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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2207357

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2207357

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2207357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantBIROLINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 4 mai et 25 août 2022, M. A B, représenté par Me Birolini, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1.200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

- est entachée d'une incompétence de son signataire ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un vice de procédure tenant au défaut de saisine de la commission du titre de séjour alors qu'il justifie de dix années de résidence habituelle sur le territoire ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- énonce à tort qu'il constitue une menace à l'ordre public ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale ;

- méconnaît article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 6 5 de l'l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

La décision l'obligeant à quitter le territoire français :

- est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- n'est pas suffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision refusant un délai de départ volontaire :

- est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est entachée d'erreur de droit dès lors que le préfet devait se prononcer expressément sur quatre critères ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet de la Seine-Saint-Denis, auquel les écritures de la partie requérante ont été communiquées, n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thobaty, rapporteur,

- et les observations de Me Birolini, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 12 avril 1964, a déposé une demande de certificat de résidence algérien le 16 septembre 2021 en sollicitant son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 4 avril 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il était susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Par une décision du 7 juin 2022, M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à être provisoirement admis à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. Par un arrêté n° 2021-1828 du 19 juillet 2021, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. Mame Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté doit être écarté.

5. La décision attaquée mentionne les éléments de fait et de droit qui la fondent. Le moyen tiré du défaut de motivation doit, par suite, être écarté.

6. Il ne résulte ni de la motivation de l'arrêté en litige, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis, pour se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé, n'aurait pas tenu compte de l'ensemble des éléments qui lui étaient soumis. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation doit être écarté.

7. Les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 111-2 du même code alors en vigueur, " sous réserve des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Dès lors, les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, ne sont pas applicables aux ressortissants algériens. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet aurait omis de saisir la commission du titre de séjour, dont la consultation est prévue à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant à l'application de ces dernières dispositions en l'espèce, doivent être écartés comme inopérants.

8. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il ressort des pièces du dossier que le préfet s'est prononcé sur la situation de l'intéressé dans le cadre de son pouvoir de régularisation. Ainsi, il lui appartient, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

9. En l'espèce, M. B soutient qu'il est entré en France le 1er février 2002, où résident ses deux enfants, désormais majeurs, et son petit-fils né sur le territoire, et se prévaut d'une activité associative en qualité de porte-drapeau de l'association des anciens combattants et prisonniers de guerre. Toutefois, le requérant ne justifie pas de sa présence habituelle sur le territoire pour la durée qu'il invoque et, notamment, pour les années 2011 à 2016. Par ailleurs, le préfet, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, pouvait à bon droit prendre en compte la condamnation de l'intéressé par le tribunal correctionnel de Bobigny le 8 février 2007 à trois mois d'emprisonnement avec sursis, pour entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France et soustraction à l'exécution d'une mesure de reconduite à la frontière, la condamnation par ce même tribunal le 24 juin 2010 à un mois d'emprisonnement, pour vol facilité par l'état d'une personne vulnérable et entrée ou séjour irrégulier d'un étranger en France, et celle 8 septembre 2017 à quatre mois d'emprisonnement avec sursis, pour vol par ruse dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en rejetant sa demande de titre de séjour, le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans le cadre de l'exercice de son pouvoir de régularisation.

10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance, 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. En l'espèce, M. B soutient être entré en France en 2002 et se prévaut d'une insertion personnelle sur le territoire, ainsi que de la présence de deux enfants majeurs et son petit-fils. Toutefois, le requérant, comme il a été rappelé au point 9, ne démontre pas l'ancienneté de son séjour en France et, notamment, qu'il y aurait séjourné habituellement entre 2011 et 2016. Par ailleurs, l'intéressé, âgé de 57 ans à la date de l'arrêté attaqué, est célibataire et ne justifie d'aucune insertion professionnelle. Dans ces conditions, alors même que ses deux enfants majeurs et son petit-fils résident sur le territoire français, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en rejetant sa demande de titre, le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de ce que le préfet a entachée sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire :

12. M. B n'établissant pas l'illégalité du refus de séjour, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision d'obligation de quitter le territoire, n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.

13. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants :() 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ;() ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".

14. Dès lors que la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée et que la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée sur son fondement, qui n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte, mentionne l'article L. 611-1 de ce code, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée doit être écarté.

15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.

En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :

16. M. B n'établissant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.

17. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision./ L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas./ Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants :/ 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;/ 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ;/ 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".

18. Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement () ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : "Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

19. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet d'un arrêté de reconduite à la frontière le 10 janvier 2006, puis de deux obligations de quitter le territoire français les 1er février 2010 et 6 janvier 2020. Dans ces conditions, le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 doit être regardé comme établi. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui a suffisamment motivé sa décision à ce titre, n'a pas n'a pas méconnu ces dispositions en refusant d'accorder au requérant un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

20. M. B n'établissant pas l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision lui interdisant le retour n'est pas fondée et doit, en conséquence, être écartée.

21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

22. Dès lors que l'obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de M. B n'a pas été assortie d'un délai de départ volontaire, il résulte de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet était tenu, sauf circonstances humanitaires, de prononcer une interdiction de retour. Eu égard aux circonstances de l'espèce rappelées plus haut, le préfet, qui n'était pas tenu se prononcer expressément sur les critères mentionnés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas méconnu les dispositions précitées en fixant la durée de l'interdiction de retour à deux ans, ni davantage commis d'erreur d'appréciation à ce titre ou porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale.

23. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de l'intéressé aux fins d'injonction, d'astreinte et d'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Toutain, président,

M. Thobaty, premier conseiller,

M. Puechbroussou, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

G. Thobaty Le président,

Signé

E. Toutain

La greffière,

Signé

S. Desplan

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2207357

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