jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LOISON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2022, M. C B, représenté par Me Loison, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier.
En ce qui concerne le refus du titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire :
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa demande et d'une erreur de fait dès lors que l'intéressé s'est soumis au contrôle médical d'usage ;
- il est insuffisamment motivé en droit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; sa situation personnelle a été appréciée de façon manifestement erronée.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- il est illégal, par voie d'exception, en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire sur lesquelles il se fonde ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- sa durée est disproportionnée.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bobigny du 7 juin 2022.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les observations de Me Loison, représentant M. B, présent, le préfet n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est né le 15 janvier 1977 à Beni-Yenni (Algérie), avec la nationalité algérienne. S'étant installé aux Etats-Unis en 2009 après des études en génie civil, il a obtenu la nationalité américaine en 2014. A la suite d'un épisode dépressif grave, le requérant est entré en France le 14 décembre 2018 muni d'un visa long séjour " salarié " valable du 12 octobre 2018 au 12 octobre 2019. Son employeur n'ayant pas fourni les documents sollicités par la DIRECCTE, le renouvellement de ce titre lui a toutefois été refusé par la préfecture du Val-de-Marne le 4 février 2020, décision confirmée par le tribunal administratif de Melun par jugement du 25 mai 2021. Le 29 juin 2021, le requérant a sollicité son admission exceptionnelle au séjour auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Par un arrêté du 21 mars 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé son pays de renvoi, et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Il ressort des pièces du dossier que le requérant réside sur le territoire français depuis le 14 décembre 2018, où il bénéficie du soutien de ses deux frères, dont l'un est de nationalité française et l'autre est titulaire d'une carte de résident. Par ailleurs, le requérant, qui a un diplôme d'ingénieur mais n'a pu exercer en cette qualité en France en raison de son absence de titre de séjour, justifie néanmoins d'une activité professionnelle à temps plein et sans discontinuité du 1er avril 2019 au 28 février 2022, dans le cadre de contrats de travail à durée indéterminée, activité pour laquelle il a obtenu un diplôme d'agent des services de sécurité incendie et d'assistance à personnes. Par suite, eu égard à l'ensemble du parcours personnel de l'intéressé, et à son insertion professionnelle et familiale en France, le préfet a, dans les circonstances très particulières de l'espèce, entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 par lequel le préfet a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination duquel il serait susceptible d'être éloigné et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
4. Compte tenu du motif retenu, l'annulation prononcée par le présent jugement implique que le préfet de la Seine-Saint-Denis délivre un titre de séjour temporaire à M. B. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle au taux de 55 % par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bobigny en date du 7 juin 2022. D'une part, son avocat n'a pas demandé que lui soit versée par l'Etat la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamés à son client si celui-ci n'avait pas bénéficié de l'aide juridictionnelle. D'autre part, M. B n'allègue pas avoir engagé d'autres frais que ceux partiellement pris en charge au titre de l'aide juridictionnelle. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B de la part des frais exposés par lui, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par le bureau d'aide juridictionnelle, qui pourra être fixée à la somme de 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 21 mars 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à M. B un titre de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B, une somme de 500 (cinq cents) euros au titre des frais exposés par lui, non compris dans les dépens et laissés à sa charge par le bureau d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié M. C B, à Me Loison et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Hardy, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022,
La présidente-rapporteure,
Signé
K. D
La première assesseure,
Signé
I. Jasmin-Sverdlin
La greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026