mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2208101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 mai 2022 et 22 décembre 2023, l'association Blanc-Mesnil Sport Judo, représentée par Me Delarue, demande au tribunal :
1°) d'étendre la médiation en cours, conduite par M. C D, médiateur désigné par l'ordonnance de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Montreuil du 27 avril 2022, à la présente instance ;
2°) d'annuler la délibération n° 2022-03-05 du 17 mars 2022 du conseil municipal de la commune du Blanc-Mesnil approuvant le budget primitif 2022 en tant qu'elle ne lui accorde une subvention de fonctionnement que de 10 000 euros ;
3°) d'enjoindre à la commune du Blanc-Mesnil, à titre principal, de lui verser la subvention demandée ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de subvention pour l'année 2021/2022 dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune du Blanc-Mesnil la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la délibération attaquée est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation et d'un détournement de pouvoir, en tant qu'elle constitue une discrimination et une rupture d'égalité à son encontre et qu'elle s'appuie sur des motifs étrangers à l'intérêt général.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2023, la commune du Blanc-Mesnil, représentée par Me Cazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de l'association Blanc-Mesnil Sport Judo en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et demande au tribunal de prononcer la suppression, en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative, des passages injurieux, outrageants et diffamatoires contenus dans les écritures de l'association Blanc-Mesnil Sport Judo.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 décembre 2023.
Un mémoire en défense, présenté pour la commune du Blanc-Mesnil a été enregistré le 10 janvier 2024, après la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Benmerad, substituant Me Cazin, représentant la commune du Blanc-Mesnil.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Blanc-Mesnil Sport Judo (BMSJ) est une association créée le 31 juillet 2001 ayant pour objet la pratique du judo-jujitsu, du kendo et d'autres disciplines régies par la Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées, ainsi que d'autres activités sportives. Par une délibération n° 2022-03-05 du 17 mars 2022, le conseil municipal de la commune du Blanc-Mesnil a approuvé le budget primitif 2022 et a notamment octroyé à l'association BMSJ une subvention de fonctionnement d'un montant de 10 000 euros. L'association BMSJ demande l'annulation de la délibération du 17 mars 2022 du conseil municipal du Blanc-Mesnil en tant que la commune ne lui accorde une subvention de fonctionnement que de 10 000 euros.
Sur la demande de médiation :
2. Aux termes de l'article L. 213-1 du code de justice administrative : " La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction ". Selon l'article L. 213-7 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif () est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci ".
3. Par une ordonnance n° 2206506 du 27 avril 2022 de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Montreuil, un médiateur a été désigné dans les affaires liées nos 2107408, 2112832, 2114017 et 2204742. Cette médiation n'a pas abouti. Il n'y a donc plus lieu d'ordonner cette médiation dans le présent litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Si l'attribution d'une subvention par une personne publique ne constitue pas un droit, il appartient au juge administratif de contrôler qu'une telle décision n'est ni entachée d'erreur manifeste d'appréciation, ni prise dans un but étranger à l'intérêt général.
5. Il ressort des écritures en défense que, pour décider d'octroyer à l'association BMSJ une subvention d'un montant de 10 000 euros, la commune du Blanc-Mesnil s'est fondée sur le nombre d'adhérents licenciés de l'association.
