mercredi 24 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | TRICAUD-TRAYNARD AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022, M. D A, représenté par Me Harabi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une défaut d'examen de sa situation professionnelle ;
- elle est entachée d'erreur de droit quant à l'articulation de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les services préfectoraux ont omis d'instruire la demande d'autorisation de travail déposée par son employeur en sa faveur ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, l'utilisation d'une fausse carte d'identité n'étant pas de nature à justifier un refus d'admission exceptionnelle au séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que son comportement n'est pas " en inéquation avec l'ordre public " ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation tant personnelle que professionnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires, signé à Dakar le 23 septembre 2006 et l'avenant à cet accord, signé à Dakar le 25 février 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dupuy-Bardot,
- les observations de Me Harabi substitué par Me Barbé, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sénégalais né le 12 mars 1980, est entré en France le
14 mai 2010, sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités espagnoles. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 2 février 2017, à laquelle il n'a pas déféré. Le
27 août 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Après avoir recueilli l'avis de la commission du titre de séjour, laquelle s'est prononcée défavorablement à la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. A, par un arrêté du 7 avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-1827 du 19 juillet 2021, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives du 19 juillet 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. C B, sous-préfet du Raincy, à l'effet de signer les décisions prises en matière de police des étrangers, lorsqu'elles concernent des ressortissants résidant dans l'arrondissement du Raincy. Par un arrêté n° 2021-2773 du 13 octobre 2021, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives du 14 octobre 2021, le préfet a consenti cette même délégation à M. Mame-Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B. Par suite, dès lors que la commune de Noisy-le-Grand, où a indiqué résider M. A, est située dans l'arrondissement du Raincy, et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 42 de l'article 4 de l'accord du
23 septembre 2006 susvisé : " Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d'une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant : - soit la mention "salarié" s'il exerce l'un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l'Accord et dispose d'une proposition de contrat de travail ; / - soit la mention "vie privée et familiale" s'il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Les stipulations du paragraphe 42 de l'accord du 23 septembre 2006, dans sa rédaction issue de l'avenant signé le
25 février 2008, renvoyant à la législation française en matière d'admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière rendent applicables à ces ressortissants les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet, saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière, est conduit, par l'effet de l'accord du
23 septembre 2006 modifié, à faire application des dispositions de l'article L. 435-1 du code.
5. S'il ressort des mentions de l'arrêté en litige que le préfet a examiné la demande de titre de séjour " salarié " présenté par M. A sur le fondement des articles 4 et 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995, comme il lui était loisible de le faire alors même que la demande de M. A n'était pas présentée sur ce fondement, il a également, après avoir visé le décret n° 2009-1073 du 26 août 2009 portant publication de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires signé à Dakar le 23 septembre 2006, examiné la demande de régularisation de la situation de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers en considérant que sa situation professionnelle ne permettait pas, au regard des motifs exceptionnels qu'il avançait, son admission au séjour. Le requérant n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet n'aurait pas examiné sa demande de titre de séjour " salarié " présentée au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 de la convention franco-sénégalaise du
1er août 1995 : " Pour un séjour de plus de trois mois, () les ressortissants sénégalais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis d'un visa de long séjour et des justificatifs prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation. ". Aux termes de l'article 5 de cette même convention : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : / 1. D'un certificat de contrôle médical établi dans les deux mois précédant le départ et délivré : / - en ce qui concerne l'entrée en France, par le consulat de France compétent, après un examen subi sur le territoire sénégalais devant un médecin agréé par le consulat en accord avec les autorités sénégalaises ; / () 2. D'un contrat de travail visé par le ministère du travail dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil. ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, le préfet, qui a examiné la demande de titre de séjour de séjour de M. A notamment sur le fondement des articles 4 et 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995, a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement au motif qu'il ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par les services de la main d'œuvre étrangère ni du certificat médical exigés par les stipulations précitées. Si M. A soutient qu'il a transmis au préfet une demande d'autorisation de travail remplie par son employeur et que le préfet ne pouvait rejeter sa demande de titre de séjour sans instruire celle-ci, le préfet pouvait, pour le seul motif tiré de ce que M. A ne disposait pas du certificat médical exigé par les stipulations précitées, légalement refuser de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement, et n'était donc pas tenu d'instruire sa demande d'autorisation de travail avant de rejeter sa demande de titre de séjour.
8. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de M. A. En particulier, si le préfet n'a pas fait état, dans la décision attaquée, du contrat de travail à durée indéterminée qu'il a conclu le
4 janvier 2021 avec la société Maintenance Industries, il ressort des pièces du dossier, et notamment des fiches de paye afférentes à cet emploi transmises par l'intéressé, que celui-ci a pris fin le 12 mars 2021, soit moins de trois mois après sa conclusion, et que M. A n'était titulaire d'aucun emploi à la date de la décision attaquée.
