vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213609 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | TIGOKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Tigoki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 juillet 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d'une carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer la carte sollicitée, à défaut, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros en application des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que la décision attaquée :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen ;
- ne comporte pas les nom, prénom et qualité de l'auteur en caractères lisibles, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 février 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 mars 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour, rapporteure,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a saisi, le 7 avril 2022, le directeur d'une CNAPS d'une demande tendant à ce que lui soit délivrée une carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Par une décision du 28 juillet 2022, le directeur du CNAPS a rejeté sa demande. M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
3. Pour prononcer la décision en litige, le directeur du CNAPS s'est fondé sur la circonstance que M. B a été mis en cause, le 29 février 2020 à Aubervilliers, pour violence sur mineure de quinze ans sans incapacité et que, pour ces faits, l'intéressé s'est vu notifier un rappel à la loi. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'enquête administrative préalable à l'édiction de la décision attaquée, que le requérant, beau-père de la victime, a donné deux claques à celle-ci après lui avoir demandé quatre fois d'éteindre sa console de jeux et de débarrasser son assiette et que cette dernière a rapporté les faits à son père qui a porté plainte. Le requérant, lors de son audition par les services de police, a reconnu avoir giflé l'enfant mais n'avoir jamais eu de comportement violent auparavant. L'intéressé fait valoir que ceux-ci ont seulement consisté en " une tape à sa belle - fille pour lui demander de faire moins de bruit. Ce qui était gênant pour l'autre enfant de Monsieur B qui est autiste et éprouve des difficultés à s'endormir ". Si les faits en cause ont donné lieu à un rappel à la loi, ils présentent un caractère isolé et ne suffisent pas à considérer que le comportement de M. B serait incompatible avec les fonctions d'agent de sécurité privée. Par suite, le CNAPS, en refusant de délivrer à M. B la carte qu'il a sollicitée, a commis une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 28 juillet 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. B la délivrance d'une carte professionnelle d'agent privé de sécurité doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement d'enjoindre au CNAPS de délivrer à M. B la carte professionnelle sollicitée, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de l'instance :
6. M. B n'ayant pas demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement à M. B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative Par ailleurs, dès lors que la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées sur ce fondement doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 28 juillet 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. B la délivrance d'une carte professionnelle d'agent privé de sécurité est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au CNAPS de délivrer à M. B la carte professionnelle sollicitée, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2213609
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026