lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2210159 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BOAMAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2022, M. B A, représenté par Me Boamah, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 9 mai 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- en ce qui concerne l'urgence : elle est présumée dès lors que sa requête est dirigée contre une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour en cours de validité ; à supposer que l'urgence ne soit pas présumée, elle serait en tout état de cause établie dès lors que le refus de titre de séjour en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa vie privée et familiale ainsi qu'à son droit au travail, alors qu'il est le père de deux enfants français et subvient aux besoins de ces derniers ;
- en ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : cette décision est insuffisamment motivée ; sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen particulier ; l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu dès lors qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants français ; l'article L. 432-1 du même code a été méconnu, dès lors que ce texte vise le cas où la menace à l'ordre public est avérée et qu'en l'espèce il ne constitue pas une telle menace, n'ayant jamais été condamné et contestant les faits rapportés par le préfet, que ce dernier ne justifie pas ; le préfet a commis une erreur de droit dans l'application de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ; l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant a été méconnu ; l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été méconnu ; la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- la requête ne répond pas à la condition d'urgence requise ;
- le refus de titre de séjour en litige trouve son fondement dans les dispositions des articles L. 432-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substitués aux articles L. 421-1 et L. 435-1 du même code, visés à tort ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 15 juin 2022, sous le numéro 2209941, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté 9 mai 2022 par lequel a été prononcée la décision en litige.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Timera, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Boamah, représentant M. A, qui soutient, s'agissant de l'urgence, qu'elle est présumée en cas de refus de renouvellement de titre de séjour et qu'à défaut de présomption elle serait établie par les circonstances particulières dont il justifie dès lors qu'il a toujours travaillé tout en progressant dans sa situation professionnelle et que l'administration ne peut lui opposer une période de séjour irrégulière antérieure à la délivrance de ses titres de séjour et, s'agissant des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, d'une part, qu'il contribue à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants français, contrairement à ce qu'indique le compte rendu de la réunion de la commission du titre de séjour, l'attestation qu'il produit lui permettant de justifier valablement de cette contribution contrairement à ce qu'indique le préfet, d'autre part, qu'il conteste les faits mentionnés au traitement d'antécédents judiciaires qui lui sont reprochés, dès lors que de telles mentions peuvent provenir de simples déclarations et qu'il n'a jamais fait l'objet de poursuites.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. M. A, ressortissant Ghanéen né le 2 octobre 1986 à Accra, était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 4 mai 2021 délivrée au titre de sa qualité de parent d'enfant français. S'il soutient, qu'il a sollicité le renouvellement de ce titre, il résulte de l'instruction qu'il n'a présenté sa demande de renouvellement que le 17 mai 2021. Ainsi, à la date de présentation de cette demande le titre dont il avait bénéficié précédemment n'était plus valable. Dans ces conditions, la décision du 9 mai 2022 en litige, n'est pas un refus de renouvellement d'un titre de séjour en cours de validité mais constitue un refus de délivrance d'un nouveau titre de séjour. Il incombe donc au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution du refus de titre de séjour en date du 9 mai 2022, le requérant soutient que cette décision porte atteinte à sa vie privée et familiale dès lors qu'il est le père de deux enfants français, dont il s'occupe depuis leur naissance. Toutefois, alors qu'il est constant que le requérant ne réside pas avec ses enfants, ce dernier ne justifie pas de manière probante qu'il contribuerait à l'éducation de ses enfants, l'aide financière qu'il établit apporter à la mère de ses enfants ne constituant pas un élément suffisant à cet égard. Au demeurant, l'insuffisante implication du requérant dans la prise en charge de ses enfants est confirmée par le procès-verbal de la réunion de la commission du titre de séjour en date du 18 janvier 2022, que l'intéressé ne conteste pas sérieusement. En outre, le préfet a relevé que le requérant faisait l'objet d'inscriptions au ficher du traitement d'antécédents judiciaires pour des faits de violence sur mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime, commis du 1er janvier 2016 au 7 avril 2020. Compte tenu de ces circonstances, quand bien même le requérant établit occuper un emploi d'agent de surveillance, celui-ci ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir la suspension de l'exécution de la décision de refus de titre de séjour en litige, ni dès lors, de l'urgence requise. Il suit de là que la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions, sans qu'il y ait lieu de s'interroger sur l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 18 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé
D. C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026