mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213622 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre (J.U) |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 septembre 2022 et 19 janvier 2023, Mme A G, Mme E D et M. C B, représentés par Me Sportes, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recette tendant au paiement de la somme de 7 700 euros, émis le 16 juin 2022 par le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine ;
2°) de mettre à la charge du centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine une somme de 2 500 euros, à verser à chacun d'eux, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le bailleur a respecté l'obligation de relogement lui incombant ;
- le montant de la créance invoquée par le centre communal d'action sociale est injustifié.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2022, le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine, représenté par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants, solidairement, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants sont infondés.
Par une ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. H en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. H,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de Me Raccah, substituant Me Sportes, représentant les requérants, le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G, Mme D et M. B sont, en leur qualité de successeurs de M. F B, décédé le 7 février 2019, les propriétaires indivis d'un appartement de type F2 aménagé dans un immeuble dit " I ", situé 2-4 place Oberürsel à Epinay-sur-Seine (93800), qui a fait l'objet d'un contrat de bail. Par un arrêté n° 2021-3037 du 5 novembre 2021 portant mise en sécurité de cet immeuble, le préfet de la Seine-Saint-Denis a notamment interdit l'habitation d'une partie, puis, à compter du 8 décembre 2021, de la totalité des logements que compte cet immeuble. Par un titre de recette n° 702 du 16 juin 2022, le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine a mis à la charge de M. F B la somme de 7 700 euros, au titre de dépenses engagées pour procéder à l'hébergement d'urgence des occupants du logement mentionné ci-dessus, en exécution de l'arrêté préfectoral du 5 novembre 2021. Les requérants demandent l'annulation de ce titre de recette.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-18 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité pris en application des articles L. 511-11 et L. 511-19 est assorti d'une interdiction d'habiter à titre temporaire ou lorsque les travaux nécessaires pour remédier au danger les rendent temporairement inhabitables, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer l'hébergement des occupants dans les conditions prévues au chapitre Ier du titre II du présent livre. Lorsque l'interdiction d'habiter est prononcée à titre définitif ou lorsqu'est prescrite la cessation de la mise à disposition à des fins d'habitation des locaux mentionnés à l'article L. 1331-23 du code de la santé publique, le propriétaire, l'exploitant ou la personne qui a mis à disposition le bien est tenu d'assurer le relogement des occupants dans les conditions prévues au même chapitre () ". Aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " () Le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer le relogement ou l'hébergement des occupants ou de contribuer au coût correspondant dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-1 () ". Aux termes de l'article L. 521-3-1 de ce code : " I.- Lorsqu'un immeuble fait l'objet d'une interdiction temporaire d'habiter ou d'utiliser ou que les travaux prescrits le rendent temporairement inhabitable, le propriétaire ou l'exploitant est tenu d'assurer aux occupants un hébergement décent correspondant à leurs besoins. / A défaut, l'hébergement est assuré dans les conditions prévues à l'article L. 521-3-2. Son coût est mis à la charge du propriétaire ou de l'exploitant. () ". Aux termes de l'article L. 521-3-2 de ce code : " () Lorsque l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité mentionné à l'article L. 511-11 ou à l'article L. 511-19 comporte une interdiction définitive ou temporaire d'habiter ou que les travaux prescrits rendent temporairement le logement inhabitable, et que le propriétaire ou l'exploitant n'a pas assuré l'hébergement ou le relogement des occupants, l'autorité compétente prend les dispositions nécessaires pour les héberger ou les reloger () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le titre de recette en litige a été pris sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3-2 du code de la construction et de l'habitation, qui prévoient que l'autorité compétente prend les dispositions nécessaires pour héberger les occupants d'un logement faisant l'objet d'un arrêté pris en application de l'article L. 511-19 du même code lorsque le propriétaire n'a pas assuré cet hébergement. Il n'est pas contesté que la somme de 7 700 euros dont le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine demande le remboursement correspond à des dépenses que celui-ci a engagées dans ce but dans le cadre d'une convention qu'il a conclue avec le SAMU social, ainsi que le mentionne ce titre.
4. Les requérants soutiennent que la créance du centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine est infondée, dès lors que l'obligation incombant au propriétaire de reloger le locataire a été respectée. Ils font valoir que, le 15 novembre 2021, une proposition de logement a été adressée à la locataire du logement mentionné au point 1, que celle-ci a refusée. Toutefois, il résulte de l'instruction que si cette proposition porte également sur un logement de type F2 situé dans la même commune, celui-ci est d'une superficie de 38 m2 et assorti d'un loyer mensuel de 900 euros, hors chauffage, alors que le logement occupé jusqu'alors par l'intéressée était d'une superficie de 49 m2 et assorti d'un loyer mensuel de 700 euros avec un chauffage collectif. La location proposée présente ainsi des caractéristiques sensiblement moins favorables pour la locataire que celles du logement occupé, de sorte qu'elle ne tendait pas à assurer un hébergement correspondant aux besoins de celle-ci. Par suite, cette dernière était fondée à refuser la proposition qui lui a été adressée, les propriétaires n'étant ainsi pas libérés de leur obligation de procéder à son hébergement. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la somme de 7 700 euros ne serait pas due dès lors que l'obligation de relogement a été respecté ne peut qu'être écarté.
5. En second lieu, il résulte de l'instruction que la somme de 7 700 euros correspond à l'hébergement d'urgence de l'occupante du logement mentionné au point 1, d'abord avec son unique enfant, puis avec ses deux enfants, dans une chambre d'hôtel durant la période du 9 novembre 2021 au 4 mai 2022. En dépit de ce que soutiennent les requérants, le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine justifie du montant de la dépense engagée, par les éléments suffisamment précis qu'il produit. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que cet hébergement, qui vise à remédier à un besoin urgent et dont le coût est de 17,50 euros par jour pour une personne, aurait pu être assuré dans des conditions moins onéreuses. Par suite, il n'est pas établi que le montant de la dépense en litige serait injustifié.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation du titre de recette n° 702 du 16 juin 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme demandée par le centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme G, Mme D et M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A G, Mme E D et M. C B, ainsi qu'au centre communal d'action sociale de la commune d'Epinay-sur-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
D. HLe greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026