mercredi 7 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2211853 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2022 et des mémoires enregistrés les 30 août et 5 septembre 2022, la société Le Petit Veau LBM, représentée par Me Güner, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au maire de la commune du Blanc-Mesnil, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, d'adopter un arrêté de réouverture de l'établissement Le Petit Veau à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous réserve de vérifier au préalable que les conditions de réouverture sont toujours réunies à la date d'intervention de l'ordonnance ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Blanc-Mesnil la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la demande tendant à ce qu'il soit uniquement enjoint au maire d'ordonner l'adoption de l'arrêté de réouverture ne relève que du juge du référé mesures-utiles dans la mesure où les conditions subordonnant sa réouverture sont aujourd'hui levées ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le maintien prolongé de l'inexploitation de son établissement met en péril sa survie compte-tenu des 107 570,88 euros de dépenses engagées, du déficit d'exploitation que le seul mois d'activité n'a pas couvert, des investissements réalisés et du préjudice financier né de l'enlèvement et de la confiscation, dans des conditions d'ailleurs illégales, par la commune du mobilier extérieur ;
- la mesure sollicitée est utile en l'absence d'autre voie de droit et de procédure alternative permettant d'obtenir la réouverture de son établissement alors qu'elle satisfait aux conditions de réouverture et que le projet d'arrêté de réouverture a été rédigé par l'inspecteur et " mis à la signature " du maire du Blanc-Mesnil ;
- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, la commune du Blanc-Mesnil demande au juge des référés de rejeter la requête et de mettre à la charge de la société Le Petit Veau LBM la somme de 3000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête ne relèvent pas de l'office du juge des référés de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ; elle est, dès lors, irrecevable.
- en tout état de cause, la demande de référé est mal fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la consommation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 mai 2022, le maire de la commune de Le Blanc-Mesnil a décidé la fermeture de l'établissement Le Petit Veau LBM situé 12 mail Debré Berhant et a subordonné la reprise de son exploitation à la réalisation de l'intégralité des travaux mentionnés dans le rapport d'inspection sanitaire établi le 12 mai 2022, après un constat de leur réalisation par un inspecteur du service communal d'hygiène et de santé et l'édiction d'un arrêté de réouverture de l'établissement. La réalisation des travaux a été constatée par un procès-verbal d'huissier établi le 20 mai 2022 transmis à l'inspecteur qui en a accusé réception. La société Le Petit Veau LBM demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune du Blanc-Mesnil d'adopter l'arrêté de réouverture de l'établissement.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Selon l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. La satisfaction accordée à la mesure d'injonction demandée aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de l'arrêté du 16 mai 2022 par laquelle la commune du Blanc-Mesnil a ordonné la fermeture de l'établissement. Comme il a été dit au point 3, d'une part, en raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2, d'autre part, le juge, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par la société Le Petit Veau LBM sont irrecevables et peuvent être rejetées selon les modalités prévues à l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions de la requête tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'accorder à la commune du Blanc-Mesnil, la somme qu'elle demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Le Petit Veau LBM est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune du Blanc-Mesnil tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Le Petit Veau LBM et au maire de la commune du Blanc-Mesnil.
Fait à Montreuil, le 7 septembre 2022.
Le juge des référés,
Signé
L. Gauchard
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026