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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2212654

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212654

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2212654
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSAS ITRA CONSULTING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2022, M. E A B, représenté par la SAS Itra Consulting, avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour sollicité ou à défaut de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit d'observations en défense.

La clôture de l'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- les code des relations entre le public et l'administration,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant gabonais, a sollicité le renouvellement du titre de séjour portant la mention " profession libérale " qui lui a été délivré pour la période du 5 août 2020 au 4 août 2021 sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 juillet 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté cette demande, l'a en outre obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de motivation :

2. La décision de refus de titre de séjour, qui mentionne les dispositions sur le fondement desquelles le requérant a présenté sa demande et expose avec précision sa situation familiale et professionnelle, comporte les considérations de fait et de droit qui constituent le fondement de chacune des dispositions qu'il comporte, au regard notamment des exigences de motivation de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

3. Aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " entrepreneur/ profession libérale " d'une durée maximale d'un an. ".

4. Le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé, pour refuser de renouveler le titre de séjour du requérant venant à expiration le 4 août 2021, sur la circonstance qu'il n'établissait pas le caractère économiquement viable de son activité au regard des déclarations de chiffre d'affaires produites pour la période de janvier à juin 2022. Le requérant, qui se borne à produire pour la période de septembre 2021 à juin 2022, six déclarations mensuelles de chiffre d'affaires allant de janvier à juin 2022 faisant état d'un chiffre d'affaires mensuel moyen de 1 500 euros, sans au surplus préciser les charges venant en déduction de ce chiffre d'affaires, autres que les cotisations et contributions auxquelles il est assujetti, n'établit pas qu'en estimant qu'il ne justifiait pas de l'exercice d'une activité économiquement viable, le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. Eu égard à ce qui a été dit au point 4 et alors que le requérant entré en France en mars 2018 afin d'y poursuivre des études, ne justifie d'aucune attache quelconque en France, il n'est pas fondé à soutenir que le refus de titre de séjour serait entaché d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

7. Eu égard à ce qui a été dit aux points 4 et 6, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée pour assortir le refus de titre de séjour d'une mesure d'éloignement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation. Il n'est pas davantage fondé à soutenir qu'elle doit être annulée en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour qui, ainsi qu'il a été dit, n'est pas établie.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 juillet 2022 et que sa requête doit dès lors être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

Mme Lunshof, première conseillère,

Mme Courneil, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.

La présidente-rapporteure,

N. D L'assesseure la plus ancienne dans l'ordre du tableau

M. C

La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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