lundi 18 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2214675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 29 septembre 2022 et le 29 août 2023, Mme D E, représentée par Me Lantheaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 août 2022 par lequel le préfet de la
Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder, dans le même délai et sous la même astreinte, au réexamen de sa situation, et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que les éléments retenus par le préfet sont insuffisants pour caractériser une fraude et que le père de sa fille contribue effectivement à son entretien et à son éducation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'Homme et libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;
- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 6 décembre 2022, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentale ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,
- les observations de Me Lantheaume, représentant Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, ressortissante congolaise née le 20 mai 1980 à Kinshasa, est entrée irrégulièrement en France le 15 avril 2012 et a sollicité, le 3 février 2022, son admission au séjour en qualité de mère d'un enfant français. Par un arrêté du 24 août 2022, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que la requérante est entrée irrégulièrement en France le 15 avril 2012, qu'elle est la mère d'un enfant dont la reconnaissance de paternité par M. B C, ressortissant français, avait pour seul but de lui permettre d'obtenir un droit au séjour, qu'elle a déclaré, ainsi que M. C, qu'ils n'ont jamais entretenu de vie commune, et que la requérante n'apporte aucun élément de nature à établir que M. C participerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet se serait abstenu de se livrer à un examen complet de la situation personnelle de Mme E.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ".
4. Ces dispositions sont interprétées, en vertu d'une jurisprudence constante, en ce sens que si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement des articles précités du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance de la carte de séjour temporaire sollicitée par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.
5. S'il est constant que Mme E est la mère d'un enfant A C E, née le 16 mai 2018 et reconnue le 24 mai 2018 par M. B C, de nationalité française, dont la filiation est ainsi établie au sens des dispositions de l'article 316 du code civil, pour refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'un enfant français, le préfet de la Seine-Saint-Denis a estimé, d'une part, qu'il existait un faisceau d'indices révélant la nature frauduleuse de cette reconnaissance de paternité, et, d'autre part, sur l'absence de contribution du père déclarant à l'entretien et à l'éducation de l'enfant.
6. D'une part, le préfet a relevé que la requérante et M. C ont été entendus le 16 juin 2022 et qu'ils ont déclaré ne jamais avoir entretenu de vie commune, que M. C avait précédemment reconnu un autre enfant de mère différente en situation irrégulière et qu'un signalement avait été effectué le 20 juin 2022 au titre de l'article 40 du code de procédure pénale auprès du procureur de la République du tribunal judiciaire de Bobigny pour des faits de suspicion de reconnaissance frauduleuse de paternité par M. C, et que ce dernier ne contribuait pas à l'entretien et à l'éducation de la fille de la requérante. Mme E, qui conteste l'existence d'une fraude, se borne à soutenir que les éléments ainsi retenus par le préfet sont insuffisants pour la caractériser, sans toutefois les réfuter utilement.
7. D'autre part, si la requérante verse aux débats deux factures éditées en 2020 et en 2022, établies au nom de M. C, et correspondant à l'achat d'un lait de toilette pour bébé et d'un sac pour enfant, de deux photographies de l'anniversaire de sa fille en présence d'un homme qu'elle déclare être M. C, de six bordereaux de remise de chèque attestant de six dépôts de chèques établis en sa faveur par M. C en 2018 et en 2019 pour des montants allant de 100 euros à 228 euros, et de cinq virements bancaires de 100 euros effectués entre les mois de mars et juillet 2022, quelques mois avant l'édiction de l'arrêté attaqué, ces éléments ne suffisent toutefois pas à établir que M. C contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de sa fille.
