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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2213244

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2213244

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2213244
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème chambre
Avocat requérantBENVENISTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête n° 2213244 et un mémoire, enregistrés respectivement les 27 août 2022 et 8 juin 2023, M. B C, représenté par Me Benveniste, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 9 mai 2022 par lesquelles le préfet de Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 15 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de cette même notification sous astreinte de 15 euros par jour de retard, et de le munir, dans cette attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de la Seine-Saint-Denis) la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, Me Benveniste, sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le motif tiré de la présentation d'un document frauduleux n'est pas établi ;

- elle méconnaît les articles 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant refus d'un titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur la décision portant refus de départ volontaire :

- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et s. du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou à tout le moins, est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et s. du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou à tout le moins, est entachée d'erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 août 2022.

Par une ordonnance du 8 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Israël, premier conseiller, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C ressortissant marocain né le 5 juillet 1983 est entré dans l'Espace Schengen par l'Espagne le 19 avril 2018, sous couvert d'un visa touristique expirant le 14 mai 2018, puis est entré en France le même jour selon ses déclarations. Il s'y est maintenu depuis lors. Le 16 novembre 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou, à défaut, la mention " salarié ". Par arrêté du 9 mai 2022, dont M. C demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision litigieuse du préfet de la Seine-Saint-Denis comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est suffisamment motivée même s'il ne reprend pas l'ensemble des éléments dont M. C entend se prévaloir. La circonstance que la décision attaquée ne vise pas les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention de New York n'est pas de nature à elle seule à entacher celle-ci d'une insuffisance de motivation dès lors que le préfet de la Seine-Saint-Denis fait état de la présence des trois enfants de l'intéressé sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. M. C soutient qu'il réside depuis le mois avril 2018 en France avec son épouse et ses trois enfants nés respectivement les 7 mars 2011, 26 juin 2013 et 31 août 2018, scolarisés sur le territoire national. Il se prévaut également d'un contrat à durée indéterminée dans la restauration et de sa bonne maîtrise du français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les deux enfants les plus âgés du couple sont nés au Maroc et que le plus jeune d'entre eux n'est scolarisé en France que depuis le mois de septembre 2021. Par ailleurs, M. C ne justifie pas, ni même n'allègue, que son épouse, qui est une compatriote, séjournerait en situation régulière en France. En outre, si le requérant établit avoir été employé polyvalent en contrat à durée indéterminée à temps partiel à partir d'octobre 2019, puis à temps plein à compter de janvier 2021, eu égard à la durée cumulée de ces activités, qui n'est que d'un peu plus de deux ans et six mois à la date de l'arrêté attaqué, il n'en résulte pas que le requérant présenterait une insertion professionnelle très significative. Enfin, le requérant ne dispose que d'une faible durée de présence sur le territoire français à la date de l'arrêté litigieux et il ne justifie pas de l'intensité des liens qu'il a développés en France au regard de ceux conservés dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-cinq ans. Par suite, il n'existe aucun obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Maroc ni à ce que les enfants du requérant soient scolarisés dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit de M. C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En troisième lieu, si le préfet a relevé dans l'arrêté attaqué que le requérant s'est prévalu d'une fausse carte d'identité italienne pour exercer des activités professionnelles en France, il ressort des pièces du dossier qu'il aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls autres éléments d'appréciation de l'insertion professionnelle mentionnés au point 5.

7. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5 du présent jugement et dès lors que la cellule familiale peut se reconstituer au Maroc où les enfants peuvent poursuivre leur scolarité, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ne peut qu'être écarté.

10. En deuxième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ainsi et celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs relatifs à la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant mentionnés au point 5.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :

12. M. C n'articule aucun moyen à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination. Ses conclusions ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document () ".

15. L'arrêté attaqué, qui vise notamment l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que le requérant a fait usage d'une fausse carte d'identité italienne. Ainsi cet arrêté comporte la mention des considérations de droit et de fait sur lesquelles est fondée la décision en litige. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

16. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a fait usage d'un document d'identité falsifié. Pour ce seul motif, l'obligation de quitter le territoire français peut n'être assortie d'aucun délai de départ volontaire, en application des dispositions précitées du 7° de l'article L. 612-3. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le risque de fuite n'est pas caractérisé. Il suit de là que le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu légalement refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision portant refus de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction du territoire national :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 (), l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les () décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

19. En premier lieu, si la décision prononçant une interdiction de retour à l'encontre de M. C sur le territoire français vise, en droit, les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne vise pas l'article L. 612-10 de ce code et, surtout, se borne, en fait, à indiquer, après avoir rappelé la circonstance qu'un étranger obligé à quitter le territoire français sans délai fait l'objet d'une interdiction de retour pour une durée maximale de trois ans, que " l'examen d'ensemble de la situation " de l'intéressé " a été effectué " et qu'il " ne justifie pas de circonstances humanitaires empêchant l'édiction d'une interdiction ". Ce faisant, alors que la durée de l'interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, le préfet n'a pas fait état, de manière suffisamment circonstanciée, des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels il a fixé à deux ans la durée de l'interdiction de retour. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans édictée à l'encontre du requérant est donc insuffisamment motivée.

20. En second lieu et au surplus, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait précédemment fait l'objet d'une mesure d'éloignement, ni que sa présence sur le territoire français constituerait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, quand bien même le requérant aurait travaillé sous couvert d'une fausse carte d'identité italienne, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet a fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. Dans ces conditions, le requérant est fondé, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de la décision attaquée, à en demander l'annulation de la décision portant interdiction de retour.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il porte interdiction de retour pour une durée de deux ans.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

23. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai, n'implique aucune mesure d'exécution demandée par le requérant. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (préfet de la Seine-Saint-Denis), une somme de 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 9 mai 2022 du préfet de la Seine-Saint-Denis est annulé en tant qu'il édicte à l'encontre de M. C une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Article 2 : L'État (préfet de la Seine-Saint-Denis) versera à M. C une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me Benveniste.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente,

M. Israël, premier conseiller,

Mme Caldoncelli Vidal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

Le rapporteur,

D. Israël

La présidente,

A.-L. DelamarreLa greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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