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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2211486

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2211486

jeudi 1 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2211486
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2212844/1-3 du 13 juillet 2022, le tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête présentée par Mme B A.

Par cette requête, enregistrée le 14 juin 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 20 septembre 2022 et qui n'ont pas été communiquées, contenant des observations complémentaires, Mme D B A demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juin 2022 par laquelle la directrice de l'institut d'enseignement à distance (IED) de l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis a rejeté sa candidature au diplôme d'université " Criminologie IED ".

Elle soutient que :

- ses diplômes de licence et de maîtrise en psychologie sociale ne lui étaient pas réclamés au moment de son inscription ;

- l'université avait nécessairement accès à ces données ;

- elle a immédiatement fourni ses diplômes de licence et de maîtrise en psychologie après le courriel du 13 juin 2022.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2022, l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 novembre 2022 :

- le rapport de M. C,

- les conclusions de M. Terme, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, titulaire d'une licence de psychologie et d'une maîtrise en psychologie sociale obtenues à l'institut d'études à distance (IED) de l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et inscrite au titre de l'année universitaire 2022-2023 en deuxième année de licence en droit dans cette université, a également sollicité son inscription au diplôme universitaire de " Criminologie " de l'IED de cette université. Alors que par un courriel du 13 juin 2022 elle a été informée de la complétude de son dossier, la directrice de cet IED a, par une décision du même jour, refusé de l'admettre dans cette formation, au motif de l'incomplétude de son dossier, en particulier, de l'" absence des diplômes mentionnés et des relevés de note ". Mme B A demande l'annulation de cette décision.

2. La requérante conteste que ses diplômes et les relevés de notes des années antérieures devaient impérativement être fournis à l'appui de sa demande d'inscription, en se prévalant d'un extrait, selon elle, du formulaire en ligne de candidature indiquant, s'agissant d'une " copie de vos relevés de notes des années antérieures (pour les M1 : relevés L1, L2, L3 et pour les M2 relevé de M1), à la fois la mention " non concerné " et la mention " concerné par cette pièce ". Cependant, il ressort des pièces du dossier qu'une liste, mise à disposition sur le site de l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, à la page relative au diplôme concerné, liste dont la requérante ne conteste pas l'opposabilité, indique en " pièces obligatoires " : " une copie de vos diplômes " et " une copie de vos relevés de notes ". Dans ces conditions, l'université pouvait légalement rejeter sa demande d'inscription pour " incomplétude " et ce quand bien même la requérante aurait eu droit à un " accès direct " à ce diplôme en raison de son obtention d'une licence en psychologie. La circonstance qu'elle a joint des copies de ses diplômes obtenus en psychologie, ainsi que certains relevés de notes, peu de temps après l'édiction du courriel litigieux, demeure sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse, tout comme la circonstance invoquée, mais non étayée par ailleurs, selon laquelle l'université aurait été en mesure de disposer elle-même de ses diplômes et relevés de notes.

3. Il suit de là que la requête de Mme B A doit être rejetée. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions relatives aux frais de l'instance présentées par l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B A et à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

M. Iss, premier conseiller,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

L. C

Le président,

Signé

L. GauchardLa greffière,

Signé

S. Jarrin

La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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