jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213175 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PIERI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 août 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 décembre 2022, la société par actions simplifiée EBM, représentée par Me Piéri, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " pour les mois de janvier à octobre 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et, par voie de conséquence, la décision de cette même autorité du 20 juin 2022 lui refusant le bénéfice de cette aide ;
2°) d'enjoindre à ce directeur de lui accorder le bénéfice de l'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond ", pour un montant total de 78 793 euros, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas la signature, le prénom, le nom et la qualité de son auteur ;
- à supposer que Mme B A soit l'auteur de la décision, l'administration ne justifie pas qu'elle disposât d'une délégation de signature régulière à cette fin ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application du décret n°2021-1430 du 3 novembre 2021 dès lors que la société remplit l'ensemble des conditions pour bénéficier de l'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " et que sa demande a été déposée dès le 31 janvier 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 9 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée le 15 février 2023.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n°2021-1431 du 3 novembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle ont été entendus le rapport de M. C et les conclusions de M. Iss, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée EBM, qui exploite une activité de vente en gros et au détail de parfumerie et de produits de beauté, a présenté une demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " créée par le décret n° 2021-1431 du 3 novembre 2021 au titre des mois de janvier à octobre 2021. Par une décision du 8 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a confirmé son refus d'y faire droit. La société requérante demande l'annulation de cette décision.
Sur l'objet du litige :
2. Si la société EBM a formé un recours en excès de pouvoir contre la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a confirmé son refus de lui octroyer l'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond ", il ressort des pièces du dossier que ce refus a, en réalité, été prononcé par une décision du 20 juin 2022, que la décision du 8 juillet 2022 n'a fait que confirmer dans le cadre d'un recours gracieux. Il en résulte que des conclusions présentées par l'intéressée à fin d'annulation doivent être regardées comme étant également dirigées contre la décision du 20 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 4 du décret n° 2021-1431 du 3 novembre 2021 : " I. - Une demande unique d'aide au titre de l'article 1er est réalisée par voie dématérialisée, dans les conditions suivantes : / - elle est déposée une seule fois par l'entreprise remplissant les conditions posées à l'article 1er ; / - elle est déposée entre le 1er décembre 2021 et le 31 janvier 2022 () ".
4. Pour refuser l'octroi de l'aide " nouvelle entreprise rebond ", le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a retenu que la demande formulée par la société EBM avait été déposée le 12 juin 2022, soit postérieurement à la date limite, fixée au 31 janvier 2022 par les dispositions précitées du décret n° 2021-1431 du 3 novembre 2021. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment des échanges consignés dans la messagerie électronique mise à disposition des entreprises par la direction générale des finances publiques, produits par la société EBM, que cette dernière a déposé, le 31 janvier 2022, un dossier de demande d'aide dont il a été accusé réception le 9 février 2022. Si l'administration soutient que ce dépôt constituait une demande, distincte, d'aide " coûts fixes rebond ", il est constant que la direction départementale des finances publiques a elle-même indiqué dans son message du 9 février 2022 que : " vous avez présenté une demande d'aide Coûts fixes Rebond Nouvelle Entreprise au titre de la période de janvier à octobre 2021 ", intitulé agrégeant les dénominations des deux aides en cause, témoignant ainsi d'une forme de confusion, et permettant en tout état de cause d'établir, comme le soutient la société, que la nature de nouvelle entreprise de la demanderesse était claire pour les services instructeurs dès la demande initiale. Il s'ensuit que la société EBM est fondée à soutenir que sa demande d'aide n'est pas tardive et, par suite, que la décision de refus d'octroi de cette dernière, fondée sur ce motif, est entachée d'illégalité.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 20 juin 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à sa demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " au titre des mois de janvier à octobre 2021, ensemble la décision du 8 juillet 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique seulement que le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis réexamine la demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " présentée par la société EBM, qui n'a, ainsi qu'il a été exposé au point 4, pas été déposée tardivement. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à ce directeur de procéder à ce réexamen dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la société EBM de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 20 juin 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à la demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " déposée par la société EBM au titre des mois de janvier à octobre 2021, ainsi que la décision du 8 juillet 2022 ayant rejeté le recours gracieux formé par l'intéressée, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la demande d'aide exceptionnelle " nouvelle entreprise rebond " de la société EBM au titre des mois de janvier à octobre 2021 dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à la société EBM la somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée EBM et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Toutain, président,
M. Thobaty, premier conseiller,
M. Puechbroussou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
C. C
Le président,
Signé
E. Toutain
Le greffier,
A. Diallo
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026