lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2215235 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | PUSZET - LEBRIQUIR |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2220285 du 11 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Montreuil la requête et un mémoire, enregistrés les 29 et 30 septembre 2022, présentés par M. B.
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2022 et des mémoire complémentaires du 25 novembre 2022 et du 16 décembre 2022 , M. B représenté par Me Lebriquir, demande au président du tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 29 septembre 2022 par lesquelles le préfet de Police l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une méconnaissance de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'une insuffisance de motivation, d'une méconnaissance de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le préfet de Police conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- M. B n'était ni présent ni représenté,
- le préfet de Police n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par des décisions du 29 septembre 2022, le préfet de Police a obligé M. B, ressortissant de nationalité marocaine, né le 8 octobre 1989 à Aghbala (Maroc), à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par cette requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les moyens communs aux décisions contestées :
2. En premier lieu, en vertu de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger auquel est notifié un placement en retenue est informé, notamment, du droit d'être assisté par un avocat désigné par lui ou commis d'office par le bâtonnier. Les mesures de retenue prévues par ces dispositions, qui sont uniquement destinées à la vérification du droit de séjour et de circulation de l'étranger pour permettre au procureur de la République, sous le contrôle duquel sont placées ces opérations, de prendre toutes mesures appropriées à cette situation, ne constituent pas une phase de la procédure à la suite de laquelle l'autorité administrative compétente peut statuer sur la situation de l'étranger. Ces mesures, dont il appartient au seul juge judiciaire de connaître, sont donc distinctes des décisions en litige. Ainsi, les conditions dans lesquelles le requérant a été auditionné en application des dispositions de l'article L. 813-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement attaquée. Par suite, M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions à l'encontre des décisions attaquées, de même que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
3. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions en cause. Elles indiquent que M. B est dépourvu de document de voyage et ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire, qu'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire dont il a fait l'objet dès lors qu'il s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement, qu'il s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement du 16 juillet 2021, qu'il ne présente pas de garanties suffisantes, qu'il se déclare célibataire sans enfant à charge, notamment. Ces décisions satisfont ainsi aux exigences de motivation résultant de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans avec au moins un de ses parents se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ". Il est constant d'une part qu'à la date de la décision attaquée, l'année 2022 n'était pas l'année qui suit le 18ème anniversaire de M. B, et que d'autre part il ressort des pièces du dossier que M. B ne justifie pas avoir résidé en France depuis qu'il a atteint l'âge de 13 ans, ne produisant notamment pas de pièces suffisamment nombreuses, diversifiées et probantes pour en justifier. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile attaquée : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été incarcéré du 3 août 2008 avec une fin de peine prévue au 5 février 2019. Or, les périodes de détention accomplies à la suite de condamnations à des peines privatives de liberté ne peuvent être prises en compte dans le calcul de la durée de la résidence en France. Ainsi, les pièces antérieures au 3 août 2008 étant en l'état du dossier insuffisamment nombreuses, diversifiées et probantes, M. B ne justifie de sa résidence habituelle en France que depuis le 5 février 2019, soit moins de quatre années à la date de la décision attaquée. En outre, si son père est titulaire d'une carte de résident valable jusqu'en 2026, et qu'il produit les titres de séjours et pièces d'identité françaises de deux de ses frères et de deux de ses sœurs, il ne produit aucun élément relatif à la situation de ses autres frères et sœurs, n'établissant ainsi notamment pas le fait d'être dépourvu d'attaches familiales en cas de retour dans son pays d'origine. En outre, si M. B se prévaut de son insertion professionnelle, il ne produit que 16 bulletins de salaires dont 14 sont inférieurs au salaire minimum interprofessionnel de croissance, et aucun pour les années 2021 et 2022. Par ailleurs, le requérant ne conteste pas utilement qu'il s'est déjà soustrait à une mesure d'éloignement du 16 juillet 2021. Ainsi, eu égard à ces éléments, les décisions en litige n'ont pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elles ont été prises. Cette décision n'a donc pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () 4° L'étranger qui réside régulièrement en France depuis plus de vingt ans ; () ".
8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 6 que M. B, par les pièces qu'il produit, ne justifie ni résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans, ni résider habituellement en France depuis plus de vingt années à la date de la décision attaquée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, par les moyens soulevés, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées. Les conclusions tendant à ce que les frais liés au litige soient mis à la charge de l'Etat sont rejetées par voie de conséquence.
D E C I D E
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2023.
Le magistrat désigné par le président du tribunal,
A. ALa greffière
A. Diallo
La République mande et ordonne au préfet de Police en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026