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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2213300

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2213300

vendredi 16 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2213300
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAUTEREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 30 août 2022 et le 12 septembre 2022, M. B A, représenté par Me Sautereau, demande au juge des référés du Tribunal statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 avril 2022 par lequel l'établissement public territorial Plaine commune l'a admis à faire valoir ses droits à la retraite ;

2°) d'enjoindre à l'établissement public territorial Plaine commune de le réintégrer et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux, ou à défaut de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'établissement public territorial Plaine commune le versement d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- la requête n'est pas tardive ;

- la condition de l'urgence est satisfaite dès lors que la décision le prive de sa rémunération statutaire, comme de l'acquisition de trimestres supplémentaires, tandis que le montant de cette pension de retraite ne lui permet pas de supporter ses charges ;

- la légalité de la décision est entachée d'un doute sérieux dès lors que l'arrêté attaqué n'est ni signé ni motivé et est entaché d'une erreur de fait sur la demande qu'il a exprimée, qu'il est entaché d'un vice de procédure en l'absence d'avis de la Caisse nationale des retraites des agents des collectivités locales et qu'il résulte d'un retrait illégal d'une acceptation tacite de sa demande de prolongation d'activité et d'une erreur de droit ainsi que d'appréciation de l'intérêt du service.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2022, l'établissement public territoriale Plaine commune conclut au rejet de la requête.

L'établissement public territorial soutient que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête ;

- la requête est irrecevable au motif de la tardiveté de la requête à fin d'annulation ;

- l'urgence n'est pas constituée ;

- les moyens de légalité ne sont pas fondés.

Vu :

- la requête tendant à l'annulation de la décision contestée, enregistrée le 13 juin 2022 sous le numéro 2209456 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code général de la fonction publique,

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Le Garzic, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 13 septembre 2022, en présence de Mme Espeisses, greffière d'audience :

- le rapport de M. Le Garzic, juge des référés ;

- et les observations de Me Sautereau, pour le requérant.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré, enregistrée le 14 septembre 2022, a été présentée pour l'établissement public territorial.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, adjoint technique principal de première classe affecté aux fonctions d'agent de propreté au sein de l'établissement public territorial Plaine commune, a sollicité, par un courrier du 2 décembre 2019 réitéré le 25 mars 2022, le bénéfice d'une prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge, fixée au 3 décembre 2020. Par une décision du 8 avril 2022, l'établissement public territorial Plaine Commune a rejeté cette demande avant de l'admettre à faire valoir ses droits à la retraite à jouissance immédiate à compter du 1er mai 2022. M. A demande la suspension de l'exécution de cette décision.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :

3. La circonstance que M. A perçoive la pension due en conséquence de son admission à faire valoir ses droits à la retraite est sans incidence sur le maintien de l'objet de la requête, en l'absence de retrait ou d'abrogation de la décision attaquée. L'exception de non-lieu doit donc être écartée.

Sur le bien-fondé de la requête :

4. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 556-5 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire dont la durée des services liquidables est inférieure à celle définie à l'article L. 13 du code des pensions civiles et militaires de retraite peut, sur sa demande, lorsqu'il atteint la limite d'âge qui lui est applicable dans le corps ou le cadre d'emplois auquel il appartient, bénéficier d'une prolongation d'activité, sous réserve de l'intérêt du service et de son aptitude physique ". Ces dernières dispositions confèrent à l'autorité compétente un large pouvoir d'appréciation de l'intérêt, pour le service, d'autoriser un fonctionnaire atteignant la limite d'âge à être maintenu en activité.

5. Il résulte des termes de la décision du 8 avril 2022 que l'établissement public territorial Plaine commune a rejeté la demande de prolongation d'activité présentée par M. A au motif que l'intérêt du service comme l'aptitude physique de l'intéressé faisaient obstacle à son maintien dans ses attributions d'agent de propreté. Le moyen tiré de ce que l'établissement public territorial a ainsi commis une erreur de droit ou d'appréciation dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 556-5 du code général de la fonction publique n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par ailleurs, à supposer que M. A puisse se prévaloir d'une décision d'acceptation de sa demande de prolongation d'activité à compter du 3 décembre 2020 révélée par le comportement de son employeur à son égard, le moyen tiré de ce que l'administration ne pouvait l'abroger à compter du 1er mai 2022 pour les motifs ci-dessus énoncés sans méconnaître les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration n'apparaît pas davantage, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 du décret susvisé du 26 décembre 2003 : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent prétendre à pension au titre du présent décret dans les conditions définies aux articles 25 et 26 après avoir été radiés des cadres soit d'office, soit sur leur demande. / Ces fonctionnaires doivent être admis d'office à la retraite dès qu'ils atteignent la limite d'âge qui leur est applicable, sous réserve de l'application des articles L. 556-5 à L. 556-7 du code général de la fonction publique et sans préjudice des dispositions de l'article 10 du présent décret relatives au maintien temporaire en fonctions. / L'admission à la retraite est prononcée, après avis de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales, par l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination ".

7. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que l'absence d'avis préalable de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales aurait privé M. A, admis à faire valoir ses droits à la retraite pour limite d'âge compte tenu du rejet de sa demande de prolongation d'activité, d'une garantie ou a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision n'apparaît pas, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de ce moyen, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

8. En troisième lieu, les moyens, développés dans la requête et non repris dans le mémoire complémentaire, tirés d'une erreur de fait, d'une absence de signature de l'arrêté attaqué et d'un défaut de motivation n'apparaissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et relatives aux frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'établissement public territorial Plaine commune.

Fait à Montreuil, le 16 septembre 2022.

Le juge des référés,

Signé

P. Le Garzic

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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