vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2209422 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu :
- la requête, enregistrée le 9 juin 2022 sous le numéro n° 2209421, D laquelle M. A a demandé l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Ribeiro-Mengoli, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique tenue le 7 juillet 2022 à 14h00 en présence de M. Nzinga, greffier d'audience, le rapport de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan, a présenté une demande d'asile en France enregistrée en procédure " Dublin ". Le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé son transfert aux autorités suédoises D un arrêté du 16 septembre 2021 après que ces dernières ont accepté le transfert du requérant en Suède et la responsabilité de l'examen de sa demande d'asile le 23 juillet 2021. Le 23 janvier 2022, M. A, estimant la France désormais responsable de l'examen de sa demande d'asile, a demandé aux services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis l'enregistrement de sa demande d'asile. D un courrier électronique du 24 janvier 2022, l'administration a refusé d'enregistrer cette demande au motif que la France n'était pas responsable de l'examen de sa demande d'asile dès lors que le refus de M. A de se soumettre à un test " PCR " avant son embarquement pour la Suède, le 18 janvier 2022, avait conduit à ce qu'il soit regardé en situation de fuite, situation ayant eu pour effet de prolongé de douze mois supplémentaires le délai de transfert de six mois. D une ordonnance n° 2201743 du 22 février 2022, le juge des référés du Tribunal a suspendu l'exécution de la décision révélée D le courrier électronique du 24 janvier 2022 et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile. D un nouveau courrier électronique du 9 mars 2022, en réponse à une nouvelle demande présentée pour M. A tendant à l'enregistrement de sa demande d'asile D les autorités françaises, le préfet de la Seine-Saint-Denis a de nouveau indiqué que le requérant avait été placé en situation de fuite du fait de son refus de se soumettre à un test " PCR " le 18 janvier 2022 et qu'il s'était ainsi soustrait à la procédure, précisant encore qu'il ne serait pas procédé à la requalification de sa situation. D une ordonnance n°2203809, le juge des référés du Tribunal asuspendu l'exécution de cette nouvelle décision de refus d'enregistrer sa demande d'asile, révélée D le courrier électronique du 9 mars 2022. D une décision du 6 mai 2022, le directeur territorial de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se présenter à ces autorités. M. A demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision susvisée du 6 mai 2022.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () D la juridiction compétente ou son président () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon les termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies D le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. Le refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil en litige a pour conséquence de priver M. A de toutes ressources et porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts pour regarder la condition tenant à l'urgence comme satisfaite. Contrairement à ce que soutient l'OFII en défense, l'intéressé ne peut être regardé comme s'étant placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque, dès lors qu'il conteste sérieusement, dans ses écritures, qu'il n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
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En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
7. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ". Aux termes de l'article D. 521-12 de ce code : " Le préfet transmet sans délai à l'Office français de l'immigration et de l'intégration les informations relatives à la durée de validité des attestations de demande d'asile ainsi que l'état d'avancement des procédures de détermination de l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile et de transfert, en particulier les dates de fuite ou de transfert des intéressés ".
8. La décision en litige a été prise au motif que M. A n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en refusant de se soumettre à un test " PCR " le 18 janvier 2022 en vue de son transfert aux autorités suédoises le 20 janvier suivant. D une ordonnance n° 2203809 du 19 avril 2022 devenue définitive le juge des référés du Tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a estimé que M. A ne pouvait être regardé comme en fuite dans la mesure où il résulte des mentions du document produit D le préfet de la Seine-Saint-Denis que cette demande n'a pas été effectuée D le truchement d'un interprète de sorte que le refus imputé à M. A ne peut être regardé comme révélant une volonté délibérée de faire obstacle à la procédure, tout comme la circonstance que l'intéressé a déclaré lors de l'entretien du 16 septembre 2021 " refuser le transfert vers la Suède ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation entachant la décision de l'OFII parait, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sur la légalité de la décision contestée.
9. Il résulte de ce qui précède que la décision du 6 mai 2022 D laquelle le directeur général territorial de l'OFII a prononcé la cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A doit être suspendue.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. La présente décision implique nécessairement que l'Office français de l'immigration et de l'intégration accorde à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa situation. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder sans délai.
Sur les frais de l'instance :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me De Seze, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 500 euros à Me De Seze au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A D le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros lui sera versée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La décision du 6 mai 2022 D laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de d'accorder, sans délai, à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa situation.
Article 4 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 500 euros au titre des frais d'instance dans les conditions fixées au point 11.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Montreuil, le 8 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
N. C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026