lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2211227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | TARDIEU GALTIER LAURENT DARMON ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires, enregistrés les 8 juillet et 28 juillet 2022, et les 27 février, 12 septembre et 22 septembre 2023, la société civile immobilière (SCI) Equinix Real Estate et la société par actions simplifiées (SAS) Equinix France, représentées par Me Walker, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel le maire de Saint-Denis a délivré un permis de construire précaire à la société Cémex Bétons Ile-de-France pour l'édification temporaire d'une centrale de production de béton prêt à l'emploi d'un volume de malaxage inférieur ou égal à 3 m³, sur une parcelle située 64 boulevard Anatole France, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2022 du maire de Saint-Denis portant arrêté rectificatif de l'arrêté de permis de construire précaire délivré le 10 janvier 2022 à la SAS Cémex Bétons Ile-de-France ;
3°) de rejeter les conclusions de la commune de Saint-Denis et de la société Cemex Bétons Ile-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ;
4°) de mettre à la charge solidaire de la SAS Cémex Bétons Ile-de-France et de la commune de Saint-Denis une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles doivent être regardées comme soutenant, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- les arrêtés attaqués sont entachés d'un défaut de motivation, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ;
- ils méconnaissent les dispositions de l'article L. 433-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet ne répond pas à une nécessité caractérisée autorisant la délivrance, à titre exceptionnel, d'un permis de construire précaire ; qu'il déroge de manière disproportionnée aux règles d'urbanisme applicables, notamment celles relatives aux emplacements réservés et aux locaux de stockage des déchets ; que les méconnaissances des règles d'urbanisme relevées par le service instructeur sont trop mineures pour justifier la délivrance d'un permis de construire précaire ;
- ils sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation quant au caractère temporaire du projet ;
- ils méconnaissent les dispositions des articles L. 433-2 et R. 433-1 du code de l'urbanisme, en l'absence de prescription tendant à ce que le demandeur établisse, à ses frais, et contradictoirement, un état descriptif des lieux, et en l'absence d'indication du délai à l'expiration duquel le pétitionnaire doit enlever la construction autorisée ;
- ils méconnaissent les prescriptions de l'avis émis par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 23 décembre 2021 au titre de la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) ;
- ils méconnaissent les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que les émanations de poussière de la centrale à béton perturbent le fonctionnement du data centre qu'elles exploitent ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet, dès lors qu'il ne comporte pas le document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 556-1 du code de l'environnement et de l'article R. 431-16 n) du code de l'urbanisme ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2022, la commune de Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé, et demande au tribunal, dans l'hypothèse où les permis de construire attaqués seraient annulés, de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans l'attente de la délivrance d'un permis de construire définitif.
Par des mémoires en défense, et des pièces complémentaires, enregistrés les 31 janvier, 31 mars, 25 octobre et 27 novembre 2023, la SAS Cémex Bétons Ile-de-France, représentée par Me Azeroual, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé et demande au tribunal, dans l'hypothèse où les permis de construire attaqués seraient annulés, de surseoir à statuer, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans l'attente de la délivrance d'un permis de construire définitif, et de mettre à la charge des sociétés requérantes une somme de 8 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Deux mémoires en défense, enregistrés le 19 octobre 2023 pour la société pétitionnaire et le 23 octobre 2023 pour la commune de Saint-Denis, n'ont pas été communiqués.
La clôture de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du 8 avril 2024.
Des pièces complémentaires, enregistrées le 30 mai 2024 pour les sociétés requérantes, n'ont pas été communiquées.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,
- les observations de Me Walker, représentant les sociétés requérantes, de Me Lecordier, représentant la société Cémex Bétons Ile-de-France et de Mme A, représentant la commune de Saint-Denis.
