vendredi 26 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2212232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2022, M. A C représenté par Me Pierre, demande au juge des référés du Tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 27 juin 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'urgence est constituée s'agissant d'une demande de renouvellement de son titre de séjour et compte tenu de la précarité sanitaire et professionnelle dans laquelle le place la décision litigieuse ;
- la légalité de la décision est entachée d'un doute sérieux en raison de l'incompétence de son auteur, d'une absence de motivation et d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que l'urgence n'est pas constituée et que les moyens de légalité sont infondés dès lors notamment que M. C a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assortie d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas exécutée.
Vu :
- la requête, enregistrée le 3 août 2022 sous le n° 2212234, tendant à l'annulation de la décision contestée.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 août 2022, en présence de Mme Capelle, greffière :
- le rapport de M. Le Garzic, juge des référés ;
- et les observations de Me Grolleau, substituant Me Pierre, pour le requérant, qui soutient qu'il peut se prévaloir d'éléments nouveaux depuis la mesure d'éloignement produite par le préfet.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien, a entendu solliciter le renouvellement de la carte de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " dont il était titulaire. Il a été convoqué à cette fin, par courrier du 20 juin 2022, à se présenter à la préfecture le 27 juin 2022, mais s'est vu opposer un refus d'enregistrement de sa demande, et a au demeurant été assigné le même jour à résidence pour une durée de six mois. M. C demande la suspension de l'exécution de la décision portant refus d'enregistrer sa demande.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que " dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions relatives à l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne la condition de l'urgence :
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu délivrer un premier titre de séjour en mars 2015 qu'il a régulièrement renouvelé jusqu'à l'obtention d'une carte de séjour pluriannuelle, dont la date de validité expirait le 4 juin 2021. Il en ressort en outre que M. C a été convoqué à deux reprises par les services de la préfecture pour présenter une demande de renouvellement de ce titre de séjour avant l'expiration de celui-ci, mais que ces rendez-vous ont été annulés par l'administration. Dès lors que la décision contestée fait obstacle à la poursuite de ce séjour régulier, et fait en outre obstacle à ce que l'intéressé puisse poursuivre son activité professionnelle ainsi qu'il résulte du courrier de son employeur du 25 août 2021, la condition de l'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture ". Aux termes de la première phrase du premier alinéa de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ".
7. Il résulte de ces dispositions que, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer et de délivrer le récépissé y afférent que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. La circonstance qu'un étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement qu'il lui appartient d'exécuter formule une demande de titre de séjour est de nature à révéler le caractère abusif ou dilatoire de sa demande, à moins que celle-ci soit fondée sur des éléments nouveaux.
8. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, qu'ainsi qu'il a été dit M. C a présenté une demande de titre de séjour au plus tard le 21 avril 2021, date du premier rendez-vous annulé par les services de la préfecture, de telle sorte que la circonstance qu'il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 27 juillet 2021, et non, au demeurant et ainsi que le fait valoir à tort le préfet, d'un refus d'admission au séjour, ne peut suffire à révéler le caractère abusif ou dilatoire de sa demande. Il en ressort également, d'autre part, que M. C a fait l'objet d'hospitalisations en urgence pour des troubles psychiatriques pendant une durée cumulée de plus de deux mois depuis l'arrêté du 27 juillet 2021 et peut ainsi se prévaloir d'éléments nouveaux depuis lors. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis a commis une erreur de droit en estimant que la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. C faisait obstacle à sa demande de renouvellement de titre de séjour, apparaît, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 27 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. La présente décision implique nécessairement, comme le demande le requérant, que le préfet de la Seine-Saint-Denis réexamine sa situation. Il y a en conséquence lieu de faire application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'y procéder, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que M. C devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Pierre, avocat, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. C, et sous réserve alors que Me Pierre renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de Mme B, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'exécution du refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. C du 27 juin 2022 est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de réexaminer la situation de M. C dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 4 : L'État versera une somme de 800 euros au titre des frais d'instance dans les conditions mentionnées au point 11.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Me Pierre, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil le 26 août 2022.
Le juge des référés,
Signé
P. Le Garzic
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026