mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2207926 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | EXPERTON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, M. B A, représenté par Me Experton, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 mars 2022 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Seine-Saint-Denis a autorisé son licenciement pour motif disciplinaire ;
2°) de condamner la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois à lui verser la somme de 5 567,42 euros au titre de l'indemnité légale de licenciement, la somme de 8 097,84 euros au titre de l'indemnité sans cause réelle et sérieuse, la somme de 5 000 euros au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés, la somme de 10 000 euros au titre des salaires non versés du fait de la mise à pied injustifiée, la somme de 10 021,32 euros au titre de la violation du statut protecteur et la somme de 2 000 euros au titre des dommages et intérêts en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi, à parfaire à la date du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'autorisation de licenciement est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la matérialité des faits pour lesquels sont licenciement a été autorisé n'est pas établie ;
- les faits retenus par l'inspectrice du travail ne sont pas constitutifs d'une faute d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement ;
- son licenciement est disproportionné par rapport aux faits qui lui sont reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2023, la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois, représentée par Me Geller, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, d'une part, que les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles relèvent de la compétence du juge judiciaire et, d'autre part, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, d'une part, que les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors qu'elles relèvent de la compétence du juge judiciaire et, d'autre part, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Bernabeu ;
-les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique.
M. A, la DRIEETS d'Ile-de-France et la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois le 18 juin 2018 en qualité de préparateur de commandes. Elu membre du comité économique et social le 12 juin 2019 au sein de cette société, il y est promu en qualité de chef d'équipe à compter du 1er janvier 2021. Par un courrier du 14 janvier 2022, la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois a sollicité l'autorisation de licencier M. A auprès de l'inspecteur du travail. A défaut de réponse dans les deux mois suivant la saisine de l'inspection du travail, une décision implicite de rejet est née le 17 mars 2022. Par une décision du 24 mars 2022, l'inspectrice du travail a, d'une part, retiré la décision implicite de refus du licenciement pour faute de M. A et, d'autre part, autorisé le licenciement pour motif disciplinaire de l'intéressé. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'exception d'incompétence :
2. Les conclusions de la requête relatives à la condamnation de la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois au versement de sommes au titre de l'indemnité légale de licenciement, de l'indemnité sans cause réelle et sérieuse, de l'indemnité compensatrice de congés payés, des salaires non versés au titre de la mise à pied conservatoire, de la violation du statut protecteur et de dommages et intérêts tendent à engager la responsabilité d'une personne morale de droit privée et, partant, ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.
3. Par suite, il y a lieu de faire droit à l'exception d'incompétence soulevée par les défendeurs et de rejeter ces conclusions comme étant portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article R. 2421-12 du code du travail, applicable aux membres du personnel du comité social et économique d'une entreprise : " La décision de l'inspecteur du travail est motivée ".
5. Il ressort de la lecture de la décision litigieuse que cette dernière vise les dispositions des articles L. 2411-1, L. 2421-3, L. 2421-4 et R. 2421-8 du code du travail dont elle fait application. En outre, l'inspectrice du travail rappelle les griefs invoqués par la société à l'encontre du salarié protégé et détaille l'ensemble des pièces fournies par la société ainsi que les allégations de M. A. Elle en conclut que les faits rapportés revêtent une gravité suffisante pour justifier le licenciement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, pour ce motif, être écarté.
6. D'autre part, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
7. Pour accorder l'autorisation de licenciement sollicitée, l'inspectrice du travail de l'unité départementale de la Seine-Saint-Denis a retenu que M. A avait eu un différend avec un autre salarié au cours duquel l'intéressé a porté des coups à ce dernier et a tenté de poursuivre l'altercation malgré l'interposition d'autres salariés venus les séparer.
8. M. A, qui admet avoir saisi son collègue par le col pour le ramener à la raison et avoir eu " une réaction avec son bras pour se protéger l'amenant à effleurer du doigt M. C de façon involontaire " lors de son entretien préalable, soutient néanmoins que la matérialité des faits ne serait pas établie dès lors qu'il n'aurait pas porté de coups à l'encontre de son subordonné lors de l'altercation. Il ressort toutefois tant du procès-verbal de la réunion extraordinaire du comité social et économique du 12 janvier 2022 que des différentes attestations concordantes de salariés présents lors de l'altercation, dont il n'est pas établi qu'elles auraient été produites en vue de lui nuire, que M. A a eu une attitude violente et a frappé son collègue lors des événements du 7 décembre 2021. A cet égard, la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois produit la déclaration d'accident de travail, ainsi que les arrêts de travail subséquents, attestant de l'existence de contusions notamment à la tête et sur le corps de M. C, à la suite de son altercation avec le requérant. En outre, M. A ne conteste pas que plusieurs salariés se sont interposés entre lui et son collègue pour mettre fin à l'altercation qui s'est néanmoins poursuivie. Par suite, les griefs retenus à l'encontre de M. A sont établis.
9. Eu égard tant à la gravité des faits qu'aux circonstances dans lesquelles ils se sont déroulés, et quand bien même M. A n'aurait pas été à l'origine de l'altercation et qu'il n'aurait pas fait l'objet auparavant de reproches ou de sanctions de sa hiérarchie, les griefs retenus à son encontre sont de nature à constituer une faute d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision litigieuse.
Sur les frais d'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions indemnitaires présentées par M. A sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France et à la société Stef Logistique Aulnais-sous-Bois.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Baffray, président,
M. Marias, premier conseiller,
M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
Le rapporteur,
S. Bernabeu
Le président,
J.-F. BaffrayLa greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026