mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2022, le Syndicat des commerçants non sédentaires des marchés de Saint-Denis et M. B A C, représentés par la SCP Fabiani Luc-Thaler Pinatel, demandent au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de prononcer la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Denis ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux présentée par l'établissement public territorial Plaine commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Denis une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme dès lors que les travaux contestés sont destinés à permettre l'accueil des commerçants dont le syndicat, qui a la qualité d'association, défend les intérêts et que M. A C est un voisin immédiat de la construction ;
- la condition de l'urgence est présumée satisfaite en application des dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme et compte tenu du calendrier des travaux, de leur irréversibilité, ainsi que de leur impact sur l'aménagement des lieux ;
- la légalité de la décision est entachée d'un doute sérieux dès lors que les travaux relèvent d'un permis d'aménager, que l'établissement public territorial Plaine commune n'a pas été consulté, qu'une déclaration préalable modificative a été irrégulièrement jointe au dossier d'instruction, que le dossier de demande de déclaration préalable est incomplet, et qu'elle méconnaît les articles 3-5-3 et 3-2-3 de la partie 1 du plan local d'urbanisme intercommunal de Plaine commune, les articles 1-2 et 3-1 du règlement de la zone UVP et les orientations d'aménagement et de programmation déclinées dans l'OAP sectorielle n° 20 " Secteur Grand Centre à Saint-Denis ".
Par un mémoire en défense enregistré le 5 septembre 2022, la commune de Saint-Denis, représentée par la SELARL Parme avocats, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge des requérants de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir au regard de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- l'urgence n'est pas constituée dès lors que les travaux ont été exécutés ;
- les moyens de légalité sont infondés.
Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2022 tenue en présence de Mme Groff, greffière :
- le rapport de M. D ;
- les observations de la SCP Fabiani Luc-Thaler Pinatel, pour les requérants, qui reprennent leurs écritures et contestent le caractère achevé des travaux ;
- et les observations de la SELARL Parme avocats, pour la commune de Saint-Denis, qui reprend ses écritures.
Par trois mémoires enregistrés les 7 et 8 septembre 2022, les requérants persistent dans leurs écritures et observations orales et ajoutent en ce qui concerne l'intérêt à agir que l'article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales implique l'intérêt à agir du syndicat et que M. A C est concerné par l'installation d'un marché à proximité de son domicile et en ce qui concerne le doute sérieux sur la légalité un moyen tiré d'une méconnaissance de l'article L. 350-3 du code de l'environnement en l'absence de compensation de l'abattage d'arbres.
Par deux mémoires enregistrés les 7 et 8 septembre 2022, la commune persiste dans ses écritures et observations orales.
La clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 9 septembre 2022 à 17 heures.
Vu :
- la requête enregistrée le 26 août 2022, sous le numéro 2213282, tendant à l'annulation de la décision contestée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail,
- le code de l'urbanisme,
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, signée à Rome le 4 novembre 1950,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le maire de la commune de Saint-Denis ne s'est pas opposé à une déclaration préalable présentée par l'établissement public territorial Plaine commune portant sur l'exécution de travaux d'abattage d'arbres et de modification de voies ou espaces public sur la place du 8 mai 1945 au sein de la commune. Par la requête visée ci-dessus, le Syndicat des commerçants non sédentaires des marchés de Saint-Denis et M. A C demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction. Le juge des référés ne peut ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si le recours en annulation de ce permis est recevable.
5. D'une part, s'il est constant que M. A C est propriétaire d'un logement situé à proximité immédiate de la place du 8 mai 1945 sur laquelle sont exécutés les travaux litigieux, les requérants, en dépit de la fin de non-recevoir opposée en ce sens par la commune de Saint-Denis et de l'interrogation du juge des référés lors de l'audience du 6 septembre 2022, ne précisent pas dans quelle mesure l'atteinte que lui porte le projet de construction lui permet de justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir et n'établissent ni même n'allèguent que l'ouvrage objet de la déclaration préalable, dont ils ne décrivent ni la nature ni l'importance, aurait par lui-même pour effet d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Si les requérants se prévalent de ce que les travaux en cause ont pour finalité de permettre à la commune de Saint-Denis d'installer un marché sur la place du 8 mai 1945 et que M. A C subira les désagréments induits par ce marché, les conditions projetées d'utilisation de l'ouvrage réalisé ne sont pas de nature à donner un intérêt pour agir à l'encontre de l'opération d'urbanisme de construction dudit ouvrage.
6. D'autre part, les requérants ne se prévalent pas davantage de ce que le Syndicat des commerçants non sédentaires des marchés de Saint-Denis, syndicat professionnel qui ne peut se prévaloir de la qualité d'association au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme, occuperait ou possèderait un bien affecté par le projet de construction et de ce qu'il aurait intérêt pour agir en conséquence de ses dispositions, tandis qu'en tout état de cause que ses statuts ne peuvent lui donner qualité pour agir contre une opération d'urbanisme qui, par elle-même, est sans incidence sur les conditions d'exercice de l'activité professionnelle de ses membres, quand bien même elle serait un préalable nécessaire à un projet les affectant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que dès lors qu'il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme que les requérants ne peuvent se prévaloir d'un intérêt pour agir, qui ne résulte pas davantage des stipulations de l'article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Saint-Denis doit être accueillie et la requête rejetée comme irrecevable.
8. Il n'y a en outre pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge des requérants une somme au titre des frais que la commune de Saint-Denis a elle-même exposés pour la présente instance.
O R D O N N E
Article 1er : La requête du Syndicat des commerçants non sédentaires des marchés de Saint-Denis et de M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Denis sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au Syndicat des commerçants non sédentaires des marchés de Saint-Denis, à M. B A C, à la commune de Saint-Denis et à l'établissement public territorial Plaine commune.
Fait à Montreuil, le 13 septembre 2022.
Le juge des référés,
Signé
P. D
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026