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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2212661

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212661

lundi 2 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2212661
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS DOURDIN-ROBINET-FERAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et des mémoires enregistrés les 8 et 29 août 2022, les 5 et 20 décembre 2022 et le 19 janvier 2023, M. A D, Mme B E et la société Declic PR, représentés par Me Azoulay, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Montreuil a délivré à la société Arbage un permis de construire en vue de procéder à la démolition partielle, à la rénovation et à l'extension d'un bâtiment existant, afin d'y créer deux logements, et de créer deux open-spaces au sein d'un bâtiment existant en fond de cour sur une parcelle située 35 rue Diderot, ensemble la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;

2°) d'écarter l'application des dispositions de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montreuil et de la société Arbage le versement, par chacune d'elle, d'une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête n'est pas tardive, compte tenu notamment des modalités et de la durée de l'affichage sur le terrain du permis de construire, et qu'ils justifient d'un intérêt pour agir ;

- le permis de construire du 22 mars 2022 est entaché d'incompétence ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'inexactitudes, dès lors que la société pétitionnaire a indiqué que les surfaces existantes sont exclusivement destinées à un usage d'habitation ou de bureau ; qu'il s'agit d'un changement de destination officieux, et que, dans cette hypothèse, le maire était tenu de refuser de le permis de construire sollicité dans la mesure où le projet ne vient pas régulariser cette irrégularité, et ne rend pas la construction existante plus conforme aux dispositions règlementaires déjà méconnues ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article III. 1. e. du PLUi d'Est Ensemble, relatives au stationnement, dès lors que la dérogation qu'elles prévoient au bénéfice des bâtiments protégés de niveaux 1 et 2 au titre du patrimoine remarquable n'est pas applicable en cas de création d'une surface de plancher destinée à un usage de bureau et que des places de stationnement ainsi qu'un local à vélos auraient dû y être intégrés ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article III. 1. 2. du PLUi, dès lors que les extensions projetées, qui prévoient notamment la création de baies vitrées et de terrasses extérieures, par leurs caractéristiques et leur volume, remettent en cause les particularités architecturales de la construction existante située au 35 rue Diderot, qui constitue un élément de patrimoine de niveau 2 - protection forte - relevant de la catégorie " atelier - petite industrie " ;

- le projet méconnait les dispositions de l'article IV. 3. a. du PLUi relatives à l'aspect extérieur et à la protection du patrimoine bâti, dès lors que la construction projetée prévoit la création d'extensions d'une superficie de 30 m² situées en retrait de 3,40 mètres vis-à-vis de l'alignement, alors que les constructions doivent respecter une implantation à l'alignement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, la commune de Montreuil, représentée par Me Moghrani, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, à titre principal, que la requête est tardive et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Par des mémoires et des pièces complémentaires enregistrés les 10 et 21 novembre 2022, les 5 et 20 décembre 2022 et le 19 janvier 2023, la société Arbage, représentée par Me Feral, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner les requérants au versement d'une somme de 7 000 euros en application des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, de faire application des dispositions de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative, et de mettre à la charge des requérants une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient, à titre principal, que la requête est tardive et que les requérants n'ont pas intérêt pour agir, et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés par les requérants n'est fondé.

Un mémoire, enregistré le 2 février 2023 pour la société Arbage, n'a pas été communiqué.

Un mémoire, enregistré le 13 septembre 2023 pour les requérants, représentés par Me Hansen, postérieurement à la clôture de l'instruction, intervenue le 28 février 2023, n'a pas été communiqué.

Vu :

- l'avis envoyé aux parties, en date du 6 décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, informant les parties que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du premier semestre 2023 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 6 janvier 2023 ;

- l'ordonnance du 28 février 2023 portant clôture immédiate de l'instruction ;

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,

- les conclusions de M. Löns, rapporteur public,

- et les observations de Me Marx, représentant les requérants, de Me Safatian, représentant la commune de Montreuil, et de Me Feral, représentant la société Arbage.

