lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2209135 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DECLERCQ VANESSA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 31 mai 2022, enregistrée le 2 juin 2022 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal la requête présentée par M. C A.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 19 mai 2022, M. A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- il n'a pas été mis à même de présenter des observations préalables, en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'insuffisance de motivation ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 septembre 2022, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Parent a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant roumain né le 11 juin 1991, a fait l'objet d'un arrêté en date du 17 mai 2022, dont il demande l'annulation, par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 17 février 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de l'Essonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme B D, signataire de l'arrêté attaqué, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives à l'éloignement des ressortissants étrangers. Le moyen tiré du vice d'incompétence manque en fait et doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations avant le prononcé de la décision attaquée en méconnaissance des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de son audition par les services de police en date du 17 mai 2022 qu'il a eu la possibilité de présenter des observations sur son éloignement, ce qu'il a fait.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : /()/ 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société. ".
5. Il ressort des pièces du dossier et notamment des termes de l'arrêté attaqué que le préfet s'est fondé sur la menace à l'ordre public que représente M. A, en considération de son interpellation pour des faits de vol en réunion précédé de dégradation en date du 16 mai 2022, ainsi que de deux signalements pour des faits de vente à la sauvette et menaces ou chantage pour extorsion de fonds commis les 27 juin 2016 et 13 aout 2014. Si M. A conteste la matérialité des faits de vol en réunion, il résulte du procès-verbal de son audition par les services de police du 17 mai 2022 qu'il a reconnu ces faits. Par ailleurs, si l'intéressé fait valoir qu'il réside en France depuis 2011 et qu'il vit en concubinage avec la mère de son enfant qui est une compatriote, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations et ne conteste pas l'absence de droit au séjour de cette dernière, relevée par le préfet dans la décision attaquée, pas plus qu'il ne conteste n'exercer en France aucune activité ni percevoir aucun revenu. Ainsi, compte tenu de l'absence de tout élément d'intégration positive dans la société française démontré ou même allégué par le requérant, son moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, si M. A fait valoir qu'il réside en France depuis 2011 et qu'il vit en concubinage avec la mère de son enfant qui est une compatriote, il n'apporte aucun élément de nature à justifier ses allégations et il ne conteste pas l'absence de droit au séjour de cette dernière, pas plus qu'il ne conteste n'exercer en France aucune activité. Dans ces conditions, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale, le cas échéant, se reconstitue en Roumanie. Il s'ensuit que le moyen tiré par le requérant de ce que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté, de même que celui tiré de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, les tribunaux des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. Ainsi qu'il a été dit au point 7, alors que M. A ne justifie pas de la situation privée et familiale dont il se prévaut, et qu'en tout état de cause la décision attaquée n'aurait pas pour effet de séparer la cellule familiale qui pourrait se reconstituer en Roumanie, son moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ".
11. En premier lieu, le préfet a visé l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a mentionné qu'eu égard à la nature et à la gravité des faits reprochés à M. A, il est obligé de quitter le territoire français sans délai. La décision attaquée comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré par le requérant de ce qu'elle serait insuffisamment motivée doit être écarté.
12. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point 5, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 10 en refusant d'accorder à M. A un délai de départ volontaire pour quitter le territoire français.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation formulées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :
A. Myara, président,
M. Marias, premier conseiller.
Mme Parent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La rapporteure,
M. Parent
Le président,
A. Myara La greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026