mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | ATTALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2022, complétées par des pièces le 6 juin suivant, M. A, représenté par Me Attali, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, au besoin sous astreinte, de lui délivrer un titre de séjour ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est entaché d'une insuffisance de motivation en fait et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit, le préfet n'ayant pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- elle est entachée de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 février 2023 :
- le rapport de Mme H ;
- les observations de Me Attali, représentant le requérant.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant égyptien né en 1991, entré en France le 10 octobre 2010, selon ses déclarations, a sollicité, le 26 mai 2021, la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 13 avril 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2121-1835 du 19 juillet 2021, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme E D, directrice des étrangers et des naturalisations, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives au séjour et à l'éloignement des étrangers. Par un arrêté n° 2022-0291 du 7 février 2022, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis du 9 février suivant, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation de signature à Mme G F, cheffe du pôle refus de séjour et interventions, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E D, dont il n'est pas établi qu'elle n'aurait pas été absente ou empêchée lorsque l'arrêté litigieux a été pris, à l'effet de signer notamment ledit arrêté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application, en particulier l'article L. 435-1 sur le fondement duquel M. A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, et expose de façon suffisamment précise les considérations de faits sur lesquelles le préfet s'est fondé pour considérer que l'intéressé ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour, en particulier la circonstance qu'il n'établit pas sa présence en France durant les années 2013 à 2020, qu'il n'y dispose pas d'attaches familiales particulières et qu'il ne justifie d'aucune insertion professionnelle en France ni d'aucune perspective professionnelle. La décision de refus de titre de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et les moyens tiré de ce qu'elle serait entachée d'insuffisance de motivation ou de défaut d'examen doivent être écartés.
4. En troisième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
5. M. A soutient être entré en France en octobre 2010 et y résider depuis lors sans discontinuer, soit depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée, de telle sorte que le préfet ne pouvait statuer sur sa demande de titre de séjour sans avoir préalablement consulté la commission du titre de séjour. Toutefois, si le requérant produit un grand nombre de documents tels que des ordonnances, des comptes rendus médicaux, des courriers de divers organismes sociaux, médicaux, bancaires et de transport, des factures EDF et des relevés de comptes bancaires, qui attestent de sa présence habituelle en France durant les années 2011 à 2019, les pièces qu'il produit à l'appui des années 2020 et 2021, qui se composent exclusivement de factures de téléphonie et de quelques relevés bancaires, sont insuffisantes pour justifier du caractère effectif de sa résidence habituelle en France au cours de ces deux années les plus récentes. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas résider en France habituellement depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée ne pouvait intervenir sans saisine préalable de la commission du titre de séjour. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'établit pas sa présence habituelle en France durant les années 2020 et 2021, ainsi qu'il résulte de ce qui a été dit au point 5, qu'il est en outre célibataire et sans charge de famille et ne se prévaut d'aucune attache personnelle ou familiale sur le territoire français ni d'aucune insertion sociale spécifique. S'il justifie avoir travaillé en qualité de maçon entre décembre 2017 et août 2018 et disposer d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée à temps plein au poste de responsable de chantier signée le 25 mai 2021, ces éléments ne démontrent pas une insertion professionnelle d'une qualité et d'une intensité particulière. Compte tenu de ce qui précède, c'est sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 435-1 du code précité que le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu estimer que le requérant ne justifiait pas de motif exceptionnel ou humanitaire pour prétendre à la régularisation de son séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, notamment dans le cadre de l'application de ces dispositions, doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se retrouve dans les cas suivants : " () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ".
9. M. A s'étant vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, c'est à bon droit que le préfet a pu, en application des dispositions précitées, l'obliger à quitter le territoire français. Il ressort en outre de la lecture de la décision attaquée que le préfet a pris cette décision après avoir procédé à l'examen de la situation personnelle de M. A. Il ne ressort ni de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet se serait cru en situation de compétence liée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
10. En deuxième lieu, M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
11. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
12. Si M. A soutient que l'arrêté litigieux le place dans une situation d'insécurité juridique, cet argument est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée qui fixe le pays à destination duquel le requérant pourra être éloigné d'office. En tout état de cause, le requérant ne se prévaut d'aucune circonstance permettant de penser qu'il pourrait être soumis à des peines ou traitement inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 13 avril 2022. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles demandant de mettre à la charge de l'État les frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 14 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Thébault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.
La rapporteure,
S. H
Le président,
C. Tukov La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026