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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2212889

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212889

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2212889
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantSAS ITRA CONSULTING

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 11 août et 28 octobre 2022, Mme A B, représentée par la SAS Itra Consulting, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 juillet 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle ne constitue pas une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale, par la voie de l'exception, du fait de l'illégalité la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires faisant obstacle à l'édiction d'une telle décision.

La procédure a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit à l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Cameroun relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Yaoundé le 24 janvier 1994 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Bernabeu a été entendu au cours de l'audience publique, Mme B et le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présents ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise née en 1982, est, selon ses déclarations, entrée en France en 2012. Elle a sollicité le 8 décembre 2021 le bénéfice d'un titre de séjour temporaire, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 juillet 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police [] ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. Il ressort de la lecture de l'arrêté litigieux que ce celui-ci vise notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 423-7, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. En outre, le préfet relève que Mme B, concubine d'un ressortissant camerounais titulaire d'une carte de résident valide jusqu'en 2026 et mère de trois enfants mineurs dont un est issu de cette union, ne peut justifier d'une communauté de vie stable et durable avec son concubin. Le préfet précise que si l'intéressée est la mère d'un enfant reconnu par anticipation d'un ressortissant français, ce dernier a néanmoins reconnu sept autres enfants nés en 2005, 2006, 2008, 2009 et 2013, dont toutes les mères sont de nationalité étrangère. Il mentionne que la requérante n'a jamais vécu avec le père de son enfant français. Enfin, le préfet fait état de ce que Mme B a été interpellée une première fois pour escroquerie en février 2018 et une seconde fois en juillet 2018 pour reconnaissance d'enfant en vue de l'obtention d'un titre de séjour. La décision portant refus de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. /Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".

5. D'une part, pour justifier de sa présence sur le territoire français pour l'année 2012, Mme B produit une facture de décembre 2012 et plusieurs documents médicaux au nom d'une enfant camerounaise qu'elle présente comme étant sa fille. Toutefois, et en l'absence de pièces permettant de justifier du lien de parenté avec l'enfant qu'elle présente comme étant sa fille, ses éléments ne permettent pas, à eux seuls, d'établir que Mme B était présente sur le territoire français en 2012 et, partant, qu'elle justifiait résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté litigieux, le 12 juillet 2022. Par suite, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était pas tenu de solliciter l'avis de la commission du titre de séjour avant de se prononcer sur la situation de la requérante.

6. D'autre part, si Mme B, qui soutient résider depuis 2012 sur le territoire français sans toutefois le démontrer pour la première année, vit en concubinage avec un ressortissant camerounais, M. C, en situation régulière sur le territoire français et avec qui elle est parent d'un garçon né en 2015, elle n'établit toutefois pas, par les pièces qu'elle produit, l'ancienneté de son concubinage avec le père de son benjamin. En outre, mère d'une fille que le père a reconnu de manière anticipée trois mois avant la naissance, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce dernier contribuerait à l'entretien ou à l'éducation de l'enfant de Mme B. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé serait pourvu d'un emploi déclaré. Dans ces conditions particulières, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de titre de séjour de l'intéressée, présentée au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Pour les mêmes motifs que ceux retenus au point précédent, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

9. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec, même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ses compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application de ces principes. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.

10. Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Seine-Saint-Denis a retenu plusieurs éléments susceptibles de constituer, selon l'arrêté litigieux, un faisceau d'indices de nature à caractériser une fraude à la reconnaissance de paternité au profit de la fille de Mme B. Il s'est fondé, d'une part, sur le fait que sa fille a été reconnue de manière anticipée le 16 juillet 2013 par un ressortissant français ayant reconnu sept autres enfants, nés en 2005, 2006, 2008, 2009 et 2013 pour trois d'entre eux, dont toutes les mères étaient de nationalité étrangère. D'autre part, il a relevé que les deux parents n'ont jamais vécu ensemble. La requérante, qui ne conteste pas sérieusement ces éléments au regard des pièces qu'elle produit, se borne à soutenir qu'elle contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille. Dans ces conditions, et eu égard au fait que le tribunal administratif de Versailles a rejeté en 2017 une requête tendant à l'annulation d'un arrêté lui ayant refusé une première fois le séjour en qualité de parent d'enfant français, le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être regardé comme ayant apporté des éléments suffisamment précis et concordants de nature à établir que la reconnaissance de paternité dont se prévaut la requérante a eu pour seul objet de conférer la nationalité française à son enfant et, ainsi, de lui permettre d'obtenir la délivrance d'une carte de séjour temporaire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code précité. Il s'ensuit que le moyen d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

11. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

12. Il ressort des termes de la décision portant refus de titre de séjour que le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur la circonstance que la présence de l'intéressée sur le territoire français était susceptible de constituer une menace à l'ordre public dès lors qu'elle a été interpellée deux fois en 2018 pour escroquerie et reconnaissance d'enfant en vue de l'obtention d'un titre de séjour, d'une protection contre l'éloignement ou pour l'acquisition de la nationalité française. Néanmoins, ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, d'établir que sa présence sur le sol français serait constitutive d'une menace à l'ordre public.

13. Toutefois, le refus de séjour litigieux est aussi fondé sur le fait que, d'une part, sa situation personnelle ne lui permet pas d'être admise au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, que la reconnaissance de paternité souscrite en faveur de sa fille est caractérisée par une fraude, de sorte qu'elle ne peut se prévaloir de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, enfin, qu'elle ne justifie pas d'une communauté de vie stable et durable avec son concubin en France lui permettant de bénéficier de l'admission au séjour au titre de l'article L. 423-23 du code précité. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que les motifs précédemment cités, qui ne sont pas entachés d'erreur d'appréciation, eu égard à ce qui a été retenu aux points 4 à 10. Par suite, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. La décision portant refus de séjour n'a ni pour objet, ni pour effet de de séparer Mme B de sa fille française, née en 2013, en l'absence de contribution du père à l'entretien et à l'éducation de celle-ci, ou de son benjamin et rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Cameroun, pays dont la requérante, son concubin et leurs enfants ont la nationalité. Dans ces conditions, et alors même que les enfants sont habituellement scolarisés en France, le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. Il ne résulte pas de ce qui précède que la décision portant refus de séjour serait entachée d'illégalité. Par suite, Mme B ne peut se prévaloir de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 10, la reconnaissance de paternité présente un caractère frauduleux et a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention par l'intéressée d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, Mme B n'est pas fondée à bénéficier de la protection contre l'éloignement prévue au 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ".

19. Mme B, qui justifie de sa présence sur le territoire français depuis 2013, établi vivre en concubinage avec un ressortissant camerounais en situation régulière depuis 2021. En outre, il ressort des pièces du dossier que la requérante est mère de trois enfants nés en 2009, 2013 et 2015 et habituellement scolarisés sur le sol français, ainsi que le démontre les nombreuses attestations de scolarité pour ses trois enfants. Dans ces conditions particulières, c'est à tort que le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que Mme B ne justifiait pas de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à ce que soit prononcée une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'intéressée est fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux en tant qu'il lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux qu'en tant qu'il lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Eu égard à la nature de la décision annulée, le présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à l'intéressée un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou qu'il lui soit enjoint de réexaminer sa situation.

Sur les frais du litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel à la présente instance, la somme demandée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : L'arrêté du 12 juillet 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé en tant qu'il interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans à Mme B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Baffray, président,

M. Marias, premier conseiller,

M. Bernabeu, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2023.

Le rapporteur,

S. Bernabeu

Le président,

J.-F. Baffray

La greffière,

A. Macaronus

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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