Une note en délibéré a été enregistrée le 24 juin 2024 pour la société pétitionnaire.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 janvier 2022, le maire de Saint-Denis a délivré un permis de construire précaire à la société Cémex Bétons Ile-de-France pour l'édification temporaire d'une centrale de production de béton prêt à l'emploi d'un volume de malaxage inférieur ou égal à 3 m³. La SCI Equinix Real Estate et la SAS Equinix France demandent l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté, ainsi que de l'arrêté du 16 décembre 2022 du maire de Saint-Denis portant arrêté rectificatif de l'arrêté de permis de construire précaire du 10 janvier 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique () ". Aux termes de l'article L. 433-1 de ce code, dans sa rédaction alors applicable : " Une construction n'entrant pas dans le champ d'application de l'article L. 421-5 et ne satisfaisant pas aux exigences fixées par l'article L. 421-6 peut exceptionnellement être autorisée à titre précaire dans les conditions fixées par le présent chapitre. / Dans ce cas, le permis de construire est soumis à l'ensemble des conditions prévues par les chapitres II à IV du titre II du présent livre ". Aux termes de l'article L. 433-2 de ce code : " L'arrêté accordant le permis de construire prescrit l'établissement aux frais du demandeur et par voie d'expertise contradictoire d'un état descriptif des lieux. / Il peut fixer un délai à l'expiration duquel le pétitionnaire doit enlever la construction autorisée. Un décret en Conseil d'Etat précise les secteurs protégés dans lesquels la fixation d'un délai est obligatoire () ". Aux termes de l'article L. 433-3 du même code : " Le bénéficiaire du permis de construire ou son ayant droit doit enlever sans indemnité la construction et remettre, à ses frais, le terrain en l'état : / a) A la date fixée par le permis () ". Aux termes de l'article R. 433-1 du même code : " L'arrêté accordant un permis de construire à titre précaire comporte obligatoirement l'indication du délai à l'expiration duquel le pétitionnaire doit enlever la construction autorisée dans les cas suivants : / a) Lorsque le terrain d'assiette du projet n'est situé ni dans une zone urbaine, une zone à urbaniser ou un emplacement réservé délimités par un plan local d'urbanisme ni dans un secteur constructible délimité par une carte communale ; / b) Ou lorsque le terrain est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques ou le périmètre d'une opération de restauration immobilière créé en application des articles L. 313-4 à L. 313-14 du code de l'urbanisme, dans un site inscrit, dans un site classé ou en instance de classement en application des articles L. 341-1 et suivants du code de l'environnement ".
3. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 421-6 et L. 433-1 du code de l'urbanisme que l'objet d'un permis de construire précaire est d'autoriser, à titre exceptionnel, des constructions temporaires qui, sans respecter l'ensemble de la règlementation d'urbanisme applicable, répondent à une nécessité caractérisée, tenant notamment à des motifs d'ordre économique, social, culturel ou d'aménagement, et ne dérogent pas de manière disproportionnée aux règles d'urbanisme applicables eu égard aux caractéristiques du terrain d'assiette, à la nature de la construction et aux motifs rendant nécessaire le projet.
4. Le contrôle opéré par le juge administratif de l'existence d'une nécessité caractérisée autorisant la délivrance à titre exceptionnel d'un permis de construire précaire porte, non seulement sur les motifs d'ordre économique, social, culturel ou d'aménagement invoqués, mais aussi, eu égard aux caractéristiques inhérentes à un permis de construire, lequel constitue une autorisation d'occupation du sol, sur les caractéristiques du terrain d'assiette de la construction ainsi autorisée, au regard des contraintes résultant de la réglementation urbanistique applicable sur cette parcelle et sur l'ensemble du territoire de la commune.
5. Enfin, la remise en état du terrain en son état initial telle qu'exigée par les dispositions précitées des articles L. 433-3 et R. 433-1 du code de l'urbanisme implique que seules des constructions ayant vocation à être démolies dans un délai relativement bref fassent l'objet d'un permis précaire.
6. D'une part, en l'espèce, la commune de Saint-Denis fait valoir un motif d'aménagement du territoire, selon lequel le projet est " nécessaire à la réalisation des projets devant être réalisés aux alentours car elle est destinée à servir d'approvisionnement aux besoins de construction locaux " et qu'il " revêt un intérêt pour le territoire communal, notamment au vu des très nombreux projets d'aménagement du territoire en cours en vue des jeux olympiques et paralympiques de 2024 ". Il ressort des pièces du dossier que la parcelle terrain d'assiette du projet est implantée en zone UA, qui regroupe les grandes zones d'activité économique à dominante d'activités du secteur secondaire ou non tertiaires, et dont l'objectif est de dynamiser les zones d'activités, et est partiellement grevée d'un emplacement réservé d'une surface de 2 637 m², pour la création d'une voie nouvelle (ERPC 143) par les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Plaine Commune, alors en vigueur. Toutefois, la nécessité d'aménagement du territoire qui justifierait l'utilisation de la parcelle pour l'implantation d'une centrale à béton et des locaux sociaux et techniques afférents, pour une durée de deux ans et dix mois, non-conforme à l'affectation du sol, destinée, pour plus de la moitié de la surface de la parcelle, à un projet de voirie, n'est nullement caractérisée par les considérations très générales invoquées en défense. Par suite, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir que la commune de Saint-Denis ne justifie pas de l'existence d'une nécessité caractérisée permettant de recourir au permis de construire précaire en application des dispositions de l'article L. 433-1 du code de l'urbanisme.
