LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2212134

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212134

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2212134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantLANGLOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2022, et deux mémoires complémentaires enregistrés les 14 septembre et 13 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Langlois, demande au Tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle ou temporaire, portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de cette délivrance ou de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Langlois renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de preuve de la réalité de la saisine de la commission du titre de séjour et de l'existence d'un avis rendu par cette commission ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation au regard des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de la menace à l'ordre public que sa présence en France serait susceptible de constituer ;

- elle est entachée d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet ayant méconnu l'étendu de sa compétence en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est entachée de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, le préfet s'étant cru à tort en situation de compétence liée pour prononcer cette décision ;

- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est entachée de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est entachée de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du 9 mai 2022.

La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu le 2 novembre 2023.

Sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, une pièce a été demandée au préfet de la Seine-Saint-Denis, le 27 novembre 2023, pour compléter l'instruction. Le préfet a présenté cette pièce le 29 novembre 2023, qui a été communiquée à la requérante le 30 novembre 2023.

La requérante a produit un mémoire complémentaire, enregistré le 7 décembre 2023, qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Van Maele a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante sénégalaise née en 1983, est entrée en France, selon ses allégations, le 30 novembre 2010. Elle a bénéficié de titres de séjour en tant que parent d'enfant français entre 2013 et 2020. Elle a demandé, le 20 janvier 2020, le renouvellement de son dernier titre de séjour, expirant le 21 mars 2020. Par un arrêté du 24 septembre 2021, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de destination.

Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il a été fait application, en particulier l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 423-7 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement desquels Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, et expose de façon suffisamment précise les considérations de faits sur lesquelles le préfet s'est fondé pour considérer que l'intéressée ne remplissait pas les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour, en particulier la circonstance qu'elle n'établit pas contribuer à l'éducation et l'entretien de ses enfants de nationalité française. Le préfet a également pris en compte, contrairement à ce que soutient la requérante, sa durée de présence sur le territoire français, en indiquant qu'elle a déclaré y être entrée en 2010, et le fait qu'elle y a bénéficié de plusieurs titres de séjour entre 2013 et 2020. En outre, le préfet n'était pas tenu d'exposer l'ensemble des éléments relatifs à sa situation, et la circonstance que la décision ne mentionne pas, notamment, la présence de sa sœur en France, et la circonstance qu'elle souffre de troubles psychologiques, ce dont elle n'allègue au demeurant pas s'être prévalue devant le préfet, n'est pas de nature à caractériser une insuffisance de motivation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la lecture de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis n'aurait pas procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme A avant de prendre la décision attaquée.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 432-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable à la commission du titre de séjour : " Si la commission du titre de séjour régulièrement saisie n'a pas émis son avis à l'issue des trois mois qui suivent la date d'enregistrement de la saisine du préfet à son secrétariat, son avis est réputé rendu et le préfet peut statuer. ".

5. Il ressort du courrier du 16 avril 2021 adressé à la requérante par le secrétariat de la commission du titre de séjour, produit en défense, que le préfet de la Seine-Saint-Denis a saisi cette commission, à la suite de la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par l'intéressée, le 16 mars 2021. En l'absence de réponse dans le délai de trois mois à compter de sa saisine, la commission du titre de séjour est réputée avoir rendu son avis, conformément aux dispositions précitées, et le préfet pouvait alors régulièrement statuer. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise aux termes d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ou, le cas échéant, de l'absence d'émission d'avis de la part de cette commission, doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 316 du code civil : " Lorsque la filiation n'est pas établie dans les conditions prévues à la section I du présent chapitre, elle peut l'être par une reconnaissance de paternité ou de maternité, faite avant ou après la naissance ". Aux termes de l'article 311-25 de ce même code : " La filiation est établie, à l'égard de la mère, par la désignation de celle-ci dans l'acte de naissance de l'enfant. ".

7. Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ". Aux termes de l'article 375 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Si la santé, la sécurité ou la moralité d'un mineur non émancipé sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises, des mesures d'assistance éducative peuvent être ordonnées par justice () ". Aux termes de l'article 375-3 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Si la protection de l'enfant l'exige, le juge des enfants peut décider de le confier : / 1° A l'autre parent ; / () / 3° A un service départemental de l'aide sociale à l'enfance () ". Aux termes de l'article 375-7 du même code dans sa rédaction en vigueur : " Les père et mère de l'enfant bénéficiant d'une mesure d'assistance éducative continuent à exercer tous les attributs de l'autorité parentale qui ne sont pas inconciliables avec cette mesure () ". Aux termes de l'article 375-8 du même code : " Les frais d'entretien et d'éducation de l'enfant qui a fait l'objet d'une mesure d'assistance éducative continuent d'incomber à ses père et mère (), sauf la faculté pour le juge de les en décharger en tout ou en partie ". Il résulte de ces dispositions que la circonstance qu'un enfant de nationalité française a fait l'objet d'une mesure d'assistance éducative ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce que son père ou sa mère étrangers puisse obtenir un titre de séjour en tant que parent de cet enfant s'il contribue effectivement à son entretien et à son éducation conformément aux décisions de justice en définissant les modalités.

