LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2206937

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2206937

mardi 25 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2206937
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre (J.U)
Avocat requérantBULAJIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. B C, ressortissant mauritanien représenté par Me Dragana Bulajic, avocat, demande au tribunal administratif :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et l'espace Schengen, à destination de son pays d'origine, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission du système d'information Schengen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision est signée par une personne incompétente, M. A D, qui ne justifie pas d'une délégation de signature régulière du préfet ;

- elle méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le droit d'être entendu ; le requérant a été interrogé par la police sur son identité, les conditions de son entrée en France, sa situation administrative, ses conditions d'hébergement en France, mais il n'a pas été informé de la possibilité qu'il fasse l'objet d'une mesure d'éloignement ; le requérant n'a pas été informé qu'il pouvait présenter des informations écrites avant l'édiction de l'arrêté attaqué.

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'il démontre sa présence en France depuis 2018, ainsi que son intégration sociale et professionnelle.

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :

- le risque de fuite n'est pas établi, dès lors qu'il justifie de parfaites garanties de représentation (domicile stable et travail).

La requête a régulièrement été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 octobre 2022 à 9 h 00 :

- le rapport de M. E ;

- les observations de Me Bulajic, représentant M. C ;

- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant mauritanien né le 23 décembre 1991 à Ghabou (Mauritanie), déclare être entré en France au cours de l'année 2018 et s'y être maintenu depuis lors. Par un arrêté du 26 avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français aux motifs, d'une part, que l'intéressé, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, et, d'autre part, que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 08 avril 2020, confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 15 octobre suivant. En outre, le préfet a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, au motif qu'il existe un risque de fuite, dès lors que M. C est entré et séjourne irrégulièrement en France depuis 2018, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement en date du 21 décembre 2020, qu'il a déclaré vouloir rester en France et qu'il ne présente pas de garantie de représentation suffisante. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté préfectoral.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

2.En 1er lieu, par un arrêté n° 2022-0291 du 7 février 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 9 février 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à M. D, adjoint au chef du bureau du contentieux à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3.En 2ème lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".

4.Si M. C soutient que la décision litigieuse a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union, de sorte qu'il ne peut utilement s'en prévaloir. Par ailleurs, si le requérant soutient que l'arrêté contesté aurait été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait demandé un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de s'exprimer avant que ne soit prise la décision l'obligeant à quitter le territoire français. L'intéressé n'allègue pas qu'il aurait tenté en vain, lors de son interpellation, de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à sa situation, avant que ne soit prise la mesure d'éloignement. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que M. C a été privé du droit d'être entendu doit être écarté.

5.En 3ème lieu, M. C, célibataire et sans enfant, se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France, depuis l'année 2018, mais les pièces versées au dossier, telles que des attestations de demande d'asile ou des relevés de compte bancaires, ne permettent pas d'établir de façon certaine qu'il s'est maintenu de manière continue sur le territoire français depuis cette date. Il se prévaut également de son intégration sociale, mais n'apporte aucune précision ni aucun élément permettant d'établir le bien-fondé de cette allégation. Enfin, si M. C fait valoir son intégration professionnelle, et produit notamment à l'appui de ses allégations douze bulletins de salaire pour la période d'août 2021 à août 2022, ainsi qu'un contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société " Le quai 8 " le 1er août 2021, où il exerce la profession de commis de cuisine, cette circonstance ne permet pas à elle-seule de conclure que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ordonnant l'éloignement de M. C. Par ailleurs, même à la supposer établie, la circonstance que l'intéressé ait, quelques jours avant l'intervention de la mesure d'éloignement litigieuse, " consulté un avocat " en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, ne saurait être utilement invoquée, dès lors que les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne prévoient pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour faisant obstacle au prononcé d'une mesure d'éloignement.

En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :

6.Aux termes des de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants:

() / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".

7.M. C soutient que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de sa situation personnelle et professionnelle. A cet égard il fait valoir qu'il justifie de parfaites garanties de représentations dès lors qu'il a un domicile stable, qu'il exerce une activité professionnelle depuis plusieurs mois et qu'il n'a jamais troublé l'ordre public. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C ne justifie pas être entré régulièrement en France en 2018. Il ressort également des pièces du dossier que M. C s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à la suite du rejet définitif de sa demande d'asile, et qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement prononcée le 21 décembre 2020 par le préfet de la

Seine-Saint-Denis. Eu égard à la faible durée de séjour de M. C et au caractère récent de l'exercice de son activité professionnelle en tant que commis de cuisine, le préfet de la

Seine-Saint-Denis pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer qu'il existe un risque de fuite et, pour ce motif, refuser d'accorder à M. C un délai de départ volontaire, ainsi que, par voie de conséquence, en l'absence de circonstances humanitaires faisant obstacle au prononcé d'une telle mesure, prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

8.Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

M. E La greffière,

Signé

S. Le Bourdiec

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions