lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2210576 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème chambre |
| Avocat requérant | BALONGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juin 2022, M. B A, représenté par Me Balonga, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juin 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte pluriannuelle à titre principal ou à défaut de réexaminer sa situation administrative, le tout, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent ;
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article 8 de la de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que sa présence est susceptible de constituer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête, au motif que ses moyens sont infondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 3 janvier 2023.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée au requérant par une décision du 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juin 2023 :
- le rapport de M. Tukov ;
- les observations de Me Balonga, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant congolais né en 1971, déclare être entré en France en 2003. Depuis le 3 janvier 2012, il s'est vu délivrer des titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de parent d'enfant français, dont le dernier était valable jusqu'au 12 juin 2021. Le 16 juin 2021, il en a sollicité le renouvellement et, par un arrêté du 1er juin 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui renouveler le titre dont s'agit.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, il ressort de l'examen de la décision en litige qu'elle comporte les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement et ne révèle aucun défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé. Elle vise notamment la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. A est entré en France en 2003 puis a obtenu des titres de séjour en qualité de parent d'enfant français à partir du 3 janvier 2012. Elle énumère également les différentes condamnations caractérisant la menace à l'ordre public invoquée. Elle vise enfin l'avis défavorable rendu par la commission du titre de séjour. La seule circonstance que l'arrêté précise que l'intéressé est célibataire et père de deux enfants dont un mineur, alors qu'il est père d'un enfant français, est sans incidence, dans les circonstances de l'espèce sur la légalité de la décision et ne saurait constituer un défaut de motivation. Dans ces conditions, et dès lors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation de l'intéressé, le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation personnelle de M. A doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Lorsque l'administration expose le motif lié à la menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à la demande de l'intéressé, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une première condamnation le 5 mai 2011, à 450 euros d'amende pour conduite sans permis par le tribunal correctionnel de Créteil. Le bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant comporte également mention d'une ordonnance pénale du 24 janvier 2017 infligeant à l'intéressé une amende de 500 euros pour des faits de même nature commis en 2016. Il a également fait l'objet d'une condamnation le 15 mars 2017, à 5 mois d'emprisonnement avec sursis et 1000 euros d'amende par une décision du tribunal de grande instance de Bobigny pour recel de bien provenant d'un vol, détention frauduleuse de plusieurs faux et conduite d'un véhicule sans permis ; il a de même fait l'objet d'une troisième condamnation le 22 janvier 2020, à six mois de prison pour escroquerie, recel de bien provenant d'un vol et détention frauduleuse de faux documents administratifs constatant un droit, une identité ou une qualité ou accordant une autorisation par décision du tribunal judiciaire de Paris. Par ailleurs, il est connu au traitement des antécédents judiciaires pour des faits de faux dans un document administratif constatant un droit, une identité, une qualité ou accordant une autorisation, recel de bien provenant d'un vol, usage de chèque contrefait ou falsifié et contrefaçon ou falsification de chèque le 30 janvier 2017 et pour des faits d'escroquerie, recel de bien provenant d'un vol, faux et usage de faux dans un document administratif constatant un droit, une identité, une qualité ou accordant une autorisation le 5 octobre 2020. Si le requérant se prévaut de l'ancienneté relative de ces faits, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, eu égard à son comportement et au caractère encore récent de sa dernière condamnation, considérer que la présence de l'intéressé en France constituait une menace actuelle à l'ordre public et refuser, pour ce motif, de lui délivrer un titre de séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. A fait valoir qu'il est père d'un enfant français mineur de nationalité française et qu'il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Cependant il n'établit pas, par la seule production d'un certificat de scolarité et d'une attestation de la mère de son enfant déclarant qu'il subvient aux besoins de celui-ci, participer à l'entretien et à l'éducation de son enfant, qui vit avec sa mère. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige porterait une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts en vue desquels elle a été prise et aurait méconnu l'intérêt supérieur de sa fille mineure. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celui tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est rejetée, y compris dans ses conclusions aux fins d'injonction et à celles relatives aux frais d'instances.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A, à Me Balonga et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tukov, président,
Mme Van Maele, première conseillère,
M. Doyelle, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
La rapporteure,
S. Van Maele
Le président,
C. Tukov La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026