8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme A est la mère de deux enfants français, nés en 2012 et en 2018, de deux pères différents de nationalité française. S'agissant de sa fille française née en 2012, elle indique être séparée du père depuis 2014 et soutient que celui-ci en a obtenu la garde, tandis qu'elle-même se serait vue reconnaître un droit de visite et d'hébergement, par un jugement du juge aux affaires familiales qu'elle ne produit toutefois pas à l'instance. Si elle dit contribuer à l'éducation et à l'entretien de cette enfant à proportion de ses moyens financiers, les pièces qu'elle produit à l'appui de ses allégations, à savoir quelques photos, dont seulement trois la représentent aux côtés de sa fille, et une attestation du père rédigée neuf mois après l'édiction de la décision attaquée et indiquant en des termes très généraux que Mme A voit régulièrement sa fille à raison de deux après-midi par mois, ne permettent pas, à elles seules, à établir la réalité de la contribution alléguée. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que son fils né en 2018 est confié aux services de l'aide sociale à l'enfance (ASE) depuis le mois d'octobre 2019. Si la requérante soutient qu'elle participe à son entretien et à son éducation, les pièces produites au dossier, à savoir quelques photos, des courriers de la caisse aux allocations familiales et de l'assurance maladie mentionnant l'enfant comme étant à sa charge mais datant de janvier 2020 et avril 2019, et une ordonnance du juge pour enfant du 4 novembre 2020, prescrivant l'expertise psychiatrique de la requérante, indiquant " qu'elle rencontre régulièrement Matéo mais demeure en difficulté pour prendre en compte son fils, ses besoins et son individualité ", ne sont pas suffisantes pour établir la réalité de cette contribution. Si Mme A se prévaut en outre du fait qu'elle a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité de parent d'enfant français entre 2013 et 2020, cette circonstance n'est pas de nature à établir qu'elle remplirait les conditions d'octroi d'un tel titre de séjour à la date de la décision attaquée. S'il ressort enfin de l'ordonnance du juge pour enfant du 4 novembre 2020 prescrivant l'expertise psychiatrique de l'intéressée que Mme A pourrait être atteinte de troubles psychiatriques, elle ne produit toutefois aucune pièce de nature à établir l'existence de tels troubles qui l'empêcheraient de contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants français. Dans ces conditions, par les seuls éléments rappelés ci-dessus qu'elle produit devant le tribunal, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. D'autre part, il résulte des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, citées au point 6, que lorsque le demandeur du titre est parent d'un enfant reconnu par un ressortissant français, il doit démontrer, dans un premier temps, qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant et, dans un deuxième temps, que le parent français auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité contribue également à cet entretien ou produire une décision de justice relative à cette contribution. Lorsque la preuve de la contribution par l'auteur de la reconnaissance de maternité ou de paternité n'est pas rapportée ou lorsqu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour de l'étranger demandeur doit s'apprécier au regard du respect de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de son ou ses enfants.

10. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, pour refuser le renouvellement du titre de séjour de Mme A, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur l'absence de contribution de la requérante à l'entretien et à l'éducation de ses enfants français, en application de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette seule circonstance justifiait le refus de renouvellement du titre de séjour, et il n'appartenait dès lors pas au préfet de rechercher si les conditions prévues par l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étaient remplies. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-8 en ne procédant pas à l'examen de son droit au séjour au regard de l'intérêt supérieur de ses enfant français est inopérant et doit être écarté.

11. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". D'autre part, aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

12. Mme A se prévaut de ce qu'elle vit en France depuis 2010 et qu'elle y dispose d'attaches familiales fortes en la présence de ses trois enfants, dont deux de nationalité française, nés de trois pères différents en 2012, 2018 et 2021. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 8 que Mme Mme A n'établit pas contribuer effectivement à l'éducation et à l'entretien de ses enfants nés en 2012 et en 2018, tandis qu'il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'elle contribuerait à l'éducation et à l'entretien de son troisième enfant né en 2021, dont l'ordonnance du juge pour enfant ordonnant l'expertise psychiatrique de Mme A, en date du 4 novembre 2021, indique le placement auprès de l'aide sociale à l'enfance peu après sa naissance. Si la requérante se prévaut également de la présence en France de sa sœur, elle n'établit pas la nécessité de demeurer après de cette dernière, tandis qu'elle n'allègue pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans. Si elle fait également valoir qu'elle souffre de troubles psychologiques, elle n'établit pas que son état de santé nécessiterait sa présence en France. Enfin, elle ne justifie d'aucune intégration sociale ou professionnelle particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, nonobstant la durée et les conditions de séjour en France de l'intéressée, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise, ni que le préfet aurait méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de l'intéressée.