9. En cinquième lieu, pour rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail présentée par M. A, le préfet a relevé que sa situation professionnelle ne permettait pas, au regard des motifs exceptionnels qu'il avançait, son admission au séjour. Le préfet, qui a relevé que l'expérience professionnelle de M. A depuis 2020 avait été permise par l'utilisation d'une fausse carte d'identité italienne, pouvait, sans commettre d'erreur de droit, prendre en compte cette circonstance dans le cadre de l'appréciation à laquelle il doit se livrer pour prononcer une admission au séjour à titre exceptionnel. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. En sixième lieu, le préfet a relevé dans son arrêté que M. A avait produit, à l'appui de sa demande, une promesse d'embauche renseignée par un ancien employeur pour occuper un poste d'agent de service sous couvert d'un contrat de travail à durée déterminée. Si le requérant soutient que le préfet a ainsi entaché sa décision d'une erreur de fait, alors qu'il avait fourni un contrat de travail à durée indéterminée avec la société Maintenance Industries, ce dernier avait pris fin dès le 12 mars 2021 ainsi qu'il a été dit au point 8, et M. A avait fourni, à l'appui de sa demande de titre de séjour, une demande d'autorisation de travail remplie par cette même société pour un emploi similaire sous couvert d'un contrat de travail à durée déterminée, pouvant être regardée comme valant promesse d'embauche. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de fait.
11. En septième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire et sans charge de famille, vit en France depuis l'année 2010. Si deux de ses frères résident en France sous couvert de cartes de résident, il ne justifie pas de la nécessité de leur présence à ses côtés alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Sénégal, où résident cinq autres membres de sa fratrie. En outre, l'insertion professionnelle de M. A en qualité d'agent de service depuis l'année 2020 apparaît récente au regard de la durée de sa présence en France, et a été acquise grâce à l'utilisation d'une fausse carte d'identité italienne. Enfin, la commission du titre de séjour a émis un avis défavorable à sa régularisation en relevant notamment que sa seule insertion professionnelle avait été permise par l'usage d'une fausse carte d'identité et qu'il disposait de liens familiaux au Sénégal. Dans ces conditions, le préfet n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que le requérant ne justifiait pas de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires de nature à permettre la régularisation exceptionnelle de son séjour.
12. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Au regard de la situation personnelle et familiale de M. A telle que décrite au point 11, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En dernier lieu, si le préfet a relevé que le comportement de M. A était " en inadéquation avec l'ordre public " dès lors qu'il avait fait usage d'une fausse carte d'identité ainsi que de deux bulletins de salaire et d'un courrier à en-tête de la direction générale des finances publiques " d'allure douteuse ", le requérant contestant cette dernière accusation non étayée par le préfet qui n'a pas produit de mémoire en défense, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs tirés, d'une part, de l'absence de certificat médical obligatoire nécessaire à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles 4 et 5 de la convention franco-sénégalaise et, d'autre part, de l'absence de motifs exceptionnels ou humanitaires justifiant une mesure de régularisation. Par suite, même à la supposer inexacte, cette qualification est, en tout état de cause, sans influence sur la légalité de la décision attaquée.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, le requérant ne démontre pas l'illégalité de la décision portant refus de séjour et n'est donc pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre serait illégale par voie d'exception.
17. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qui fait suite à un refus de titre de séjour, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision de refus de titre qui, ainsi qu'il a été dit, est suffisamment motivée.
18. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté pour les même motifs relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant que ceux mentionnés aux points 11 et 13.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ". Enfin, l'article L. 613-2 du même code prévoit que les décisions d'interdiction de retour sont motivées.
20. Si la décision prononçant une interdiction de retour à l'encontre de M. A sur le territoire français vise, en droit, les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne vise pas l'article L. 612-10 de ce code et, surtout, se borne, en fait, à indiquer, après avoir rappelé la circonstance qu'un étranger obligé à quitter le territoire français sans délai fait l'objet d'une interdiction de retour pour une durée maximale de trois ans, que " l'examen d'ensemble de la situation " de l'intéressé " a été effectué " et qu'il " ne justifie pas de circonstances humanitaires empêchant l'édiction d'une interdiction ". Ce faisant, alors que la durée d'une interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, le préfet n'a pas fait état, de manière suffisamment circonstanciée, des éléments de la situation de l'intéressée au vu desquels il a fixé à deux ans la durée de l'interdiction de retour. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans édictée à l'encontre de la requérante est donc insuffisamment motivée.
21. Dans ces conditions, le requérant est fondé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à son encontre, à demander l'annulation de la décision d'interdiction de retour.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il porte interdiction de retour pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
23. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai, n'implique aucune mesure d'exécution demandée par le requérant. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par le requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 avril 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a interdit à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 10 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Romnicianu, président,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
M. Khiat, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
La rapporteure,
N. Dupuy-Bardot
Le président,
M. Romnicianu
La greffière,
S. Le Bourdiec
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026