vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2213678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | GUIRASSY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 et 13 septembre 2022, ainsi que le 7 mai et le 30 mai 2024, M. B A, représenté par Me Guirassy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros, à verser à Me Guirassy au titre des frais non compris dans les dépens en application des articles L. 761-1 et R. 776-20 du code de justice administrative modifié par le décret n°2011-819 du 8 juillet 2011.
Il soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen ;
- est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les dispositions du 4° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction issue de la loi du 25 mai 2021, ne lui sont pas applicables, sa demande d'autorisation étant antérieure à l'entrée en vigueur de ces dispositions ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- ne prend pas en compte ses aptitudes professionnelles et sa moralité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour le requérant a été enregistré le 25 juin 2024 mais n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour, rapporteure,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public,
- et les observations de M. A, présent à l'audience.
Le Conseil national des activités privées de sécurité n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a demandé la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée le 29 avril 2022. Par une décision du 24 juin 2022, le CNAPS a rejeté cette demande. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dans sa version résultant de la loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés, entrée en vigueur le 27 mai 2021 : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour ; () ".
3. Pour prendre l'arrêté attaqué, le CNAPS s'est fondé sur la circonstance que M. A ne remplissait pas la condition énoncée au 4° bis de l'article L. 612-20 précité du code de la sécurité intérieure, au motif qu'il n'est titulaire d'un titre de séjour depuis seulement le 19 décembre 2019.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été bénéficiaire d'un visa de long séjour valant titre de séjour du 13 octobre 2016 au 13 octobre 2017, puis d'autorisations provisoires de séjour jusqu'au 14 septembre 2018. Certes, le requérant ne produit aucun document de séjour au titre de la période du 15 septembre 2018 au 5 décembre 2019. Toutefois, M. A produit à l'instance le jugement n°1810443 du 14 juin 2019, par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 6 septembre 2018 rejetant sa demande de titre de séjour en date du 21 décembre 2017 et a enjoint au préfet de réexaminer sa demande. Eu égard à ces éléments, la demande de titre de séjour présentée par le requérant doit être regardée comme ayant été en cours d'instruction du 6 septembre 2018 au 14 juin 2019, puis durant la période du réexamen de sa demande en exécution du jugement précité du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, soit du 14 juin 2019 au 6 décembre 2019, date à laquelle une autorisation provisoire de séjour lui a été délivrée par le préfet, de sorte que l'intéressé aurait dû être mis en possession d'un récépissé au titre de la période du 6 septembre 2018 au 6 décembre 2019. Ainsi, M. A, justifie de son séjour régulier du 24 juin 2017 au 19 décembre 2019. Dès lors qu'il est constant que l'intéressé était titulaire d'un titre de séjour à compter du 19 décembre 2019, celui-ci est fondé à soutenir, dans les circonstances particulières de l'espèce, qu'il remplissait la condition énoncée au 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, de sorte que la décision attaquée, par laquelle le CNAPS lui a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle, est entachée d'illégalité.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté attaqué doit être annulé en toutes ses décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement d'enjoindre au CNAPS de délivrer à M. A l'autorisation sollicitée dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais de l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 24 juin 2022 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé à M. A la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. A l'autorisation sollicitée dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. A la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2213678
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026