13. En sixième lieu, si Mme A se prévaut de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de l'intéressée ait été présentée sur le fondement de ces dispositions. Dans ces conditions, la requérante ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dernières, au regard desquelles le préfet n'était pas tenu d'examiner sa demande. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.

14. En septième lieu, il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet a considéré que la présence en France de Mme A était susceptible de constituer une menace pour l'ordre public, aux motifs que celle-ci a fait l'objet d'une condamnation à 300 euros d'amende avec sursis pour violence sur une personne chargée d'une mission de service public sans incapacité le 4 octobre 2018 et qu'elle est également connu des services de police pour soustraction d'enfant le 15 octobre 2019. Si la requérante, qui ne conteste pas la matérialité de ces faits, conteste en revanche l'appréciation portée par le préfet quant à la menace à l'ordre public qui en découlerait, il résulte de l'instruction que ce motif est surabondant et que le préfet aurait pris la même décision s'il ne l'avait pas pris en compte. Par suite, la circonstance qu'il a commis une erreur d'appréciation de cette menace est sans incidence sur la légalité de la décision contestée.

15. En huitième lieu, la circonstance que le préfet n'a pas pris en compte l'existence du troisième enfant de la requérante, né dix jours avant l'édiction de la décision attaquée, apparait en l'espèce sans incidence sur l'appréciation qu'il a portée sur la situation de Mme A au regard de son droit au séjour, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que cet enfant est né de sa relation avec un ressortissant ivoirien dont ni le droit au séjour ni la communauté de vie avec la requérante n'est établie, qu'il a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance peu après sa naissance et que la requérante ne produit aucune pièce de nature à justifier qu'elle contribuerait à l'éducation et à l'entretien de cet enfant. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait en mentionnant seulement ses deux enfants français doit être écarté.

16. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur de droit en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation à l'égard de la requérante.

17. Il suit de tout ce qui précède que les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour doivent être rejetées.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire :

18. En premier lieu, Mme A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.

19. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation de Mme A doivent être écartés.

20. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet, qui a procédé à l'examen de la situation personnelle de Mme A, se serait cru en situation de compétence liée pour prendre la décision en litige obligeant l'intéressée à quitter le territoire français.

21. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; / () ".

22. Mme A n'établit pas, ainsi qu'il a été dit au point 8, contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants français. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à se prévaloir des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit, par suite, être écarté.

23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

Sur la légalité de la décision fixant le délai de départ volontaire :

24. Aux termes de l'article L. 612-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

25. En premier lieu, Mme A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.

26. En deuxième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de motiver spécifiquement l'octroi du délai de départ volontaire quand celui-ci correspond à la durée légale fixée à trente jours. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision litigieuse serait insuffisamment motivée ne peut qu'être écarté.

27. En troisième lieu, si Mme A se prévaut de ce qu'elle vit en France depuis onze ans et qu'elle y dispose d'attaches familiales, ces circonstances ne sont pas de nature à justifier qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé, alors que le délai de départ volontaire a pour seul objet de permettre à l'intéressée d'organiser son départ et non d'accorder un droit provisoire au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

28. En quatrième lieu, le délai de départ volontaire ayant pour seul objet, ainsi qu'il vient d'être dit, de permettre à Mme A d'organiser son départ et non de lui accorder un droit provisoire au séjour, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant à l'encontre de cette décision en faisant valoir qu'elle la priverait de voir ses enfants au-delà du délai de trente jours. En tout état de cause, l'intéressée n'établit pas, ainsi qu'il a déjà été dit, contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :

30. En premier lieu, Mme A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

31. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, les moyens tirés de ce que la décision attaquée porte au droit de requérante au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée et méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants, garanti par le 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, doivent en tout état de cause être écartés.

32. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

33. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 24 septembre 2021. Ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles demandant de mettre à la charge de l'État les frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Langlois et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

Mme Van Maele, première conseillère,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.

La rapporteure,

S. Van Maele

La présidente,

N. Ribeiro-Mengoli La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou à tout préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions