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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2212915

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212915

lundi 3 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2212915
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre (JU)
Avocat requérantEL AMINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2022, Mme B A, représentée par Me El Amine, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2022 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a prononcé une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est renvoyée et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer le récépissé prévu à l'article R. 742-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme représentant la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Elle soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'insuffisance de motivation ;

- le préfet s'est cru lié par la décision de l'OFPRA ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'u défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure : elle n'a pu présenter des observations préalablement à son édiction ;

- elle a méconnu les articles L. 743-1 et L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination méconnait l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est illégale pour être fondée sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle méconnait les articles L. 611-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnait le III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

La requête a été communiquée au préfet, qui n'a pas présenté d'observations en défense.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président du tribunal administratif de Montreuil a délégué M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 18 août 2022, le préfet du Pas-de-Calais a prononcé à l'encontre de la requérante, ressortissante malienne, une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle est renvoyée et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans.

I. Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique susvisée : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 portant application de cette loi : " L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

II. -Sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction et au titre des frais liés au litige :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français

3. L'obligation de quitter le territoire français comporte les motifs de droit et de fait qui la fondent et est, par suite, régulièrement motivée.

4. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté que, pour obliger Mme A à quitter le territoire français, le préfet se serait cru lié par la décision de l'OFPRA.

5. Il ne ressort ni des termes de cet arrêté ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas examiné la situation personnelle de Mme A.

6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, () ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux terme de l'article L. 532-1 de ce code : " () / A peine d'irrecevabilité, ces recours doivent être exercés dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision de l'office, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 532-10 : " Le recours doit, à peine d'irrecevabilité, être exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Le délai de recours ainsi que les voies de recours ne sont toutefois opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés dans la notification de la décision ". Enfin, aux termes de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 : " Devant la Cour nationale du droit d'asile, le bénéfice de l'aide juridictionnelle est de plein droit, sauf si le recours est manifestement irrecevable. L'aide juridictionnelle est sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle est adressée au bureau d'aide juridictionnelle de la cour, le délai prévu au premier alinéa de l'article L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est suspendu et un nouveau délai court, pour la durée restante, à compter de la notification de la décision relative à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Ces délais sont notifiés avec la décision de l'office. Le bureau d'aide juridictionnelle de la cour s'efforce de notifier sa décision dans un délai de quinze jours suivant l'enregistrement de la demande ".

7. Il ressort de ces dispositions que le droit au maintien sur le territoire prend fin à la date de notification de la décision de l'OFPRA lorsque, sauf absence de mention des voies et délai de recours dans cette notification, aucun recours n'a été exercé contre cette décision dans le délai d'un mois ou aucune demande juridictionnelle déposée dans le délai de quinze jours à compter de la notification de cette décision.

8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du relevé TelemOpfra produit par le préfet, que la décision de l'OFPRA du 29 juin 2022 rejetant la demande d'asile présentée par Mme A lui a été notifiée le 7 juillet 2022. L'intéressée ne produit aucun élément de nature à remettre en cause la réalité et la date de cette notification, ni la présence sur cette notification de la mention des voies et délais de recours. Dès lors, Mme A disposait, en vertu de l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, à compter de la notification de la décision de l'OFPRA le 7 juillet 2022, d'un délai de quinze jours pour déposer une demande d'aide juridictionnelle ou d'un délai d'un mois pour exercer un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Mme A n'a déposé sa demande d'aide juridictionnelle que le 12 août 2022 et, alors que l'arrêté attaqué mentionne qu'aucun recours n'a été enregistré à ce jour, elle n'établit pas que son recours devant la CNDA aurait été introduit avant l'expiration des délais qui lui étaient impartis. Dès lors, son droit au maintien sur le territoire français a pris fin à la date de la notification de la décision de l'OFPRA le 7 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

9. Le droit d'être entendu garanti par les principes fondamentaux du droit de l'Union européenne implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.

10. En l'espèce, l'obligation de quitter le territoire français a été prise à la suite du rejet définitif de la demande d'asile de la requérante, qui ne bénéficiait ainsi plus du droit de se maintenir sur le territoire français. Elle ne pouvait ignorer qu'en cas de refus de reconnaissance de la qualité de réfugié, une mesure d'éloignement pourrait être prise à son encontre. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de la reconnaissance de cette qualité, n'imposait pas au préfet de mettre à même l'intéressé de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du rejet définitif de sa demande d'asile. Il lui était d'ailleurs loisible de faire valoir auprès de l'administration toute précision utile, notamment celles de nature à permettre à l'administration d'apprécier son droit au séjour au regard d'autres fondements que celui de l'asile. En tout état de cause, lors de son audition par les services de la police aux frontières le 18 août 2022, elle a été informée de la mesure d'éloignement que le préfet était susceptible de prendre à son encontre et a été mise à même de présenter des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

11. L'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen, soulevé par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 7° L'étranger a contrefait, falsifié o établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ;8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

13. Il résulte des dispositions précitées que l'autorité administrative peut, par décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français s'il existe un risque qu'il se soustraie à cette obligation. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a été interpellée en zone d'accès restreint alors qu'elle tentait de se rendre en Grande-Bretagne, qu'elle ne disposait d'aucun visa lui permettant d'entrer sur le territoire du Royaume-Uni, qu'elle se trouvait en situation irrégulière en France, aucun recours n'ayant été enregistré contre la décision de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile le 29 juin 2022, qu'elle était dépourvue d'un document de voyage et qu'elle ne présentait pas de garanties de représentation dans la mesure où elle n'avait pas déclaré le lieu de sa résidence effective et permanente. La seule circonstance que Mme A a allégué vivre chez sa cousine, après que sa tante l'eut " mise dehors ", ainsi qu'elle l'a déclaré lors de son audition, n'est pas de nature à entacher la décision du préfet d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. La requérante n'établit pas, alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA, qu'elle encourrait des risques de persécution en cas de retour au Mali en raison de son orientation sexuelle alléguée et qu'ainsi la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

15. L'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le moyen, soulevé par voie d'exception, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.

16. Ainsi qu'il a été dit au point 8, Mme A ne disposait plus du droit de se maintenir sur le sol français depuis la décision de l'OFPRA le 7 juillet 2022. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 611-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent, en tout état de cause, être écartés.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

17. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

18. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que la décision en litige est assortie des considérations tirées de la situation personnelle et familiale de l'intéressée qui en constituent le fondement. Le moyen tiré du défaut de motivation en fait doit donc être écarté.

19. Il ressort également des termes de cet arrêté que le préfet s'est livré à un examen particulier de la situation de Mme A, au regard de tous les critères énoncés au III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

20. Le seul fait que Mme A vivrait au domicile de sa cousine n'est pas de nature à caractériser une " situation particulière ", dont la non prise en compte, au titre d'une circonstance humanitaire, entacherait la décision en litige d'erreur manifeste d'appréciation. L'invocation de l'orientation sexuelle de Mme A, à supposer même celle-ci avérée, est en tout état de cause inopérante s'agissant de la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français qui n'implique pas la fixation du pays de renvoi, qui est l'objet d'une autre décision.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation et d'injonction ainsi que, conséquemment, celles présentées au titre des frais liés au litige doivent être rejetées

D E C I D E:

Article 1 : Mme A est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me El Amine et au préfet du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.

Le magistrat désigné par le président du tribunal,

Signé

Signé

H. C La greffière,

S Signé igné

A. Macaronus

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2212915

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