Une note en délibéré a été enregistrée le 19 septembre 2023 pour les requérants, et le 21 septembre 2023 pour la société Arbage.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 22 mars 2022, le maire de la commune de Montreuil a délivré à la société Arbage un permis de construire en vue de procéder à la démolition partielle, à la rénovation et à l'extension d'un bâtiment existant, afin d'y créer deux logements, et de créer deux " open-spaces " au sein d'un bâtiment existant en fond de cour, sur une parcelle située 35 rue Diderot. M. D, Mme E et la société Declic PR demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C F, premier adjoint au maire et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de fonction et de signature du maire de Montreuil à l'effet de signer tout acte relatif à l'urbanisme, par arrêté du 8 juin 2020, dont il est constant qu'il a été transmis au contrôle de légalité et affiché le même jour, ainsi que le mentionne l'encart " SLO ", trigramme d'identification d'un dispositif homologué de télétransmission entre la préfecture et les collectivités locales. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme : " Lorsque le terrain d'assiette comporte des constructions, la demande précise leur destination, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28, leur surface de plancher et indique si ces constructions sont destinées à être maintenues et si leur destination ou sous-destination est modifiée par le projet ". Aux termes de l'article R. 151-27 de ce code : " Les destinations de constructions sont : / 1° Exploitation agricole et forestière ; / 2° Habitation ; / 3° Commerce et activités de service ; / 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics ; / 5° Autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire ". Aux termes de l'article R. 151-28 de ce code : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / 1° Pour la destination " exploitation agricole et forestière " : exploitation agricole, exploitation forestière ; / 2° Pour la destination " habitation " : logement, hébergement ; / 3° Pour la destination " commerce et activités de service " : artisanat et commerce de détail, restauration, commerce de gros, activités de services où s'effectue l'accueil d'une clientèle, cinéma, hôtels, autres hébergements touristiques ; / 4° Pour la destination " équipements d'intérêt collectif et services publics " : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, lieux de culte, autres équipements recevant du public ; / 5° Pour la destination " autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire " : industrie, entrepôt, bureau, centre de congrès et d'exposition, cuisine dédiée à la vente en ligne ". Aux termes de l'article R. 421-13 de ce code : " Les travaux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre du code de l'urbanisme à l'exception : / () Les changements de destination ou sous-destination de ces constructions définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 sont soumis à permis de construire dans les cas prévus à l'article R. 421-14 et à déclaration préalable dans les cas prévus à l'article R. 421-17 () ". Aux termes de l'article R. 421-14 : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / () c) Les travaux ayant pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment, lorsque ces travaux s'accompagnent d'un changement de destination entre les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 () / Pour l'application du c du présent article, les locaux accessoires d'un bâtiment sont réputés avoir la même destination que le local principal ".

