mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2206928 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | BENITEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et des mémoires complémentaires, enregistrés les 4 mai, 16 mai et 3 juin 2022, M. E A, ressortissant mauritanien représenté par Me Ambre Benitez, avocat, demande au tribunal administratif :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et l'espace Schengen, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de de réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, Me Benitez, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'arrêté préfectoral est signé par une personne incompétente, M. C D, qui ne justifie pas d'une délégation de signature régulière du préfet ;
- la décision est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- il n'a pas été entendu avec l'assistance d'un interprète préalablement à la notification de la décision : ce défaut d'audition lui fait grief puisque s'il avait été entendu et qu'il avait pu s'exprimer dans sa langue maternelle, il aurait pu préciser qu'il est en couple avec une compatriote et que son maintien sur le territoire français était nécessaire dans la mesure où l'instruction de la demande d'asile de son enfant est en cours d'instruction. En ne recueillant pas les observations du requérant, assisté d'un interprète, préalablement à la mesure d'éloignement, le préfet a privé celui-ci d'une garantie procédurale substantielle.
- la mesure d'éloignement méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle : il est père d'un enfant pour lequel une demande d'asile a été déposée le 5 avril 2022 et vit en concubinage avec la mère de cet enfant ; sa présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public ; Il est indispensable que M. A reste en France aux côtés de sa fille le temps de l'instruction de la demande d'asile de sa fille afin notamment qu'il puisse être entendu par les services compétents. L'éloigner du territoire français dans l'attente de l'instruction de cette demande empêcherait son audition par l'office français de protection des réfugiés et apatrides et, le cas échéant la cour nationale du droit d'asile, et aurait pour effet de priver l'enfant de l'un de ses deux parents, ce qui n'est, manifestement, pas dans son intérêt.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- le préfet n'apporte pas la preuve qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement.
La requête a régulièrement été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale des droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 octobre 2022, à 9 h 00 :
- le rapport de M. G ;
- les observations de Me Benitez, représentant M. A, absent ;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. E A, ressortissant mauritanien né le 31 décembre 1982 à Ghabou (Mauritanie), déclare être entré en France en 2015. Par un arrêté du 2 mai 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français aux motifs, d'une part, que l'intéressé, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, et, d'autre part, que sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 14.06.216, confirmé par la cour nationale du droit d'asile le 25 novembre suivant. En outre, le préfet a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an aux motifs, d'une part, que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public et, d'autre part, qu'il existe un risque de fuite, dès lors qu'il ne présente pas de garantie de représentation suffisante, qu'il est entré et séjourne irrégulièrement en France depuis 2015, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement en date du 30.01.2020 et qu'il a déclaré vouloir rester en France. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté préfectoral.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-0291 du 7 février 2022, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives du 9 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à M. D, chef du pôle instruction et mise en œuvre des mesures d'éloignement à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, alors, au demeurant, que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle de l'intéressé, notamment la relation de concubinage qu'il entretient avec une compatriote, Mme B, avec laquelle il a eu un enfant né en février 2022, pour le compte duquel il a déposé une demande d'asile en avril 2022. En outre, le requérant ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur de fait en relevant qu'il n'a pas été mesure, lors de son interpellation, de présenter aux forces de l'ordre son passeport mauritanien. Dans ces conditions, la mesure d'éloignement litigieuse satisfait aux exigences de motivation résultant des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des termes mêmes de l'arrêté attaqué qui font état de nombreux éléments de fait propres à la situation de M. A et notamment du rejet de sa demande d'asile et de sa situation familiale et professionnelle, que le préfet n'aurait pas procédé, ainsi qu'il y était tenu, à l'examen particulier de la situation du requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'illégalité, faute d'avoir été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle.
5. En quatrième lieu, si le requérant soutient que l'arrêté contesté aurait été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait demandé un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise la décision l'obligeant à quitter le territoire français. L'intéressé n'allègue pas qu'il aurait tenté en vain de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à sa situation, avant que ne soit prise la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que M. A a été privé du droit d'être entendu doit être écarté.
6. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. A l'appui de son recours, M. A fait valoir qu'il est père d'une enfant née le 22 février 2022 de sa relation avec Mme F B, également ressortissante mauritanienne avec laquelle il vivrait en concubinage, et qu'un mois avant l'intervention de la mesure d'éloignement litigieuse, le 5 avril 2022, une demande d'asile a été déposée dans l'intérêt de cet enfant auprès du guichet unique de la préfecture des Yvelines, et verse au dossier l'attestation de demande d'asile en procédure accélérée (réexamen) de son enfant. Toutefois, M. A, qui ne fait état d'aucune activité professionnelle ni d'aucune ressource particulière et ne justifie pas de conditions d'existence pérennes, n'établit ni même n'allègue contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de cette enfant. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier l'existence d'une réelle communauté de vie avec sa compagne, Mme B. En outre, si M. A soutient être entré irrégulièrement sur le territoire français en 2015 et s'y maintenir depuis lors, il ne justifie d'aucune insertion particulière dans la société française. Par ailleurs, si M. A soutient que sa présence ne représente pas une menace pour l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été interpellé pour des faits de vente à la sauvette, offre de vente ou exposition en vue de la vente de biens dans un lieu public sans autorisation ou déclaration régulière en violation des dispositions réglementaires sur la police de ce lieu, faits pour lesquels il a fait l'objet d'une mesure de rappel à la loi le 2 mai 2022. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France de M. A, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ou que la décision d'éloignement serait entachée d'un erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants: / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;
() / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ". Aux termes de l'article L. 612-6 du même code : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ".
9. M. A conteste avoir fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 30.01.2020 et s'être soustrait à l'exécution de celle-ci. Toutefois, à supposer même que cette mesure n'ait effectivement pas été notifiée à M. A, alors au demeurant que l'intéressé a contesté devant le tribunal de céans les deux précédentes OQTF dont il a fait l'objet les 24.01.2019 et 30.01.2020, ses recours ayant été rejetés par deux jugements en date des 25.03.2019 et 29.07.2020, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors que, pour lui refuser le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet s'est également fondé sur le fait que le comportement de l'intéressé représente une menace pour l'ordre public, qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français en 2015 et s'y est maintenu depuis lors irrégulièrement, qu'il a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son OQTF et sur l'absence de garanties de représentation, M. A n'apportant pas la preuve d'un lieu de résidence où il demeurerait de manière stable et effective. A cet égard, si M. A verse au dossier une attestation d'hébergement mentionnant qu'il réside avec sa compagne Mme B et sa fille à Sartrouville, ce seul document ne permet pas d'établir de façon certaine qu'il dispose d'une résidence effective et permanente. Dans ces conditions, le préfet de la Seine-Saint-Denis pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser à M. A le bénéfice d'un délai de départ volontaire.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 mai 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder au requérant le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
M. G La greffière,
Signé
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2206928
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026