vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207657 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | SCP ARENTS-TRENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mai 2022, M. B A, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte rendu de son entretien professionnel établis en 2022, portant sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que son entretien professionnel n'a pas eu lieu avec le brigadier-chef de police, qui était son supérieur hiérarchique direct ;
- la notation litigieuse a été prise à partir d'une fiche d'entretien incomplète, dès lors que l'ensemble des rubriques n'ont pas été renseignées, notamment ses compétences managériales ainsi que le cadre IV relatif au bilan d'activité de l'année écoulée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa notation a été abaissée de plusieurs points sans explications.
Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2024, le ministre de l'intérieur fait valoir qu'il n'est pas compétent pour défendre dans cette instance, la requête devant en l'espèce être communiquée au préfet de police de Paris en application de l'article R. 431-10 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet de police de Paris lequel n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 20 janvier 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Caro, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caro, magistrate désignée,
- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public,
- les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, gardien de la paix, affecté à la circonscription de sécurité publique (CSP) Clichy sous-Bois/Montfermeil depuis le 1er octobre 2021, demande au tribunal d'annuler le compte rendu de son entretien professionnel et sa notation établis en 2022 au titre de l'année 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En application des dispositions de l'article L. 521-1 du code général de la fonction publique : " L'appréciation de la valeur professionnelle d'un fonctionnaire se fonde sur une évaluation individuelle dont le compte-rendu lui est communiqué ". Aux termes de l'article
L. 521-2 du code général de la fonction publique : " Par dérogation à l'article L. 521-1, les statuts particuliers des corps de la fonction publique de l'Etat peuvent prévoir des modalités différentes d'appréciation de la valeur professionnelle.". Selon l'article 16 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " La notation des fonctionnaires actifs des services de la police nationale fait l'objet d'un ou plusieurs entretiens d'évaluation. Elle est établie annuellement (). Aux termes de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct () ". Selon l'article 4 dudit décret : " Le compte rendu de l'entretien professionnel est établi et signé par le supérieur hiérarchique direct du fonctionnaire. Il comporte une appréciation générale exprimant la valeur professionnelle de ce dernier. / Il est communiqué au fonctionnaire qui le complète, le cas échéant, de ses observations. / il est visé par l'autorité hiérarchique qui peut formuler, si elle l'estime utile, ses propres observations. ().
3. M. A soutient sans être contredit que son entretien professionnel au titre de l'année 2021 n'a pas été mené par son supérieur hiérarchique direct mais par un fonctionnaire de police de la circonscription de Clichy-sous-Bois/Montfermeil. Ce vice de procédure ayant été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision, ce moyen doit être accueilli.
4. Par ailleurs, M. A soutient que la notation litigieuse a été prise à partir d'une fiche d'entretien incomplète et conteste les appréciations négatives portées à son encontre selon lesquelles il n'aurait notamment pas tenu compte des remarques de sa hiérarchie envers laquelle il montrerait un manque de respect et de loyauté. Il ressort des pièces du dossier que la rubrique relative à l'évaluation des compétences managériales n'a pas été renseignée alors que M. A occupe les fonctions d'adjoint chef de groupe et chef de brigade et que cette rubrique était remplie avec la note de 6 dans son compte-rendu professionnel établi au titre de l'année 2020. En outre, la rubrique relative au bilan de l'activité de l'année écoulée n'a pas non plus été renseignée. Par ailleurs, M. A a fait l'objet, sur la période de référence précédente 2020, où il a exercé les fonctions de chef de groupe et adjoint du nouveau gradé chef de I'UTC12, en l'absence de gradés, de mentions très élogieuses louant notamment son professionnalisme, son implication, son sens policier. Sa hiérarchie a en particulier souligné que son expérience s'était révélée primordiale pour les jeunes recrues qui constituent l'essentiel de la brigade et qu'elle lui accordait sa confiance et l'encourage à postuler à l'examen de brigadier. Le préfet de police de Paris n'a produit aucun mémoire avant la clôture de l'instruction. En l'espèce, aucune pièce du dossier ne vient ainsi expliciter l'incomplétude du compte-rendu d'entretien professionnel et étayer les appréciations négatives portées contre M. A. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le compte rendu de son entretien professionnel et de sa notation établis en 2022, au titre de l'année 2021 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, le compte rendu de l'entretien professionnel et la notation établis en 2022, au titre de l'année 2021 doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. L'annulation du compte-rendu de l'entretien professionnel établis en 2022, au titre de l'année 2021 de M. A, en raison des motifs retenus, implique nécessairement à ce qu'il soit procédé à une nouvelle évaluation professionnelle de M. A au titre de l'année 2021, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à M. A de la somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Le compte rendu d'entretien professionnel et la notation établis en 2022 au titre de l'année 2021 de M. A, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de Paris de faire procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement à un nouvel entretien d'évaluation professionnelle de M. A au titre de l'année 2021.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de police de Paris et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
La magistrate désignée,
N. Caro
La greffière,
P. Demol
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026