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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2210848

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2210848

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2210848
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantBONNIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2022, Mme B A, représentée par Me Bonnin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 avril 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des

articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- " la " décision contestée est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle méconnait l'article 6, 5° de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marias, premier conseiller,

- les observations de Me Bonnin pour la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne née le 16 février 1976, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 20 avril 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination auprès duquel elle pourra être reconduite.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Mme A ayant été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 27 juin 2022, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur le surplus des conclusions :

4. Par un arrêté n°2022-0220 du 7 février 2022, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. Mame Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy, en cas d'absence ou d'empêchement du sous-préfet du Raincy, pour ce qui concerne les décisions prises en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions en litige doit être écarté.

5. Si Mme A se prévaut de sa résidence continue sur le territoire français depuis le 31 juillet 2015, de la situation régulière de ses parents au regard du droit au séjour, de l'activité professionnelle - d'ailleurs discontinue - de son époux et de la scolarisation de ses enfants, elle ne fait état d'aucune circonstance de nature à faire obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale en Algérie, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 39 ans, accompagnée de ses enfants et de son époux, lui-aussi en situation irrégulière sur le sol français. Par suite, la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français n'ont méconnu ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni, en tout état de cause, l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

6. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, l'interdiction de retour sur le territoire français durant deux ans n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A n'est pas fondée et doit être rejetée en toutes ses conclusions.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Bonnin et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Baffray, président,

- M. Marias, premier conseiller,

- M. Bernabeu, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.

Le rapporteur,

H. Marias

Le président,

J.-F. BaffrayLa greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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