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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2216133

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2216133

lundi 18 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2216133
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLANGLOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires enregistrées le 3 novembre 2022, le 20 avril et le 25 août 2023, M. E A B, représenté par Me Langlois, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 août 2022 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, " étudiant ", ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ; subsidiarement de procéder, dans le même délai et sous la même astreinte, au réexamen de sa situation, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions au regard de sa situation personnelle, de la qualité de son parcours scolaire, de son intégration sociale et de ses attaches fortes sur le territoire français, dès lors qu'il vit depuis trois ans chez son oncle et l'épouse de ce dernier, qui subviennent à ses besoins et le soutiennent dans ses études, et est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée dans l'exercice de son pouvoir de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour ;

- méconnait, pour les mêmes motifs, les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- est entachée d'illégalité, dès lors qu'il pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour au regard des critères fixés par la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions, dans la mesure où il pouvait prétendre à l'obtention d'un titre de séjour en qualité d'étudiant et où le préfet aurait dû examiner d'office sa demande de titre de séjour sur ce fondement.

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru en situation de compétence liée pour l'édicter ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La décision lui accordant un délai de départ volontaire :

- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

- est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination :

- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

La requête, le mémoire et les pièces complémentaires ont été communiquées au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une décision du 5 octobre 2022, M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hardy, rapporteure,

- les observations de Me Langlois, représentant M. A B, en présence de ce dernier.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A B, ressortissant marocain né le 3 janvier 2002, a sollicité, le 13 juin 2022, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 5 août 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-0219 du 7 février 2022, régulièrement publié au bulletin d'informations administratives, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. D C, sous-préfet du Raincy, à l'effet de signer les décisions prises en matière de police des étrangers, lorsqu'elles concernent des ressortissants résidant dans l'arrondissement du Raincy. Par arrêté n° 2022-0220 du même jour, le préfet a consenti cette même délégation à M. Mame-Abdoulaye Seck, secrétaire général de la sous-préfecture du Raincy, en cas d'absence ou d'empêchement de M. C. Par suite, dès lors que la commune de Neuilly-sur-Marne, où réside M. A B, est située dans l'arrondissement du Raincy et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que le requérant est entré régulièrement en France le 28 mars 2019, que sa situation, tant personnelle que professionnelle, ne permet pas, au regard des motifs exceptionnels qu'il avance, son admission au séjour, qu'il est célibataire, sans charge de famille et qu'il ne justifie pas de liens familiaux et d'une insertion particulière sur le territoire français, dans la mesure où ses parents et sa fratrie vivent au Maroc, et qu'il ne peut, eu égard à la circonstance qu'il n'a pas obtenu de visa pour une durée supérieure à trois mois exigé par les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet se serait abstenu de se livrer à un examen complet de la situation personnelle de M. A B.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 5 () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A B est entré régulièrement en France le 28 mars 2019, à l'âge de dix-sept ans, et qu'il a été hébergé et pris en charge par son oncle maternel et son épouse, qui ont assuré son entretien et son éducation depuis lors. Si M. A B se prévaut de son parcours scolaire, par ailleurs exemplaire, au cours duquel il a obtenu un baccalauréat professionnel au titre de la spécialité " systèmes numériques " et de la conclusion d'un contrat d'alternance avec une entreprise spécialisée en systèmes de sécurité à compter du mois de septembre 2023 afin d'obtenir un brevet de technicien supérieur, ces seules circonstances ne sauraient constituer des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à ce titre, de même qu'elle serait entachée d'erreur de droit en ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis aurait méconnu l'étendue de sa compétence discrétionnaire dans l'examen de sa situation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () - 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sécurité publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

7. En faisant valoir qu'il réside sur le territoire français depuis 3 ans à la date de la décision attaquée, qu'il y poursuit sa scolarité et qu'il réside chez son oncle, et en se prévalant du soutien de ses professeurs et de ses camarades de classe, M. A B n'établit pas l'existence de liens personnels et familiaux tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, dès lors que la durée de son séjour en France est faible, qu'il est célibataire et sans charges de famille, et que ses parents et sa fratrie résident au Maroc. Par suite, la décision contestée ne méconnaît pas les stipulations et dispositions précitées et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A B.

8. En cinquième lieu, les énonciations de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est dépourvue de caractère réglementaire, constituent seulement des orientations générales adressées par le ministre aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation, ces autorités administratives disposant d'un pouvoir d'appréciation pour prendre une mesure au bénéfice de laquelle la personne intéressée ne peut faire valoir aucun droit. Cette circulaire, qui ne prévoit pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour à l'étranger qui totaliserait les durées de résidence et d'emploi qu'elle indique, ne comporte ainsi pas de lignes directrices dont les intéressés peuvent utilement se prévaloir devant le juge et ne comporte pas davantage une interprétation du droit positif ou d'une règle qu'ils pourraient invoquer sur le fondement des articles L. 312-2 et L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le requérant ne saurait utilement se prévaloir des critères de régularisation y figurant.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 411-1 de ce même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : / 1° Un visa de long séjour ; / 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9 à L. 421-11 ou L. 421-13 à L. 421-24, ou aux articles L. 421-26 et L. 421-28 lorsque le séjour envisagé sur ce fondement est d'une durée inférieure ou égale à un an () ".

10. En l'espèce, d'une part, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des motifs de la décision contestée que le préfet a examiné la demande de titre de séjour de M. A B au titre des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors-même qu'il n'y était pas tenu, dès lors que l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour exclusivement sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour. D'autre part, il est constant que M. A B n'a pas sollicité la délivrance d'un visa de long séjour exigé par les dispositions combinées des articles L. 422-1, L. 412-1 et L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entré en France le 28 mars 2019 sous couvert d'un visa de court séjour touristique expirant le 12 avril 2019, qu'il s'est maintenu sur le territoire français après l'expiration de ce visa, et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une quelconque nécessité liée au déroulement de ses études pouvait rendre inopposable la condition d'obtention d'un visa de long séjour prévue à l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Enfin, si M. A B poursuit des études supérieures en France, il n'a suivi sans interruption une scolarité en France qu'à partir de l'âge de 17 ans et huit mois. Par suite, la décision contestée ne méconnaît pas les dispositions précitées et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. A B.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen soulevé par la voie de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

12. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de se livrer à un examen particulier de la situation de M. A B avant d'édicter la décision attaquée ou qu'il se serait cru en situation de compétence liée. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen et de l'erreur de droit doivent être écartés.

13. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 7 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

14. En premier lieu, en l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français, les moyens soulevés par la voie de l'exception d'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

16. En l'espèce, la décision attaquée accorde un délai de départ volontaire de trente jours à M. A B et n'avait pas à être motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation révélant un défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doit être écarté.

17. En troisième lieu, M. A B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu, qu'il aurait adressé au préfet une demande tendant à ce que ce délai de trente jours soit porté à une durée supérieure ou prolongé. Par suite, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours en exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen soulevé par la voie de l'exception d'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B, au préfet de la Seine-Saint-Denis et à Me Langlois.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Albert Myara, président,

M. Emmanuel Laforêt, premier conseiller,

Mme Marjorie Hardy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2023.

La rapporteure,

M. Hardy Le président,

A. Myara

La greffière,

S. Séguéla

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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