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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2214897

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2214897

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2214897
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantSEBAN ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3 octobre et 8 décembre 2022, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 avril 2022 par lequel le maire de la commune des Lilas s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux portant sur l'installation d'antennes relais de téléphonie et d'équipements techniques en toiture d'un bâtiment édifié sur un terrain situé au 37 avenue du Maréchal Juin, aux Lilas, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune des Lilas de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune des Lilas une somme de 5 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- le maire a commis une erreur de droit, dès lors que le projet ne méconnaît pas les dispositions du d. du 3 du chapitre IV du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) d'Est Ensemble relatives à la hauteur des constructions, dans la mesure où les antennes-relais de téléphonie mobile constituent des ouvrages techniques liés au fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et des services publics et que le i. du 1 du chapitre III du règlement du PLUi exclut expressément ces ouvrages de l'application des dispositions relatives à la hauteur des constructions ;

- le maire a commis une erreur de droit dès lors que le projet ne méconnaît pas les dispositions du b. du 1. du chapitre III. du règlement du PLUi d'Est Ensemble relatives à l'aspect extérieur des constructions dans la mesure où les antennes-relais de téléphonie mobile constituent des ouvrages techniques liés au fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et des services publics et que le i. du 1 du chapitre III du règlement du PLUi exclut expressément ces ouvrages de l'application des dispositions relatives à la hauteur des constructions.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2023, la commune des Lilas, représentée par Me L'Herminier, conclut, d'une part, au rejet de la requête et, d'autre part, à ce que soit mise à la charge de la commune des Lilas une somme de 3 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté par la société Free Mobile a été enregistré le 31 août 2023 et n'a pas été communiqué.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Delamarre, présidente-rapporteure ;

- les conclusions de M. Löns, rapporteur public ;

- les observations de Me Baron, représentant la commune des Lilas.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 5 avril 2022, le maire de la commune des Lilas s'est opposé à la déclaration préalable de travaux de la société Free Mobile portant sur l'installation d'antennes relais de téléphonie et d'équipements techniques en toiture sur un terrain sis 37 avenue du Maréchal Juin. La société Free Mobile demande au tribunal d'annuler cet arrêté, ensemble la décision portant rejet implicite du recours gracieux dirigé contre cet arrêté.

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A B, 7e adjoint au maire de la commune des Lilas et signataire de l'arrêté attaqué, a reçu délégation de fonction et de signature du maire des Lilas, à l'effet de signer, notamment, tous actes relatifs au domaine de l'urbanisme par un arrêté n° 715-2020 du 8 juillet 2020, dont il est constant qu'il a été transmis au contrôle de légalité et affiché en mairie le 10 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions du i. du 1. du chapitre III. du règlement du PLUi d'Est Ensemble, dans sa rédaction alors applicable : " III. Dispositions communes en toutes zones / 1. Dispositions écrites : / i. Dispositions relatives aux ouvrages techniques / Les dispositions du présent règlement ne sont pas applicables aux ouvrages techniques liés au fonctionnement des équipements d'intérêt collectif et services publics sous réserve d'une intégration satisfaisante () " et aux termes des dispositions du b. du 1. du même chapitre III.: " III. Dispositions communes en toutes zones / 1. Dispositions écrites : / b. Aspect extérieur des constructions / Autres prescriptions particulières : Sur la commune des Lilas / () Les antennes : Les antennes et paraboles devront être installées obligatoirement en toiture de la façon la moins visible possible depuis l'espace public. / Lorsqu'elles s'implantent en terrasse, elles doivent être le plus en retrait possible de la façade. () Les antennes relais de téléphonie ne devront en aucun cas être apparentes. ".

4. D'une part, et contrairement à ce que soutient la société requérante, les dispositions précitées du point III. 1. b du PLUi constituent des prescriptions particulières à la commune des Lilas relatives aux ouvrages techniques au nombre desquels sont spécifiquement visées les stations relais de téléphonie mobile, auxquelles les dispositions du point III. 1. i ne permettent pas de déroger. Or, il ressort des pièces du dossier et particulièrement du dossier de déclaration préalable que les ouvrages projetés sont installés en bordure de terrasse et sont visibles depuis l'espace public. Par suite, la société Free Mobile n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune des Lilas a entaché sa décision d'illégalité en lui opposant le motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article III.1.b du règlement du PLUi.

5. D'autre part, et en tout état de cause, à supposer même que les dispositions du point III. 1. i du règlement permettent de déroger aux prescriptions particulières posées au point III. 1. b. du PLUi, il ressort des pièces du dossier que les antennes projetées s'élèvent à une hauteur de plus de 19.30 mètres, qu'elles ne sont pas camouflées et se situent en bordure du toit terrasse. Par suite, le projet méconnait également la condition d'intégration satisfaisante prévue par les dispositions précitées du point III.1.i, ce qui justifiait, ainsi que la commune le relève dans ses écritures, la décision d'opposition à déclaration préalable.

6. Enfin, si la société requérante soutient que l'autre motif mentionné dans la décision attaquée, selon lequel le projet méconnait les dispositions du d. du 3 du chapitre IV. du règlement du PLUi, est illégal, il ressort des pièces du dossier que le maire des Lilas aurait pris la même décision pour les motifs exposés au point 5. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par la société Free Mobile à fin d'annulation de l'arrêté du 5 avril 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société Free Mobile à verser une somme totale de 1 200 euros à la commune des Lilas en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la société requérante à l'encontre de la commune, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance.

DECIDE :

Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.

Article 2 : La société Free Mobile versera une somme de 1 200 euros à la commune des Lilas en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile et à la commune des Lilas.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Delamarre, présidente-rapporteure,

Mme Renault, première conseillère,

Mme Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024

La présidente-rapporteure,

A-L. DelamarreLa première assesseure,

Th. Renault

La greffière,

I. Dad

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2214897

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