mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2214431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 septembre et 3 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Dubois, demande au tribunal :
1°) de renvoyer devant une formation collégiale du tribunal administratif de Montreuil les conclusions dirigées contre le refus implicite de titre de séjour ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 21 septembre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de mettre fin à son signalement au Système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus implicite de délivrance de titre de séjour :
- la demande de titre de séjour du requérant est en cours d'instruction depuis le 3 juin 2022, si bien que la décision attaquée doit être regardée comme un refus implicite d'y faire droit ;
- cette décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen personnalisé ;
- le recours contre cette décision doit être jugé par une formation collégiale du tribunal administratif en application du deuxième alinéa de l'article R. 776-17 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- le signataire de l'acte ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision est entachée de défaut d'examen séieux et d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme Weidenfeld, vice-présidente, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C qui a informé les parties que le tribunal était susceptible de soulever d'office l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation du refus implicite de séjour, dès lors que la décision attaquée n'a pas cet objet ;
- les observations de Me Dubois, représentant M. B, qui précise qu'intervenant comme avocate commis d'office, une demande d'aide juridictionnelle sera présentée à l'issue de l'instance.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien né le 23 février 1994 à Monastir (Tunisie), est entré en France, selon ses déclarations, en 2018. Il a fait l'objet, le 21 septembre 2022, d'un arrêté pris par le préfet des Hauts-de-Seine portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit et prononçant une interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an. Le requérant demande l'annulation de cet arrêté en toutes ses décisions.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus implicite de séjour :
3. Il ne résulte pas des termes de l'arrêté attaqué, ainsi qu'il sera dit au paragraphe suivant, que celui-ci ait pour objet de rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B. Par suite, les conclusions dirigées contre le refus implicite de séjour doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour obliger M. B à quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine a considéré que le requérant s'est maintenu sur le territoire national sans avoir accompli de démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative. Toutefois, M. B verse à l'instance une attestation issue du site demarches-simplifiees.fr attestant du dépôt le 3 juin 2022 d'un dossier de " Demande de premier titre de séjour vie professionnelle " auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Si le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir qu'à la question " Avez-vous déposé une demande de titre de séjour en France ou à l'étranger ' ", le requérant a répondu " Non " ainsi qu'il résulte du procès-verbal d'audition du 21 septembre 2022, il est constant que l'identité du requérant était certaine et que la vérification de sa situation administrative était aisée, ainsi qu'en atteste d'ailleurs la référence par l'arrêté attaqué à une précédente obligation de quitter le territoire français prononcée par le préfet des Landes le 19 juillet 2019. Par suite, dès lors que le préfet ne conteste pas l'authenticité du document à en-tête du site demarches-simplifiees.fr produit par l'intéressé, la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait susceptible d'avoir influé sur son sens. Il y a lieu, par conséquent, d'en prononcer l'annulation, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
5. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 21 septembre 2022 doit être annulé en toutes ses décisions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard à son motif, le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'examiner la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
7. Il y a en outre lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de prendre sans délai toute mesure propre à faire cesser l'inscription de M. B dans le Système d'information Schengen.
Sur les frais de justice :
8. M. B a été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et que son avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dubois, avocat commis d'office, d'une somme de 800 euros.
D E C I D E :
Article 1 : M. B est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 21 septembre 2022 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'examiner la situation administrative de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre toute mesure propre à faire cesser le signalement de M. B au Système d'information Schengen.
Article 5 : L'Etat est condamné à verser à Me Dubois une somme de 800 (huit cents) euros dans les conditions mentionnées au point 8.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Hauts-de-Seine et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Lu en audience publique le 23 novembre 2022.
La magistrate désignée,
K. C
La greffière,
E. KangouLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026