8. Dans ce contexte, et alors même qu'aucun élément concernant les suites données par le procureur de la République au signalement mentionné ci-dessus n'a été versé au dossier, le préfet de la Seine-Saint-Denis doit être regardé comme établissant d'une manière suffisamment précise et concordante que la reconnaissance de paternité souscrite par M. C présente un caractère frauduleux. Par suite, le préfet, à qui il appartenait de faire échec à cette fraude, dès lors que la prescription instituée par l'articles 321 du code civil n'était pas acquise, n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à l'intéressée le titre de séjour qu'elle sollicitait sur ce fondement, alors même que son enfant bénéficie de la nationalité française, ni des dispositions de l'article L. 423-8, dès lors que la preuve de la contribution de M. C à l'entretien et à l'éducation de cet enfant n'est pas rapportée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du premier paragraphe de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que la requérante est entrée en France en 2015, alors qu'elle était âgée de 32 ans, et qu'elle y réside avec sa fille née en France le 16 mai 2018. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 8 qu'elle ne peut se prévaloir de la qualité de mère d'un enfant français pour la délivrance du titre de séjour sollicité. Par ailleurs, l'insertion professionnelle de l'intéressée, qui a conclu, le 28 avril 2021, un contrat à durée indéterminée en qualité de femme de chambre au sein d'un hôtel, et qui justifie y travailler à temps plein depuis lors, est récente à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, eu égard à la faible insertion de la requérante dans la société française et au jeune âge de sa fille, le préfet, qui a examiné le droit au séjour de l'intéressée au regard du droit au respect de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de sa fille, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ni entaché cette décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette mesure sur sa vie privée et familiale.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen soulevé par la voie de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour () ". Aux termes de l'article L. 611-1 de ce code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
13. Il résulte des dispositions précitées que la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée, prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se confond avec celle de la décision portant refus de titre de séjour, dont elle découle nécessairement, et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, ce qui est le cas en l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, une motivation distincte. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté. Par ailleurs, comme il a également été dit au point 2 du présent jugement, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet se serait abstenu de procéder à l'examen complet de la situation personnelle de la requérante, et le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; / () ".
15. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 8, que le préfet a établi d'une manière suffisamment précise et concordante que la reconnaissance de paternité souscrite par M. C présente un caractère frauduleux, et que la preuve que M. C contribue à l'entretien et à l'éducation de sa fille n'est pas rapportée. Dans ces conditions, Mme E qui ne peut se prévaloir de la qualité de mère d'un enfant français, est célibataire et mère d'un enfant qui réside avec elle et qui a vocation à l'accompagner en cas d'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondée à soutenir qu'elle est au nombre des ressortissants étrangers visés par les dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ne peuvent légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
16. En quatrième lieu, pour les motifs exposés au point 10 du présent jugement, et dès lors que la décision attaquée n'a pas pour effet de séparer la requérante de sa fille, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français porterait atteinte à l'intérêt supérieur de la fille de la requérante, en méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen soulevé par la voie de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
18. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 de ce code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une décision de mise en œuvre d'une décision prise par un autre État, d'une interdiction de circulation sur le territoire français, d'une décision d'expulsion, d'une peine d'interdiction du territoire français ou d'une interdiction administrative du territoire français ".
19. En l'espèce, la décision attaquée vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état de l'examen d'ensemble de la situation personnelle de l'intéressée, de nationalité congolaise, et mentionne que cette dernière, qui sera éloignée à destination du pays dont elle a la nationalité ou qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité, ou encore, à destination de tout autre pays dans lequel elle établit être légalement admissible, n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays où elle est effectivement admissible. Par suite, elle est suffisamment motivée et ne révèle pas un défaut d'examen complet de la situation personnelle de la requérante.
20. En troisième lieu, les dispositions de l'article L. 611-3 sont relatives aux cas dans lesquels une personne étrangère ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement et sont inopérantes lorsqu'elles sont invoquées pour contester la légalité de la décision fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
21. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible ".
22. Pour les motifs exposés au point 10 du présent jugement, et dès lors que la décision attaquée n'a pas pour effet de séparer la requérante de sa fille, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination porterait atteinte à l'intérêt supérieur de la fille de la requérante, en méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, doit être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me Lantheaume.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Albert Myara, président,
M. Emmanuel Laforêt, premier conseiller,
Mme Marjorie Hardy, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.
La rapporteure,Le président,
M. HardyA. Myara
La greffière,
S. Séguéla
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026