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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2211353

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2211353

lundi 2 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2211353
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 12 juillet 2022 et 11 avril 2023, M. H G, Mme L B, M. I C, M. F E, M. J A, représentés par Me Menard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Bagnolet a délivré à M. D K un permis de construire modificatif portant sur la desserte incendie de logements situés sur un terrain sis 161, avenue Pasteur, sur le territoire de sa commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bagnolet une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet ne présente pas les caractéristiques adaptées à la mise en œuvre de la lutte contre l'incendie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, la commune de Bagnolet, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à M. D K qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Myara, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,

- et les observations de Me Menart représentant les requérants, présents, et les observations de Me Santangelo représentant la commune de Bagnolet.

Considérant ce qui suit :

1. Par un premier jugement avant dire droit n° 1911500 du 2 décembre 2020, le tribunal administratif de Montreuil a sursis à statuer sur les conclusions de la requête de M. H G et autres tendant à l'annulation de l'arrêté du 26 avril 2019 par lequel le maire de la commune de Bagnolet a délivré à M. D K un permis de construire, valant permis de démolir, sur un terrain situé 161 avenue Pasteur, et procédé à un supplément d'instruction sur la question de savoir si le bâtiment situé en milieu de parcelle serait accessible aux services d'incendie et de secours dans des conditions permettant de garantir la sécurité de ses occupants. Par un second jugement n° 1911500 du 5 mai 2021, le tribunal a annulé l'arrêté du 26 avril 2019 en tant que la localisation du bâtiment situé en milieu de parcelle ne présente pas des caractéristiques adaptées à la mise en œuvre de la lutte contre l'incendie en méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par un arrêté du 17 mai 2022, le maire de la commune de Bagnolet a délivré à M. K un permis de construire modificatif portant sur la modification de la desserte incendie. Par la présente requête, M. G et autres demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

3. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux prévoit la surélévation en R+1 d'un bâtiment situé à l'alignement de l'avenue Pasteur ainsi que la création d'un bâtiment en R+2+C, comprenant deux logements situés en milieu de parcelle, à près de quarante mètres de la voie publique, dont l'accès se fait uniquement à partir d'un cheminement interne traversant le rez-de-chaussée du bâtiment situé sur rue. Les requérants soutiennent que le permis de construire modificatif en litige prévoit un cheminement d'une largeur de seulement un mètre quarante et qu'il est rétréci en deux endroits, à une largeur de 90 centimètres, par la présence de cloisons inamovibles. Il ressort des pièces du dossier que la brigade des sapeurs-pompiers de Paris a par un précédent avis, daté du 15 janvier 2021, expressément subordonné son caractère favorable à l'aménagement d'un passage vers ce bâtiment de 1,80 mètre, avec une largeur stabilisée de 1,40 mètre au minimum, et une pente inférieure ou égale à 10%. Il ressort toutefois du plan du rez-de-chaussée et du plan de coupe produit au dossier que les deux volées de marches situées dans le cheminement ont été remplacées par des rampes comportant une pente inférieure à 10%, que le passage permettant l'accès des services de secours à l'entrée du bâtiment et au bâtiment situé en fond de parcelle dispose désormais d'une largeur stabilisée de 1,40 mètre laissant un passage suffisant au services de secours. En outre, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, a émis un avis favorable au projet modifié le 11 avril 2022, dont elle a estimé qu'il remplissait les conditions de desserte des engins de lutte contre les incendies et de défense extérieure contre l'incendie après avoir constaté que le projet était pourvu de deux bouches incendie branchées sur le réseau d'eau assurant une pression de 60 m3/heure pendant deux heures. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

4. Enfin, les requérants ne peuvent utilement invoquer les dispositions de l'arrêté du 5 avril 2017 du préfet de police adoptant le règlement interdépartemental de défense extérieure contre l'incendie et auquel est annexé le guide technique précité, dès lors qu'il ne ressort d'aucune disposition ni d'aucun principe que les dispositions de cet arrêté, pris sur le fondement des articles L. 2213-32 et L. 2225-1 du code général des collectivités territoriales, seraient au nombre de celles dont il appartiendrait à l'administration d'assurer le respect lors de la délivrance d'un permis de construire. Le moyen tiré de la méconnaissance de cet arrêté et de ce guide technique doit donc être écarté comme inopérant.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Bagnolet a délivré à M. D K un permis de construire modificatif portant sur la modification de la desserte incendie de logements situés sur un terrain sis 161, avenue Pasteur, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Bagnolet qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants la somme de 1 500 euros, à verser à la commune de Bagnolet, au titre de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G et autres est rejetée.

Article 2 : Les requérants verseront une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la commune de Bagnolet en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. H G, Mme L B, M. I C, M. F E, M. J A, à M. D K et à la commune de Bagnolet.

Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Myara, président-rapporteur,

M. Laforêt, premier conseiller,

Mme Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

A. Myara

Le premier assesseur,

E. Laforêt

La greffière,

I .Dad

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2211353

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