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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2210825

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2210825

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2210825
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantHARIR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022, M. B... A... D..., représenté par Me Harir, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 4 mai 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident d’une durée de dix ans ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de résident d’une durée de dix ans dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
La décision est insuffisamment motivée ;
La décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation ;
La décision est entachée d’erreurs de droit.


La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Israël, premier conseiller, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.


Considérant ce qui suit :

1. M. A... D..., ressortissant bangladais né le 3 novembre 1985, est entré sur le territoire français le 15 octobre 2009. Il a sollicité, le 2 mars 2022 dans le cadre du renouvellement de son titre de séjour, la délivrance d’une carte de résident. Par une décision du 4 mai 2022, dont le requérant demande l’annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer la carte de résident demandée.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

2. Aux termes de l’article L. 426-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui justifie d’une résidence régulière ininterrompue d’au moins cinq ans en France au titre d’une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d’une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d’une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l’article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d’une durée de dix ans. / (…) ».

3. Pour refuser de délivrer à M. A... D... une carte de résident, le préfet de la Seine-Saint-Denis s’est fondé sur l’unique motif tiré de ce que le requérant ne présentait pas de ressources stables, régulières et suffisantes. S’il ressort des pièces du dossier que pour l’année 2018, les revenus mensuels nets moyens perçus par le requérant étaient légèrement inférieurs au salaire minimum interprofessionnel de croissance mensuel net pour cette année, en revanche, il établit, pour les années 2017 et 2019 à 2021, avoir perçu des revenus mensuels nets moyens, égaux ou supérieurs au montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance mensuel net. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant travaille depuis le mois de juin 2021 sous couvert d’un contrat à durée indéterminée, en qualité de chef de partie pour l’entreprise Marie Kautz en contrepartie d’une rémunération mensuelle brute moyenne supérieure au montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance mensuel brut pour 2021 et 2022. Il s’ensuit, au regard de son parcours, traduisant une évolution favorable de sa situation, ainsi que des garanties de stabilité de ses ressources, que le requérant justifie de ressources propres, stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis, en refusant de délivrer à M. A... D... une carte de résident de dix ans pour ce motif, a entaché sa décision d’une erreur d’appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que M. A... D... est fondé à demander l’annulation de la décision du 4 mai 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer une carte de résident de dix ans.

Sur les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte :

5. Eu égard au motif d’annulation retenu, l’annulation de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 4 mai 2022 implique nécessairement que cette autorité, ou tout autre préfet territorialement compétent, délivre à M. A... D... une carte de résident dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État (préfet de la Seine-Saint-Denis) le versement à M. A... D... d’une somme de 1 100 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






























D É C I D E :


Article 1er : La décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 4 mai 2022 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A... D... une carte de résident dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’État (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera à M. A... D..., une somme de 1 100 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... D... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l’audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Delamarre, présidente,
- M. Israël, premier conseiller,
- Mme Caldoncelli-Vidal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.


La présidente-rapporteure



A-L Delamarre


L’assesseur le plus ancien



D. Israël


La greffière,



M. C...

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout autre préfet territorialement compétent en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution du présent jugement.




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