4. D'autre part, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En l'espèce, le projet prévoit notamment la réalisation de locaux à usage de bureaux avec création d'une surface de plancher de 242 m² au sein d'un bâtiment situé en fond de parcelle, dont il ressort de l'acte de propriété versé aux débats qu'il comprend un bureau, un atelier et une réserve surélevée, et qu'il était, originellement, à " usage industriel ". D'une part, si les requérants soutiennent que les bâtiments du terrain d'assiette du projet abritaient originellement un garage automobile, et que la destination du bâtiment situé en fond de parcelle à retenir est, par conséquent, celle de " Commerce et activités de service ", il ressort des pièces du dossier que le bâtiment situé à l'alignement n'abrite toutefois plus aucune activité commerciale depuis de nombreuses années, et est actuellement à destination de logement, et que le bâtiment situé en fond de parcelle, qui était originellement l'accessoire du garage automobile, n'abrite actuellement aucune activité commerciale et ne peut, dès lors, eu égard à ses caractéristiques et à la circonstance qu'il ne présente aucun lien fonctionnel avec le bâtiment à destination de logement implanté à l'alignement, être regardé comme un local accessoire de ce dernier. D'autre part, si le dossier de demande de permis de construire indique que la destination des surfaces existantes avant travaux au sein de ce bâtiment à usage industriel est exclusivement à usage de bureaux, alors que les plans du dossier de demande indiquent qu'il s'agit d'un entrepôt, et que la notice descriptive du projet mentionne qu'il s'agit d'un " local d'activité ", les dispositions des articles R. 151-27 et R. 151-28 précitées classent ce bâtiment, qu'il soit à usage industriel ou à usage de bureaux, au sein de la destination et de la sous destination " Autres activités des secteurs primaires, secondaire ou tertiaire ", incluant à la fois l'industrie, les entrepôts et les bureaux. Enfin, à supposer-même qu'un changement de destination soit intervenu, ce dernier n'était, en tout état de cause, pas soumis à la délivrance d'un permis de construire, en l'absence de modification des structures porteuses ou de la façade de la construction, dès lors que la seule modification de l'aspect extérieur du bâtiment situé en fond de parcelle consiste à intégrer une terrasse à la toiture du bâtiment. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les imprécisions du dossier de demande de permis de construire liées à la destination du bâtiment situé en fond de parcelle seraient constitutives d'un changement officieux ou illégal de destination de cette construction qui a été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. En troisième lieu, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les bâtiments existants implantés sur la parcelle terrain d'assiette du projet auraient fait l'objet d'un changement de destination antérieur sans autorisation, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire était tenu, en l'absence de demande de permis de construire régularisant l'ensemble des constructions, et dès lors que le projet ne rendait pas les bâtiments plus conformes à la réglementation d'urbanisme, de refuser de délivrer le permis de construire attaqué.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article III. 1. e. du règlement du PLUi d'Est Ensemble alors applicable : " III. Dispositions communes en toutes zones / 1. Dispositions écrites : / e. Stationnement / Règles concernant les véhicules motorisés / Les destinations et sous-destinations / Habitation / Hors des périmètres autour des gares identifiés sur le plan de stationnement / Est exigé au minimum : / A Montreuil : 0,65 place par logement créé () / Commerces et activités de services : / () Bureau / Hors des périmètres autour des gares identifiés sur le plan de stationnement / Il ne peut être réalisé plus de : A () Montreuil () : 1 place pour 70 m² de surface de plancher créée ()• () Dispositions générales : Il n'est pas fixé de règle pour les éléments de patrimoine de niveau 1 et 2 repérés sur le plan de zonage pour les extensions et/ou en cas de création de logements dans ces bâtiments. () / Disposition complémentaire sur les communes de Montreuil et du Pré Saint-Gervais : Règles concernant les locaux vélos, trottinettes, poussettes, etc. : / Ces locaux doivent être facilement accessibles, sécurisés et abrités. Au moins la moitié de la superficie minimale imposée pour ces locaux doit se situer au rez-de-chaussée de la construction et à l'intérieur des constructions. Les locaux implantés à l'extérieur des constructions devront être couverts. / Constructions à sous-destination de logement : / Création de 2 logements et plus : / • Il est exigé au minima la réalisation d'un local d'une superficie minimale de 3 m². / • Il est exigé la réalisation d'au moins 1,5 m² par logement créé. () / Constructions à sous-destination de bureaux : / • Il est exigé la réalisation d'au moins 1,5 m² pour 100 m² de surface de plancher créée. () / Sur la commune de Montreuil / il est exigé la réalisation d'au moins 3 m² pour 100 m² de surface de plancher créée () ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la construction existante du terrain d'assiette du projet implantée à l'alignement comportera deux extensions en vue d'y créer deux logements supplémentaires, qu'elle sera destinée exclusivement au logement, pour une surface de plancher totale de 231 m², et qu'elle est identifiée au sein des annexes patrimoniales du PLUi comme un élément de patrimoine remarquable de niveau 2 faisant l'objet d'une protection forte. La construction existante implantée en fond de cour, également identifiée comme un élément de patrimoine remarquable de niveau 2, accueillera, quant à elle, deux " open-spaces " à usage de bureaux, pour une surface de plancher totale de 652 m².

9. D'une part, si les dispositions précitées de l'article III. 1. e. du PLUi ne prévoient aucune règle s'agissant du stationnement des véhicules motorisés et des locaux destinés au stationnement des vélos lorsque des constructions identifiées comme des éléments de patrimoine de niveaux 1 ou 2 repérés sur le plan de zonage du PLUi font l'objet d'extensions et/ou lorsqu'y sont créés des logements, ces dispositions ne reçoivent toutefois application, contrairement à ce qui est soutenu en défense, qu'en cas d'extension ou de création de logement au sein des constructions identifiées. En l'espèce, si la construction implantée à l'alignement fait l'objet d'une extension et d'une création de logements, tel n'est pas le cas de la construction implantée en fond de cour, destinée à un usage de bureaux. Toutefois, sur le territoire de la commune de Montreuil, les dispositions précitées du règlement du PLUi prévoient la simple possibilité, pour le pétitionnaire, de créer, au maximum, une place de stationnement pour véhicule motorisé par tranche de 70 m² de surface de plancher créée à usage de bureaux, et n'imposent aucune création d'un nombre minimal de places de stationnement pour les véhicules motorisés. Au regard du caractère permissif de ces dispositions, la première branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

