mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2211474 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 8ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | CARBONETTO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2213905 du 6 juillet 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil le dossier de la requête présentée par Mme C B, représentée par Me Carbonetto.
Par cette requête, enregistrée le 28 juin 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juin 2022 par lequel le préfet de police a déclaré que son droit au séjour était caduc, l'a obligée à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée et lui a interdit de circuler sur le territoire pour une durée de vingt-quatre mois.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'une erreur de droit, d'un manque de base légale et sont entachées d'excès de pouvoir ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est porté une atteinte disproportionnée à ses droits, à sa situation personnelle et à sa vie familiale.
La requête a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu lors de l'audience publique, qui s'est tenue le 8 décembre à 9h30.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en l'absence des parties, après appel de leur affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante roumaine née le 2 juillet 1996 en Roumanie, demande l'annulation de l'arrêté du 26 juin 2022, par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée et lui a interdit de circuler sur le territoire pour une durée de vingt-quatre mois.
2. Si Mme B soutient que les décisions contestées sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle dès lors que l'arrêté ne mentionne pas les diligences accomplies pour la mettre en mesure d'apporter des pièces de nature à lui ouvrir un droit au séjour en France, elle n'indique pas quelles pièces elle aurait pu produire, ni a fortiori en quoi celles-ci auraient été de nature à influencer les décisions du préfet. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police aurait omis d'examiner effectivement la situation de la requérante et aurait ainsi entaché les décisions litigieuses d'erreur de droit.
3. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays de destination de la requérante, n'est assorti d'aucune précision ni d'aucune pièce de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé. Dans ces conditions, il ne peut qu'être écarté.
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". ".
5. Mme B fait valoir qu'elle réside en France avec son époux et ses trois enfants et produit les certificats de naissance de ces derniers, nés en Roumanie en 2016, 2017 et 2018. Toutefois, en se bornant à produire ces certificats de naissance, elle n'établit pas que ses enfants et son époux résident en France et, ainsi, que la mesure d'éloignement prononcée à son encontre porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. En tout état de cause, au vu du jeune âge de ses enfants et de l'absence de justificatif de l'intégration de son époux et de la requérante en France, rien ne s'opposerait à ce que la cellule familiale se reconstitue dans son pays d'origine. Par suite, au regard des buts en vue desquels elles ont été prises, les décisions litigieuses n'ont pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ; / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; () ". Aux termes de l'article L. 233-1 du même code : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () ".
7. Pour considérer que le droit au séjour de Mme B est caduc et ainsi l'obliger à quitter le territoire français, le préfet de police a retenu, d'une part, que son comportement constituait une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française et, d'autre part, qu'elle ne pouvait justifier de ressources suffisantes et se trouvait en situation de complète dépendance vis-à-vis du système d'assistance sociale français. Si la requérante conteste le premier motif, elle ne conteste pas le second et ne produit aucune pièce de nature à démontrer qu'elle exercerait une activité professionnelle en France ou qu'elle disposerait, pour elle et pour les membres de sa famille, qui seraient en France, d'après elle, de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie Dès lors que les conditions posées par l'article L. 251-1 sont alternatives, le préfet pouvait légalement, même sans établir que le comportement de Mme B représenterait une menace à l'ordre public, prendre la décision d'obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision est entachée d'une erreur de droit, d'un défaut de base légale et est entachée d'excès de pouvoir doit être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui s'insère dans le livre relatif aux dispositions applicables aux citoyens de l'Union européenne et aux membres de leur famille : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel ".
9. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à l'intéressée, le préfet a estimé qu'il y avait urgence à l'éloigner du territoire français dès lors que son comportement représente, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société française. Toutefois, la requérante conteste ce motif et le préfet, qui n'a pas répondu à la mesure d'instruction diligentée en ce sens, ne justifie pas de l'interpellation de Mme B pour des faits de vol en réunion ainsi que l'indique l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'illégalité.
10. Aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ". Aux termes de l'article L. 251-1 du même code : " L'autorité administrative compétente, peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour () ; 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société ; 3° Leur séjour est constitutif d'un abus de droit. () ". S'il ressort des termes de l'arrêté attaqué que la décision d'obligation de quitter le territoire français est fondée sur le 1° et le 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet ne pouvait légalement se fonder que sur le 1° de cet article dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, il n'établit pas que le comportement de Mme B représenterait une menace à l'ordre public dans les conditions fixées au 2° de l'article L. 251-1. Ainsi, Mme B n'entrait dans aucun des cas mentionnés à l'article L. 251-4 du code précité dans lesquels le préfet peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de circulation sur le territoire français Par suite, elle est fondée à soutenir que cette décision est entaché d'un défaut de base légale.
11. Il résulte de ce qui précède que seules les décisions refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de circulation sur le territoire français doivent être annulées. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les autres décisions de l'arrêté attaqué doivent, en revanche, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 26 juin 2022 est annulé en tant seulement qu'il refuse un délai de départ volontaire à Mme B et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de 24 mois.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
L. A La greffière,
Signé
I. Dad
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026