7. D'autre part, si le permis de construire précaire a été accordé jusqu'au 30 novembre 2024, et qu'il prévoit la remise en l'état initial de la parcelle, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'aucun état des lieux contradictoire décrivant l'état initial du terrain n'a été établi aux frais de la société Cémex Bétons Ile-de-France avant le commencement des travaux, alors que cet état des lieux doit permettre de connaître précisément l'état des lieux avant travaux, afin d'autoriser à titre précaire un projet qui a vocation à disparaître. Il ressort également des pièces du dossier que, dès le 14 décembre 2022, soit moins d'un an après la délivrance du permis de construire précaire, la société pétitionnaire a sollicité la délivrance d'un permis de construire définitif afin de pérenniser la centrale à béton sur la parcelle et que, par un arrêté du 19 juin 2023, soit, bien avant l'expiration du délai à l'expiration duquel la centrale aurait dû être enlevée, le 30 novembre 2024, la commune de Saint-Denis a accordé le permis de construire définitif, autorisant également, au surplus, la végétalisation de la parcelle sur une partie du périmètre de l'emplacement réservé ERPC 143 à destination de voirie. Dans ces circonstances, et quand bien-même l'implantation de la centrale et des locaux afférents sur la parcelle diffèrent entre le permis de construire précaire accordé le 10 janvier 2022, et le permis de construire accordé le 19 juin 2023, la construction autorisée ne se justifie qu'en vue de la satisfaction d'un besoin permanent, et est, par suite, manifestement incompatible avec l'obligation fixée au pétitionnaire de démolir entièrement cette installation et de remettre en son état initial le terrain d'assiette à l'expiration d'un délai de seulement deux ans et dix mois. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir qu'en autorisant le projet à titre précaire, le maire de Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel le maire de Saint-Denis a délivré un permis de construire précaire à la société Cémex Bétons Ile-de-France pour l'édification temporaire d'une centrale de production de béton prêt à l'emploi d'un volume de malaxage inférieur ou égal à 3 m³, sur une parcelle située 64 boulevard Anatole France, ensemble la décision portant rejet implicite de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté, et de l'arrêté du 16 décembre 2022 portant arrêté rectificatif de l'arrêté de permis de construire précaire du 10 janvier 2022.
9. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation ou la suspension, en l'état du dossier ". Aucun autre moyen n'est susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
10. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'un permis de construire définitif a été accordé à la société pétitionnaire le 23 juin 2023 afin de pérenniser l'installation de la centrale à béton. Dès lors, les vices relevés par le présent jugement, tirés de ce que les arrêtés litigieux ne répondent à aucune nécessité caractérisée, tenant notamment à des motifs d'ordre économique, social, culturel ou d'aménagement, de recourir au permis de construire précaire, et de ce que le maire de Saint-Denis a commis une erreur manifeste d'appréciation en autorisant le projet à titre précaire, ne sont pas susceptibles d'être régularisés, et il n'y a pas lieu de mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme. Par suite, les permis de construire contestés doivent être annulés dans leur totalité.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis et de la société Cemex Bétons Ile-de-France, respectivement, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les sociétés requérantes et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 10 janvier 2022 par lequel le maire de Saint-Denis a délivré un permis de construire précaire à la société Cémex Bétons Ile-de-France, ensemble la décision portant rejet implicite du recours gracieux dirigé contre cet arrêté, et l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le maire de Saint-Denis a délivré un permis de construire précaire " rectificatif " à la société Cémex Bétons Ile-de-France, sont annulés.
Article 2 : La commune de Saint-Denis et la société Cemex Bétons Ile-de-France verseront aux sociétés requérantes, respectivement, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-Denis et de la société Cemex Bétons Ile-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions de la société Cemex Bétons Ile-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Equinix Real Estate, à la société par actions simplifiées Equinix France, à la commune de Saint-Denis et à la société Cemex Bétons Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Albert Myara, président,
- M. Emmanuel Laforêt, premier conseiller,
- Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
M. Hardy
Le président,
A. Myara
Le greffier,
L. Dionisi
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026