10. D'autre part, les dispositions précitées imposent, sur le territoire de la commune de Montreuil, la réalisation d'au moins 3 m² de surface de plancher destinée à usage de local à vélos par tranche de 100 m² de surface de plancher créée à usage de bureaux. En l'espèce, comme il a été dit au point 9, dès lors que les " open-spaces " projetés au sein de la construction existante en fond de cour n'emportent ni extension, ni création de logements au sein d'une construction identifiée comme un élément de patrimoine de niveaux 1 ou 2 repérés sur le plan de zonage du PLUi, et dès lors que le projet emporte la création d'une surface de plancher à usage de bureaux de 242 m², une surface d'au moins 6 m² doit être créée à usage de local à vélos. Il ressort des plans de masse du rez-de-chaussée figurant au dossier de demande de permis de construire que le projet prévoit la réalisation d'un local à vélos d'une telle surface. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnait les dispositions précitées de l'article III. 1. e. du règlement du PLUi relatives aux locaux de stationnement des vélos.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article III - 1 - 2 du règlement du PLUi d'Est Ensemble alors applicable : " Les constructions doivent être adaptées par leur type ou leur conception à la topographie du terrain. / Par leur volume, leur architecture, les matériaux employés, les couleurs, les constructions doivent être intégrées de manière harmonieuse dans le paysage urbain dans lequel elles sont situées. / Tout projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions particulières si les constructions ou utilisations du sol concernées, par leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Il est recommandé que les extensions des constructions existantes prennent en compte le gabarit, le rythme des façades et l'organisation de la ou des construction(s) existantes dans un souci de bonne intégration architecturale et paysagère ".

12. L'annexe patrimoniale n° 3 applicable à la commune de Montreuil indique que : " () Des règles spécifiques s'appliquent aux éléments de patrimoine classés niveaux 1 et 2 : / Patrimoine remarquable / Protection forte : / • Des extensions et des démolitions partielles sont autorisées. / • L'isolation par l'extérieur est interdite () / Disposition spécifique pour les communes de Bagnolet, Bondy, du Pré Saint-Gervais, des Lilas, de Montreuil, de Noisy-le-Sec et de Romainville : / • À l'occasion de travaux sur un bâtiment identifié en niveau 1, 2 ou 3 ou faisant partie d'un ensemble bâti, urbain et paysager remarquable, le porteur de projet devra se reporter le cas échéant aux fiches patrimoines présentes en annexe du présent règlement () ".

13. S'agissant de la catégorie " petite industrie insérée dans le tissu urbain ", l'annexe instaure des prescriptions complémentaires : " Trouver des programmations permettant la conservation des volumes ; Démolitions partielles possibles pour adapter l'ensemble à des nouveaux usages ; Préserver l'architecture originelle. / Eléments à préserver : • Les halles - dimension et structure - systèmes d'éclairage zénital - les lanterneaux ; / • Les façades sur rue avec l'ensemble de leurs éléments constitutifs - les proportions des baies - cohérence d'ensemble - les menuiseries ".

14. Si le projet prévoit la création de deux surélévations implantées en retrait vis-à-vis de la façade du bâtiment existant à usage de logement implanté à l'alignement, élément de patrimoine remarquable de niveau 2 faisant l'objet d'une protection forte, il ressort de la notice de présentation et des photographies et plans de l'état projeté du dossier de demande de permis de construire que cette façade ne fait l'objet d'aucune modification, et que les caractéristiques et le volume du bâtiment sont conservés. Il ressort également des pièces du dossier que les recommandations de l'architecte des bâtiments de France, s'agissant notamment du traitement des portes et des verrières, avec des menuiseries en métal comportant des " petits bois " et respectant le dessin initial des portes et des verrières, ont été prises en considération par la société pétitionnaire. Ces dernières, ainsi que les terrasses extérieures des surélévations projetées, au demeurant, peu visibles depuis l'espace public, s'insèrent harmonieusement au sein du bâtiment existant. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnait les dispositions précitées de l'article III. 1. 2. du règlement du PLUi.

15. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article IV. 3. a. du règlement du PLUi d'Est Ensemble alors applicable : " IV. Dispositions particulières applicables aux zones urbaines / a. Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques / Nom de l'indice / 9 / Dispositions qui s'appliquent aux secteurs régis par cet indice : / Il n'est pas fixé de règle. / Règles particulières en zones UC et UM : L'implantation des constructions doit prendre en compte l'implantation des constructions voisines pour s'insérer de manière harmonieuse au sein du tissu existant. Ainsi : / • Dans le cas où les constructions voisines sont déjà implantées à l'alignement, toute nouvelle construction devra privilégier une continuité sur rue avec une implantation à l'alignement. / • Dans le cas où les constructions voisines sont implantées en recul, toute nouvelle construction devra également privilégier une implantation en recul. / • Dans le cas où les constructions voisines sont implantées sans homogénéité par rapport à la voie, toute nouvelle construction devra privilégier une implantation en harmonie avec les implantations existantes. Cette règle ne s'applique pas si la construction voisine est une construction annexe à la construction principale ".

16. Ainsi qu'il a été dit au point 14, le projet conserve intégralement la façade du bâtiment à usage de logement implanté à l'alignement. Dès lors que les deux surélévations projetées, implantées en retrait vis-à-vis de la façade de ce bâtiment, ne constituent pas des constructions nouvelles au sens des dispositions précitées de l'article IV. 3. a. du règlement du PLUi, le moyen tiré de ce que le projet méconnaît ces dispositions au motif que ces extensions ne sont pas implantées à l'alignement, doit être écarté comme inopérant.

17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Montreuil a délivré à la société Arbage un permis de construire en vue de procéder à la démolition partielle, à la rénovation et à l'extension d'un bâtiment existant, afin d'y créer deux logements, et de créer deux " open-spaces " au sein d'un bâtiment existant en fond de cour sur une parcelle située 35 rue Diderot, ensemble la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté.

Sur les conclusions présentées par la société pétitionnaire au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

18. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts ".

19. Le recours déposé par les requérants n'excède pas la défense légitime de leurs intérêts. Les conclusions de la société Arbage présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, au demeurant, irrecevables, dès lors qu'elles n'ont pas été présentées par un mémoire distinct, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions présentées par les requérants et la société pétitionnaire quant à l'application des dispositions de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative :

20. Aux termes de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative, dans leur rédaction applicable au litige : " Les tribunaux administratifs statuent en premier et dernier ressort sur les recours contre les permis de construire ou de démolir un bâtiment à usage principal d'habitation ou contre les permis d'aménager un lotissement lorsque le bâtiment ou le lotissement est implanté en tout ou partie sur le territoire d'une des communes mentionnées à l'article 232 du code général des impôts et son décret d'application, à l'exception des permis afférents aux opérations d'urbanisme et d'aménagement des jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 mentionnées au 5° de l'article R. 311-2. / Les dispositions du présent article s'appliquent aux recours introduits entre le 1er décembre 2013 et le 31 décembre 2022 ".

21. Les conclusions présentées par les requérants et par la société pétitionnaire tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions précitées de l'article R. 811-1-1 du code de justice administrative, qui n'ont d'incidence que sur la détermination des voies de recours pour contester, le cas échéant, le présent jugement, sont sans objet, et doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montreuil et de la société Arbage, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les requérants leur réclament sur ce fondement.

23. Il y a en revanche lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants une somme de 2 000 euros à verser à la commune de Montreuil et à la société Arbage au titre des frais qu'elles ont exposés, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D, de Mme E et de la société Déclic PR est rejetée.

Article 2 : Les requérants verseront une somme totale de 2 000 (deux-mille) euros à la commune de Montreuil et à la société Arbage en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête et des conclusions des défendeurs sont rejetés.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Mme B E, à la société Declic PR, à la société Arbage et à la commune de Montreuil.

Délibéré après l'audience du 18 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Albert Myara, président,

- M. Emmanuel Laforêt, premier conseiller,

- Mme Marjorie Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2023.

La rapporteure, Le président,

M. Hardy A. Myara

La greffière,

I. Dad

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 22126612

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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