jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2214055 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, M. A C, représenté par Me de Sèze, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, révélée le 20 juillet 2022 mais exécutée antérieurement ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de l'admettre rétroactivement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de décembre 2021 dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que cette décision n'est pas motivée et n'a pas fait l'objet d'une procédure contradictoire et a été mise à exécution avant même d'être écrite le 20 juillet 2022, contrairement aux dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de formation spécifique de l'agent ayant mené l'entretien de vulnérabilité et de l'illégalité de l'arrêté fixant le contenu du questionnaire d'évaluation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit liée au défaut d'examen sérieux ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la modulation de la cessation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 décembre 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant centrafricain, né le 1er janvier 2004 à Bangui (Centrafrique), a sollicité le bénéfice de l'asile et a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 10 mai 2022. Par une décision du 20 juillet 2022, cet Office a informé l'intéressé de la cessation des conditions matérielles d'accueil dont il était bénéficiaire. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que celle implicite de lui retirer cette aide avant même la notification de la décision du 20 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délimitation du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a bénéficié de l'aide aux demandeurs d'asile à hauteur de 6,80 euros par jour au titre des mois de juin et juillet 2022. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mise à exécution de la décision du 20 juillet 2022 révèlerait une autre décision antérieure à cette date. Il s'ensuit que les conclusions, formulées au surplus de manière hypothétique, contre cette autre décision, qui n'existe pas, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 20 juillet 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : ()/ 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; ()/ Un décret en Conseil d'Etat prévoit les sanctions applicables en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement./ La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ".
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée, qui vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que le requérant n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de fournir les informations utiles à l'instruction de sa demande, lesquelles lui avaient été demandées par un courrier du 10 mai 2022 remis en mains propres. La décision attaquée indique également que les besoins et la situation personnelle et familiale de l'intéressé ont été évalués. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'Office français de l'intégration et de l'immigration a informé le requérant de son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil par un courrier du 10 juin 2022 dont le requérant a été avisé, et a effectivement évalué la vulnérabilité de l'intéressé lors de l'enregistrement de sa demande d'asile le 10 mai 2022. Par suite, en l'absence de dispositions imposant à l'Office français de l'intégration et de l'immigration d'organiser un entretien de vulnérabilité avant une décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil, alors qu'il n'est ni établi, ni même soutenu, que la situation du requérant aurait évolué entre cette date et celle de la décision attaquée, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que l'absence d'un tel entretien vicierait la procédure. En outre, aucune disposition n'impose que soit portée la mention, sur le compte-rendu d'évaluation, de l'identité de l'agent ayant conduit l'entretien et le requérant ne peut invoquer par voie d'exception l'illégalité de l'arrêté fixant le contenu du questionnaire de vulnérabilité, qui n'est pas la base légale de la décision attaquée, laquelle n'a pas non plus été prise pour son application. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie ne peut qu'être écarté.
6. En deuxième lieu, aucun élément du dossier ne laisse à penser que l'OFII se serait abstenu de procéder à un examen de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit liée au défaut d'examen sérieux doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le requérant n'a pas répondu à la demande qui lui avait été remise en mains propres le 10 mai 2022 en vue de la production d'une déclaration sur l'honneur de son hébergeant et d'une attestation de sa part relativement à son hébergement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le requérant, jeune majeur, est hébergé par son frère, titulaire d'un titre de séjour. Par ailleurs, il n'apporte aucun élément de nature à contredire l'appréciation effectuée par l'agent ayant réalisé l'entretien de vulnérabilité qui estimait celle-ci à 0 sur une échelle de 0 à 3. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de la vulnérabilité du requérant ou de la modulation de la cessation.
9. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui a été reconnu réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 29 juillet 2022, a perçu l'aide aux demandeurs d'asile pour l'ensemble du mois de juillet 2022. Par suite, il n'est, en tout état de cause, pas fondé à se plaindre que l'Office français de l'intégration et de l'immigration aurait mis fin au versement de cette aide à compter du mois d'août 2022.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Weidenfeld, présidente-rapporteure,
- Mme Jasmin-Sverdlin, première conseillère,
- Mme Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La présidente-rapporteure,
K. Weidenfeld
La première assesseure,
I. Jasmin-Sverdlin
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026