6. D'une part, l'association requérante fait valoir que le motif de la délibération attaquée, par laquelle elle s'est vue attribuer une subvention inférieure d'un quart à sa demande initiale et inférieure de plus de 50 % aux subventions qu'elle a perçues jusqu'en 2021, n'est pas fondé. Il ressort des pièces du dossier que le montant de la subvention annuelle accordée par la commune à l'association BSMJ a diminué à partir de l'année 2021 passant d'une subvention d'un montant de 25 600 euros à un montant de 10 000 euros. Il ressort également des pièces du dossier que le nombre de licenciés de l'association BMSJ est en diminution depuis plusieurs années, en particulier à compter de l'année 2016/2017 et jusqu'à l'année 2019/2020 passant de 394 à 110 licenciés. Si le nombre de licenciés comptabilisé au cours de l'année précédant l'adoption de la délibération, à savoir l'année 2020/2021, a atteint 163 licenciés, cette augmentation reste faible par rapport aux années précédentes. Si l'association BMSJ fait valoir que la diminution du nombre de ses adhérents est liée au contexte sanitaire existant en France depuis le mois de mars 2020, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du motif de la délibération attaquée. Il en est de même de la circonstance, à la supposer établie, selon laquelle l'association auraient de bons résultats sportifs. Par ailleurs, l'association requérante ne peut utilement faire valoir qu'elle n'a pas communiqué au conseil municipal, préalablement à l'adoption de la délibération litigieuse, des informations sur son nombre d'adhérents en mettant en cause les conditions d'obtention de ces informations. Enfin, l'association requérante n'établit pas son allégation selon laquelle la commune n'aurait pas pris en compte, pour l'attribution des subventions aux autres associations sportives de la commune, leurs nombres des licenciés.
7. D'autre part, l'association fait valoir que la diminution de la subvention qui lui a été accordée révèle la volonté de la commune de l'ostraciser depuis que son nouveau président s'est présenté en 2015 aux élections départementales. Toutefois, l'association requérante n'établit pas, par les pièces qu'elle produit et compte tenu de ce qui a été exposé précédemment, que la diminution de la subvention qui lui a été attribuée aurait en réalité été motivée par cette candidature.
8. Enfin, l'association requérante soutient qu'elle fait l'objet d'une discrimination et d'une rupture d'égalité dès lors, d'abord que la commune du Blanc-Mesnil a favorisé l'association Etoiles sportive du Blanc-Mesnil (ESBM) judo, dont le directeur technique est depuis 2020 l'adjoint au maire à la culture de la commune. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les associations BMSJ et ESBM ne sont pas placées dans la même situation dès lors que le nombre de licenciés de l'association ESBM augmente depuis plusieurs années et, en particulier, qu'elle comptait 352 licenciés au titre de l'année 2020/2021. Cette différence de situation est en rapport avec l'objet de la subvention allouée par la commune au soutien des activités sportives de la ville. Ensuite, si elle fait valoir qu'elle a fait l'objet, de manière discriminatoire, d'un contrôle de ses comptes qui a eu pour conséquence la suspension de la subvention octroyée pour l'année 2021/2022, cette circonstance est postérieure à l'adoption de la délibération attaquée et dès lors sans incidence sur sa légalité.
9. Dans ces conditions, l'association BMSJ n'est pas fondée à soutenir que la délibération attaquée aurait été prise pour un motif qui ne serait pas d'intérêt général, ni qu'elle méconnaîtrait le principe d'égalité et serait entachée de discrimination ou d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération n° 2022-03-05 du 17 mars 2022 du conseil municipal de la commune du Blanc-Mesnil approuvant le budget primitif 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association BMSJ, n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction doivent donc être rejetées.
Sur la suppression des passages diffamatoires :
12. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : "Art. 41, alinéas 3 à 5.-Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. / Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts ()" ".
13. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil tendant à la suppression des quatre passages suivants figurant dans la requête du 17 mai 2022 : " En 2015, M. A s'est également présenté l'activité du club de sport " à la page 3, " Ce courrier, au début d'une année répondre [à] ce courrier " à la page 4, " Cependant, au cours de la séance du 1er avril 2021 d'un montant de 10 000 euros " à la page 4 et " La baisse de cette subvention aux élections départementales " à la page 9, qui n'excèdent pas les limites de la controverse entre parties dans le cadre d'une procédure contentieuse.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Blanc-Mesnil, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par l'association BMJS en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'association BMJS la somme sollicitée par la commune du Blanc-Mesnil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association BMSJ est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune du Blanc-Mesnil tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Blanc-Mesnil Sport Judo et à la commune du Blanc-Mesnil.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Deniel, présidente,
Mme Bazin, conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.
La rapporteure,La présidente,Mme BazinMme DenielLa greffière,Mme B
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2208101
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026