vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2210604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MANCIPOZ |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 30 juin 2022, Mme D B, représentée A Me Mancipoz, demande au juge des référés :
1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 24 mars 2022 A laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 150 euros A jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- elle justifie de conditions particulières caractérisant l'urgence dès lors qu'elle travaille depuis huit mois et risque d'être privée de son emploi et ainsi d'être placée dans une situation de précarité matérielle et financière, alors qu'elle est la mère d'un enfant français avec lequel elle réside ;
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues, dès lors qu'elle est la mère d'un enfant français avec lequel elle réside et que le père de l'enfant, dont elle est séparée, contribue à l'entretien et à l'éducation de cet enfant sur lequel ils exercent tous les deux conjointement l'autorité parentale ;
- le préfet a méconnu l'obligation résultant de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de procéder à un examen de son droit au séjour au regard de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale des droits de l'enfant et, au surplus, a porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant, dès lors que ce dernier possède toutes ses attaches en France où il est en outre suivi médicalement ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- la requête n°2210599 A laquelle Mme B demande l'annulation de la décision du 24 mars 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 13 juillet 2022 à 10 heures, en présence de Mme Bakouma, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Mancipoz, représentant Mme B, qui précise que la demande de suspension ne porte que sur la décision de refus de titre de séjour et soutient, s'agissant de l'urgence, qu'elle est caractérisée dès lors que la requérante est la mère d'un enfant de trois ans et qu'elle est employée en tant qu'agent de service depuis le mois de novembre 2021 dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée et que son employeur lui a enjoint de régulariser sa situation au regard de son droit au séjour dans un délai d'un mois et, s'agissant du moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision, que la décision attaquée est entachée d'incompétence, d'un défaut de motivation, que le père de l'enfant de la requérante contribue à l'entretien de cet enfant A le versement d'une aide financière proportionnelle à ses ressources et qu'il rend visite à son enfant autant que possible, que le préfet n'a pas procédé à un examen de la situation de la requérante au regard de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et que ce texte a été méconnu dès lors que cet enfant possède toutes ses attaches et ses repères en France, qu'il est suivi médicalement pour des troubles rénaux et que l'intérêt supérieur de cet enfant est de demeurer auprès de ses deux parents.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante comorienne née le 30 mars 1989 à Foumboudzivouni aux Comores, a sollicité le 18 août 2020 la délivrance d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français. A un arrêté du 24 mars 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour en date du 24 mars 2022.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique visée ci-dessus : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée A la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B à titre provisoire au bénéfice d'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un " moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux " " quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision de refus de titre de séjour en litige, Mme B fait valoir que cette décision l'expose à être privée de son emploi et, dès lors, à une situation de précarité administrative et financière alors qu'elle est la mère d'un enfant de trois ans. Elle produit, au soutien de ses allégations, une lettre de son employeur en date du 23 juin 2022 lui notifiant la suspension de son contrat de travail en raison de l'expiration de son récépissé de demande de titre et lui enjoignant de régulariser sa situation administrative dans un délai d'un mois. Dans ces conditions, la requérante justifie de circonstances particulières de nature à établir que l'exécution de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour séjour porterait à ses intérêts une atteinte grave et immédiate justifiant la suspension sans délai de l'exécution de cette décision et, A voie de conséquence de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
6. En dépit de ce que soutient la requérante, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait porté une appréciation erronée sur la situation de Mme B en relevant qu'elle ne justifiait pas de la contribution effective à l'entretien et à l'éducation de son enfant de nationalité française A le père de ce dernier dans les conditions prévues A l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ne résulte pas davantage de l'instruction que le préfet aurait examiné la situation de Mme B au regard de l'intérêt supérieur de son enfant, alors notamment que l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale des droits de l'enfant, n'est pas visé dans l'arrêté attaqué. A suite, le moyen tiré de la méconnaissance A le préfet de l'obligation lui incombant, en application de l'article L. 423-8 précité, d'examiner le droit au séjour du demandeur au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant est, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
7. Il résulte de ce qui précède que, les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative étant satisfaites, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 24 mars 2022 A laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer un titre de séjour à Mme B, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, A la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ".
9. La présente ordonnance implique nécessairement que soit délivré à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. A suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à la requérante un tel récépissé valable jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond, sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
10. Il résulte du point 2 de la présente ordonnance que Mme B est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle. A suite, Me Mancipoz peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Mancipoz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Mancipoz d'une somme de 800 euros sur le fondement des dispositions précitées.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est provisoirement admise à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution de la décision du 24 mars 2022 A laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé la délivrance d'un titre de séjour à Mme B est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête au fond.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de remettre à Mme B un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sans délai à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'Etat versera à Me Mancipoz une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Mancipoz renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me Mancipoz.
Fait à Montreuil, le 15 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé
D. C La greffière,
Signé
D. Bakouma
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2210604
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026