mardi 3 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | SOUKOUNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 avril 2022 et 13 mai 2022, Mme C A, représentée par Me Soukouna, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande sous la même condition de délai et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que Me Soukouna renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- il est entaché d'une erreur de fait ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du même code ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 5 août 2022.
Mme A obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique du 6 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne née en 1999, entrée en France le 28 août 2017 sous couvert d'un visa de long séjour, demande l'annulation de l'arrêté du 4 novembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant " et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination.
2. En premier lieu, d'une part, l'arrêté attaqué vise notamment l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement duquel Mme A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour et mentionne les éléments pertinents relatifs à la situation personnelle de Mme A sur lesquels le préfet s'est fondé pour considérer que l'intéressée ne remplissait pas les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre, à savoir que Mme A, entrée en France le 28 août 2017 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " n'a produit aucune inscription au titre des années 2020-2021 et 2021-2022 et qu'elle a en outre essuyé deux échecs successifs durant son parcours universitaire. L'arrêté attaqué vise également l'articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et relève que l'intéressée est célibataire et sans charge de famille, ne justifiant pas d'une situation personnelle et familiale à laquelle l'arrêté litigieux porterait une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. La décision de refus de titre de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. D'autre part, en application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision par laquelle le préfet a obligé Mme A à quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte, dès lors qu'elle a été prise concomitamment à la décision de refus de titre de séjour, laquelle est, tel qu'il vient d'être dit, suffisamment motivée. Enfin, l'arrêté contesté vise les dispositions des articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relève que Mme A est de nationalité guinéenne et qu'elle n'établit pas qu'elle serait exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où elle est effectivement réadmissible. L'arrêté énonce ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondé le choix du pays de destination. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que le moyen tiré du défaut de motivation des décisions contestée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si la requérante soutient que le préfet n'a pas pris en compte son inscription, à compter du mois de mai 2021, à la formation de secrétaire juridique dispensée par l'école supérieure d'assistantes spécialisées, elle n'établit ni même n'allègue avoir porté cette circonstance à la connaissance du préfet. Si l'intéressée soutient également que le préfet n'a pas pris en compte les attaches privées et sociales qu'elle a constituées en France durant ces cinq dernières années, elle ne précise pas de quelles attaches il s'agit. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de Mme A doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si le demandeur peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France le 28 août 2017 et s'est inscrite à trois reprises, au titre de l'année universitaire 2017-2018, 2018-2019 et 2019-2020, en première année de licence en droit à l'Université Panthéon-Assas, sans parvenir à la valider. L'intéressée ne produit par ailleurs aucun relevé de notes ni aucune attestation pour justifier de son assiduité aux cours et aux examens durant ces trois années. Si l'intéressé soutient que ses échecs sont dus à " la crise sanitaire ainsi qu'à des difficultés personnelles ", elle ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Enfin, si la requérante se prévaut de son inscription en alternance à une formation de secrétaire juridique dispensée par l'école supérieure d'assistantes spécialisées à compter du mois de mai 2021, les résultats qu'elle produit, obtenus en avril 2022, sont postérieurs à la date de la décision attaquée et donc sans influence sur sa légalité. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché sa décision de refus de titre de séjour d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En quatrième lieu, la requérante soutient que le préfet a commis une erreur de fait en considérant qu'elle ne justifie pas d'une inscription au titre de l'année 2021-2022, alors qu'elle est inscrite à la formation de secrétaire juridique dispensée par l'école supérieure d'assistantes spécialisées depuis le mois d'avril 2021. Il ressort toutefois de la lecture de la décision attaquée que le préfet, qui s'est également fondé pour rejeter la demande de Mme A, sur la circonstance que l'intéressée a échoué à deux reprises, et alors qu'il résulte de l'instruction que l'intéressée a en réalité échoué à trois reprises, aurait pris la même décision s'il avait pris en compte la récente réorientation de Mme A. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
7. En cinquième lieu, si Mme A se prévaut de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que la demande de l'intéressée ait été présentée sur le fondement de ces dispositions. Dans ces conditions, la requérante ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dernières, au regard desquelles le préfet n'était pas tenu d'examiner sa demande. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
8. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a obtenu aucun diplôme depuis son entrée en France le 28 août 2017, qu'elle est célibataire et sans enfant et ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle particulière. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de renouveler son titre de séjour et en assortissant ce refus d'une obligation de quitter le territoire français.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 4 novembre 2021. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles demandant de mettre à la charge de l'État les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 janvier 2023.
La rapporteure,
S. D
Le président,
C. Tukov La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026