesures visées au paragraphe 1, le premier État membre réadmet immédiatement sans formalités le résident de longue durée et les membres de sa famille. Le deuxième État membre informe le premier État membre de sa décision. / 3. Tant que le résident de pays tiers n'a pas obtenu le statut de résident de longue durée et sans préjudice de l'obligation de réadmission visée au paragraphe 2, le deuxième État membre peut adopter à son égard une décision d'éloignement du territoire de l'Union, conformément à l'article 12 et avec les garanties qui y sont prévues, pour des motifs graves relevant de l'ordre public ou de la sécurité publique. / Dans ce cas, lorsqu'il adopte ladite décision, le deuxième État membre consulte le premier État membre. / Quand le deuxième État membre adopte une décision d'éloignement à l'égard du ressortissant d'un pays tiers en question, il prend toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre effective de cette décision. Dans cette hypothèse, le second État membre fournit au premier État membre les informations appropriées concernant la mise en œuvre de la décision d'éloignement () ".
11. Il résulte clairement de l'article 12 précité qu'un étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'accord sur l'espace économique européen ou la Confédération suisse qui détient un titre de résident longue durée - UE en cours de validité accordé par un autre État membre que la France ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement du territoire de l'Union européenne que s'il présente une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique.
12. Les dispositions du premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, l'étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européenne ou de la Confédération suisse dispose d'un délai de trente jours à compter de sa notification pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel s'applique l'acquis de Schengen dans lequel il est légalement admissible. Dès lors, l'éloignement vers un pays membre de l'Union européenne ou de l'espace Schengen d'un tel étranger ne peut être décidé que selon la procédure de remise prévue au titre II du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou selon la procédure de transfert prévue à l'article L. 572-1 du même code pour l'étranger demandeur d'asile.
13. Il ressort de ces dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative compétente peut à l'égard un ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'accord sur l'espace économique européen ou la Confédération suisse titulaire d'une carte de résident longue durée UE, décider soit de sa remise à l'État membre qui lui a délivré la carte de résident qu'il détient soit de l'obliger à quitter le territoire français à destination de son pays d'origine, sans toutefois qu'aucune de ces dispositions, ni aucune autre disposition législative ou règlementaire nationale, ne prévoient que cet éloignement à destination de son pays d'origine ne soit possible qu'en cas de menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique comme le prévoient pourtant les dispositions de l'article 12 de la directive 2003/109/CE. En conséquence, le requérant est fondé à soutenir que les dispositions de l'article 12 de la directive 2003/019/CE n'ont pas été transposées en droit interne.
14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A est titulaire d'une carte de résident longue durée - UE qui lui a été délivrée par les autorités italiennes le 23 mai 2018 pour une durée illimitée. Le préfet de la Seine-Saint-Denis ne justifie ni même n'allègue que M. A représenterait une menace réelle et suffisamment grave pour l'ordre public ou la sécurité publique. Dans ces conditions, il ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français, mais seulement prononcer une décision de remise aux autorités italiennes sur le fondement des articles L. 621-1 à L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'illégalité.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée.
16. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 14 mars 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, ainsi que, par voie de conséquence, de celle fixant le pays de destination.
17. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de sa notification et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme que le requérant demande en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis du 14 mars 2022 est annulé uniquement en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 janvier 2023.
Le rapporteur,Le président,G. DoyelleC. Tukov La greffière,M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026