mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2212678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | BARKAT |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 9 août 2022, le président du tribunal administratif de Paris a renvoyé au tribunal administratif de Montreuil la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 23 juillet, 2 septembre et 24 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Barkat, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2022 par lequel le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'insuffisance de motivation et de défaut d'examen ;
- la décision est entachée d'erreur de fait en tant qu'elle relève que le requérant est entré irrégulièrement sur le territoire français et est dépourvu de passeport ;
- la décision est entachée de méconnaissance de l'article 8 convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'erreur de droit en tant qu'elle considère que l'usage de faux documents d'identité est constitutif d'un trouble à l'ordre public.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné Mme Weidenfeld, vice-présidente, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F ;
- et les observations de Me Barkat, représentant M. C, présent.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, né le 6 juillet 1990, de nationalité algérienne, est entré sur le territoire français le 18 février 2020, selon ses déclarations. Par un arrêté du 21 juillet 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la compétence du signataire de l'arrêté attaqué :
2. Par un arrêté n° 2022-00814 du 13 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 75-2022-537 du 18 juillet 2022, le préfet de police, M. D E, a donné à Mme G, attachée d'administration de l'Etat, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers. S'il a été mis fin aux fonctions de M. E le 21 juillet 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté litigieux, pris le même jour, serait intervenu après que cette cessation de fonction était effective. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, indique que le requérant, qui ne dispose pas d'un titre de séjour, est dépourvu de document de voyage et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français. Elle indique en outre que si le requérant s'est déclaré marié avec trois enfants à charge, il ne peut en apporter la preuve. Par suite, la décision est suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, la seule circonstance que le préfet de police n'a pas cherché à vérifier l'exactitude des déclarations opérées par l'intéressé, qui ne pouvait en rapporter la preuve en raison de la privation de liberté qui lui était imposée, ne peut être regardée comme constitutive d'un défaut d'examen.
5. En troisième lieu, si le requérant produit à l'instance un visa de court séjour délivré par les autorités allemandes ainsi qu'un document transfrontière revêtu du cachet d'entrée à Francfort le 18 février 2020, il ne justifie pas avoir souscrit à la déclaration prévue par l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen et l'article R. 621-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est une condition de la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat, partie à cette convention, qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire. Par suite, le requérant, qui ne conteste pas avoir été dépourvu de son document de voyage le jour de son arrestation, n'établit pas que le préfet de police aurait entaché sa décision d'erreur de fait en considérant qu'il ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français. Pout la même raison, il n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur de droit.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'épouse du requérant, de nationalité algérienne, serait titulaire d'un titre de séjour. Par suite, eu égard au jeune âge de leurs enfants, nés en 2016, 2019 et 2021, à la faible durée de présence en France de l'intéressé et à l'absence d'attaches professionnelles ou personnelles d'une particulière intensité, la décision attaquée n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Sur le refus de délai de départ volontaire :
7. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser un délai de départ volontaire au requérant, le préfet s'est fondé sur la double circonstance que le comportement de ce dernier constitue une menace pour l'ordre public et qu'il existe un risque que l'intéressé se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour.
8. Il résulte de ce qui a été dit plus haut que M. C ne peut justifier d'une entrée régulière sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Dès lors que le préfet de police aurait pris la même décision en se fondant seulement sur ce motif, la circonstance qu'il a estimé, à tort, que le comportement de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 novembre 2022.
La magistrate désignée,
K. F
La greffière,
M. ALa République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026