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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2209846

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2209846

mercredi 3 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2209846
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantDE SEZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, M. A B, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de le rétablir dans ses droits aux conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter de leur cessation, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice et administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle est entachée de vices de procédure ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a été prise en méconnaissance de la directive 2013/33/UE et des dispositions des articles L. 551-15 et L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, l'OFII conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que le litige a perdu son objet dès lors qu'il a procédé au retrait de la décision du 2 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bernabeu a été lu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan né en 1999, est entré en France en 2021. Il a déposé une demande d'asile enregistrée au guichet unique le 19 juillet 2021. Par une décision du 23 juillet 2021, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a accordé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 2 juin 2022, l'OFII a refusé de le rétablir dans ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président [] ". Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

3. Postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'OFII a retiré la décision du 2 juin 2022 par une décision du 21 juillet suivant, sans qu'il apparaisse que la décision contestée ait pu produire des effets avant son retrait. Les conclusions de la requête à fin d'annulation, ainsi par conséquent que celles à fin d'injonction, ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

4. Si M. B a formulé des conclusions tendant à son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il n'a pas présenté de demande d'aide juridictionnelle, dans sa requête ou auprès du bureau d'aide juridictionnelle. Il n'y a pas lieu, dès lors, de faire droit à ces conclusions. Pour le même motif, son conseil ne peut demander qu'il soit mis à la charge de l'OFII une somme à lui verser au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 2 juin 2022 prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, ainsi que sur ses conclusions à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

M. Lacaze, premier conseiller,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.

Le rapporteur,

S. Bernabeu

Le président,

J.-F. BaffrayLa greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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