mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213324 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ANTONY KANAGARAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 août 2022 et le 7 septembre 2023, M.Bx A, représenté par Me Antony Kanagaraj, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'incompétence de son signataire, d'un défaut de motivation et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour et elle est entachée d'incompétence de son signataire.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une ordonnance du 2 novembre 2023 a fixé la clôture d'instruction au 17 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Doyelle, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant sri-lankais né en 1994, a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Le requérant demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 2 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. Par un arrêté n° 2022-0220 du 7 février 2022, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. Mame Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy, en cas d'absence ou d'empêchement du sous-préfet du Raincy, pour ce qui concerne les décisions prises en matière de police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées dans un délai de trente jours des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. "
4. En l'espèce, la décision refusant à M. A la délivrance d'une carte de séjour temporaire comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent son fondement. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En second lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation aux motifs que le préfet de la Seine-Saint-Denis a mentionné la présentation d'une promesse d'embauche qui n'existe pas, n'a pas tenu compte de son ancienneté professionnelle en qualité d'aide cuisinier depuis le 6 septembre 2017 et s'est fondé sur un avis défavorable de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère de la Seine-Saint-Denis lui-même basé sur l'incomplétude de la demande d'autorisation de travail, sans cependant apporter la preuve de l'absence de communication des documents sollicités auprès de l'employeur.
6. D'une part, l'autorité préfectorale n'est pas tenue, dans le cadre d'une admission exceptionnelle au séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de saisir pour avis la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère de la Seine-Saint-Denis. Aussi, à supposer que le requérant ait communiqué les documents sollicités, la circonstance que le préfet de la Seine-Saint-Denis se soit fondé, entre autres, sur l'avis défavorable de la plateforme est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. D'autre part, le préfet de la Seine-Saint-Denis a considéré que l'exercice sans autorisation du métier d'aide cuisinier et la présentation d'une promesse d'embauche pour cet emploi ne suffisent pas, au cas particulier, à caractériser l'existence de motifs exceptionnels en vue de la délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre du travail. Le fait qu'en réalité, aucune promesse d'embauche n'ait été présentée au soutien de la demande de titre de séjour est cependant sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Enfin, le requérant soutient qu'il est entré sur le territoire français le 27 décembre 2014 et qu'il occupe un emploi d'aide cuisiner depuis le 6 septembre 2017. Il produit notamment un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet conclu le 2 septembre 2017 pour un emploi d'aide cuisinier, des bulletins de salaire et un avenant relatif à une augmentation de salaire. Il est cependant relevé que les bulletins de salaire et l'avenant sont postérieurs à la décision attaquée. Le requérant ne produit, en revanche, aucun bulletin de salaire se rapportant à la période précédente en dépit d'une mesure d'instruction en ce sens. À cet égard, les attestations des employeurs et de collègues de travail et l'avis d'impôt sur les revenus relatif à l'année 2022 ne sauraient attester suffisamment de l'exécution complète du contrat de travail tout au long de la période allant de septembre 2017 à juillet 2022. De même, le requérant ne justifie pas de sa présence habituelle sur le territoire français depuis le mois de décembre 2014, malgré une mesure d'instruction l'y invitant. Dans ces conditions, le requérant, qui est célibataire et sans charge de famille, n'est pas fondé à contester la décision attaquée au motif des conséquences d'une exceptionnelle gravité qu'elle aurait sur sa situation. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à contester la décision préfectorale du 2 août 2022 portant refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. Il résulte du point précédent que le requérant n'est pas fondé à contester la décision l'obligeant à quitter le territoire français en raison de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour.
9. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 2 août 2022. Il s'ensuit que ses conclusions aux fins d'annulation, d'injonction sous astreinte et relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Bx A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Toutain, président,
M. Doyelle, premier conseiller,
M. Puechbroussou, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,Le président,G. DoyelleE. Toutain La greffière,A. Diallo
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026